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vendredi 23 janvier 2026

L’État pousse au capitalisme de connivence : il est servi !

Temps de lecture : 2 minutes

russie

Il ne faut pas s’étonner que des entreprises françaises pleurent pour obtenir des subventions et des protections puisque notre État les y encourage.

Notre attention a été attirée à répétition ces dernières semaines par des dirigeants d’entreprises qui n’ont aucune pudeur à solliciter des aides, une protection ou un passe-droit de la part de la puissance publique. Nous en donnerons deux exemples très récents.

Le premier porte sur un secteur qui est connu de nos lecteurs puisque l’Iref en a fait la (mauvaise) publicité à plusieurs reprises (voir en dernier lieu notre pendule du 9 juin 2025). En effet, les grands fabricants de protéines d’insectes sont le plus souvent structurellement déficitaires malgré les tombereaux d’aides qui se déversent sur eux. La Tribune (20 juin 2025) a consacré un article à la société Invers, une PME spécialisée dans les protéines de vers de farine, qui, elle, « se montre résiliente dans un secteur en difficulté ». Résiliente, mais sans pour autant être à l’équilibre financier à bien lire l’article. Le fondateur expose, si on le comprend bien, que son entreprise servirait l’intérêt général puisque « Invers s’était donnée pour mission de réduire la surpêche, en proposant une alternative aux farines de poisson ». La solution ? « Il faudrait que la Commission européenne impose, dans la ration des poissons d’élevage, 3 à 5 % de protéines alternatives durables produites en Europe. Cela donnerait une trajectoire à la filière et rassurerait les investisseurs. Mais, pour l’instant, on n’arrive pas à l’obtenir », se désole le dirigeant très versé dans le « marché politique ».

Les patrons ne veulent pas simplement rouler le consommateur dans le ver de farine, ils le prennent pour un cornichon. En effet, et ceci est notre second exemple, certains industriels veulent louablement relancer la production du cornichon français, aujourd’hui réduite à la portion congrue. Ainsi de la société orléanaise de moutarde et de vinaigre Martin Pouret. Celle-ci se plaint toutefois de l’insuffisante visibilité de l’origine française du produit qui se veut haut de gamme (La Tribune, 11 juin 2025). La solution ? Son PDG est « favorable à une obligation pour les industriels de mentionner l’origine de leurs produits ». Toutefois, cela serait insuffisant et ce dirigeant entend manier la corde sensible de la souveraineté, couplée -on n’est jamais trop prudent- à la protection de la planète et à celle de la santé, rien que cela ! « Pourquoi ne pas taxer les produits qui viennent de l’autre bout du monde, dont le transport contribue à augmenter de façon significative l’empreinte carbone dans l’atmosphère. Face au lobby de l’agro-alimentaire, les politiques manquent de fait d’engagement, pourtant salutaire pour la souveraineté du pays et la santé des Français ». Le cornichon comme exemplatif de la souveraineté alimentaire et industrielle de la France, il fallait l’oser ! Et pour mémoire, même l’argument relatif au transport tombe à plat puisque, en moyenne, l’empreinte carbone du transport compte pour 15 % seulement de l’empreinte totale d’un produit ! Ce qui entraîne pour conséquence que, contrairement aux billevesées des écologistes politiques, « produire local » n’est pas forcément « bon pour la planète »…

Comment s’étonner que des patrons sollicitent l’État, alors que ce dernier non seulement répond souvent présent, mais encore les incite à pleurer dans son giron ? Notre fort peu libéral ministre de l’Economie et des Finances, Eric Lombard, n’appelait-il pas (La Tribune dimanche, 20 avril 2025) les chefs d’entreprises au « patriotisme » et au fait qu’ils « doivent travailler avec les Etats » et ce, pour « protéger le modèle européen » ?

