La France, malgré tout le potentiel dont elle dispose, ne figure malheureusement pas parmi les pays européens où l’on travaille le plus. D’après les dernières données d’Eurostat, en 2024, la durée hebdomadaire moyenne de travail au sein de l’Union européenne s’établit à 36,0 heures. La France, avec 35,8 heures, se situe en dessous de cette moyenne, ce qui la place dans la partie basse du classement européen en matière de temps de travail.
En haut du classement, la Grèce arrive en tête avec 39,8 heures travaillées par semaine, suivie de la Bulgarie avec 39,0 heures, puis de la Pologne avec 38,9 heures. À l’opposé, les Pays-Bas se distinguent avec seulement 32,1 heures hebdomadaires, suivis du Danemark et de l’Autriche, avec 33,9 heures pour les deux. À noter que l’Allemagne se situe également sous la moyenne européenne, avec environ 34 heures de travail par semaine, ce qui la place en quatrième position des pays où l’on travaille le moins dans l’UE.
Eurostat, grâce à la Nomenclature statistique des activités économiques dans la Communauté européenne (NACE Rév. 2), permet d’affiner l’analyse en comparant les données selon les secteurs d’activité pour tous les pays européens.
Dans certains domaines, et malgré un cadre réglementaire largement contraignant, la France dépasse la moyenne européenne. C’est notamment le cas de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche, où la moyenne française atteint 46,5 heures hebdomadaires contre 41,2 heures dans l’Union européenne, soit un écart significatif de plus de cinq heures. De même, dans les activités professionnelles scientifiques et techniques, la France affiche 37,3 heures hebdomadaires, contre 36,6 heures en moyenne européenne. D’autres secteurs comme la santé, l’immobilier ou encore la finance présentent également des niveaux supérieurs ou proches des standards européens.
Cependant, cette dynamique positive est contrebalancée par d’autres secteurs où la France est en retrait, dont l’administration de l’Etat. Les activités liées à l’administration publique et à l’action de l’État affichent un niveau inférieur à la moyenne européenne (36,2 heures), avec 35,7 heures. Cet écart contribue à tirer la moyenne nationale vers le bas. Il est d’ailleurs notable que ce secteur reste systématiquement en dessous de la moyenne européenne depuis 2015, signe d’un déficit persistant de travail.
De ce fait, nous tendons vers un monde où, grâce aux technologies et en particulier à l’intelligence artificielle, chaque être humain sera de plus en plus efficace avec moins d’efforts. Mais, à l’heure actuelle, la France connaît un déficit de temps de travail que nous ne devons pas négliger. Malgré le fait que certains secteurs tiennent la route, nous pouvons constater que d’autres, en particulier la fonction administrative de l’État, ont un temps de travail trop faible, ce qui fait de la France un pays où l’on travaille moins en général que la moyenne européenne. Alors que l’Europe, et en particulier la France, entrent dans une période de tensions économiques, certains domaines devront se remettre rapidement au travail.
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