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dimanche 12 juillet 2026

L’exception française : moins d’heures de travail, plus de congés, moins de croissance

Temps de lecture : 2 minutes

En matière de temps de travail, la France fait régulièrement figure d’exception. Comme le rappelle une étude d’Eurofound sur l’organisation du temps de travail en Europe, la durée légale française est fixée à 35 heures par semaine, contre 40 heures dans la majorité des États membres – un choix qui place la France dernière dans ce domaine parmi les pays européens.

Secteur par secteur, la France est très souvent dans le bas du tableau. Dans l’industrie chimique, les salariés français travaillent en moyenne 35,5 heures par semaine, contre 38,2 heures en moyenne dans l’ensemble de l’Union européenne. Dans la métallurgie, la France affiche 36 heures, seule l’Allemagne (35,3 heures) travaille moins. Dans le secteur bancaire, la durée moyenne est de 35,2 heures, contre 37,8 heures dans l’UE. Le commerce de détail, pourtant l’un des secteurs où les horaires sont les plus élevés en Europe, reste également en dessous des standards européens en France, avec 35,9 heures contre une moyenne européenne de 38,6 heures. Même son de cloche dans l’administration publique, où la durée moyenne française est de 35 heures, contre 37,7 heures dans l’ensemble de l’Union.

Sur une année complète, l’écart devient encore plus important. En prenant en compte la durée hebdomadaire négociée, les congés payés et les jours fériés, Eurofound estime que le temps de travail annuel moyen collectif atteint seulement 1 575 heures en France en 2024. C’est le niveau le plus faible de tous les pays étudiés. La moyenne européenne s’élève à 1 722 heures, soit 147 heures de plus qu’en France. L’écart est encore plus marqué avec certains pays d’Europe centrale et orientale, avec notamment l’Estonie qui affiche 1 848 heures annuelles, soit 273 heures de plus que la France, l’équivalent de près de sept semaines supplémentaires de travail.

Le volume annuel de travail français est également influencé par la durée des congés payés. La France bénéficie d’un minimum légal de 25 jours de congés annuels payés, contre 20 jours dans de nombreux pays européens. En 2024, seuls Malte (30 jours) et le Luxembourg (26 jours) ont plus de congés annuels payés. Ces périodes de congés réduisent le nombre total d’heures travaillées sur l’année. Pour ce qui est des jours fériés, la France se situe dans la moyenne européenne : elle en comptabilise 11.

Depuis plusieurs décennies, le pays a fait le choix de réduire fortement le temps consacré au travail. Dans un contexte où les économies européennes n’ont plus d’autre choix que d’augmenter leur production, et alors que la croissance de la France sera de 0,6 % du PIB en 2026 selon le FMI (soit cinq fois moins que la croissance mondiale, à 3,0 %), l’Hexagone doit retrouver une certaine solidarité au travail et réagir collectivement face à cette problématique. Bien que, grâce aux technologies, l’hypothèse d’un monde où l’on travaillerait de moins en moins soit parfois envisagée, le décrochage est actuellement trop important pour ne pas réagir.

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