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5 réponses

  1. Monsieur Feldman

    Il est tout à fait faux de prétendre que les « patrons pleurent pour avoir des subventions « de l’Etat
    les vrais patrons de l’industrie française qui sont présents à l’étranger ont souvent souhaité
    de ne plus recevoir de « cadeaux de l’Etat », cadeaux souvent empoisonnés, tout en manifestant pour
    un niveau de taxes comparable à celui des pays limitrophes de la France !
    les parons de entreprises à insectes ne représentent pas les « patrons »
    merci de votre attention

    1. je n’ai pas mis en cause l’ensemble des patrons, ce qui serait au demeurant contraire au principe de l’individualisme méthodologique. Je constate simplement le caractère très commun des « pleurnicheries » d’un certain nombre de chefs d’entreprises (heureusement pas tous, loin de là!).
      Une des mes prochaines pendules concernera d’ailleurs le secteur de la mode.
      Me Jean-Philippe Feldman

  2. Les protéines consommées par l’homme ou l’animal doivent être digestibles pour être assimilées. Or, ce taux de digestibilité varie de source en source. Chez l’homme, la viande a un taux de digestibilité de 95%. Selon l’insecte, cela varie de 20 à 90%. (Cherchez des études en anglais sous « insect protein digestibility » par exemple. ) Il faut donc souvent beaucoup plus de volume pour obtenir la même quantité de protéine digestible. Puisque la farine de poisson est utilisée comme alimentation animale, il faudrait vérifier le taux d’assimilation des protéines d’insecte, à mettre en équation avec le prix de cette protéine.
    L’autre problème est que les insectes contiennent beaucoup d’arsenic. Bien que son taux moyen soit 50% sous la DL50 -un niveau qui fait mourir en une dose 50% des animaux de laboratoire- la variabilité naturelle de celle-ci n’est pas précisée, ce qui peut être problématique. Je ne connais pas d’aliment qui soit autorisé si sa toxicité est suffisante pour tuer même 1 personne sur 1 million. Pas mal pour des verts qui ailleurs vont « lutter » contre les pesticides et autres pour cette même raison.
    Les campagnes d’ « achat chez nous » ne semblent pas avoir beaucoup d’écho chez le consommateur. Jusqu’à il y a quelques années, le ministère de l’agriculture, des pêches et de l’alimentation du Québec (MAPAQ) publiait une étude annuelle sur l’alimentation au Québec. Une fois tenu compte de la progression de la population et de l’inflation, la progression de l’achat d’aliments chez nous au Québec était essentiellement 0 même avec les campagnes de promotion. Je vous rassure: les campagnes de promo continuent, seules les données prouvant leur inutilité ont été enlevées…

  3. La politique économique et fiscale conduite par les dirigeants de notre pays depuis de nombreuses années , dirigeants tous aussi ignorants des réalités des entreprises qu’ils n’ont que très rarement approché , a ouvert la voie de la délocalisation dont on dit désormais ( évidemment le mal est fait) qu’il faut la combattre.
    Comme beaucoup , je lis aujourd’hui la probable perte de plus de 70 mille emplois dans l’automobile d’ici … très peu. Alors messieurs les » zingénieurs » qu’attendez vous pour rapatrier en France ces industries qui en sont parties pour cause de charges écrasantes à commencer par les impôts destructeurs de compétitivité .
    Monsieur Macron , si vous aviez un jour l’envie de vous rendre utile , faites revenir ces industries , accordez leur des abattements de charges qui les convaincront d’une part et couteront d’autre part moins cher que le coût du chômage et assureront enfin le retour à l’emploi d’une main d’oeuvre qui comprendra qu’après 6 mois de chômage il n’ y a plus que la solution du retour au travail , même s’il leur faut apprendre un nouveau métier.

  4. Merci pour votre article. J’ai le malheur de connaître ces deux cas pathologiques et j’espère qu’ils n’auront pas gain de cause tellement leurs arguments sont tordus et absurdes.
    L’Etat n’a pas à avantager ce type de canards boiteux et le prétexte de « sauver la planète » ne doit pas prévaloir sur le sens de l’économie en permettant n’importe quelle aberration. On commence à s’en rendre compte en matière d’énergie dans lequel j’espère que des corrections majeures vont éliminer les malhonnêtes « traders » d’électricité créés par la catastrophique loi dite « NOME » que j’appelle loi GNOME car elle vient de Sarkozy-Borloo, les imbéciles utiles du « Grenelle de l’environnement » dont nous souffrons encore des suites métastatiques (dont les usines d’insectes).
    Courage et grand merci à l’IREF !

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