C’est un coup dur pour toutes les chaînes de télévision. Le groupe allemand de hard discount Lidl a décidé d’arrêter de faire de la publicité à la télévision française. Deuxième annonceur de l’Hexagone en 2024 derrière E. Leclerc, et devant Procter &Gamble, l’enseigne concentrera désormais ses investissements publicitaires sur les autres supports : presse, radio, affichage extérieur, cinéma et, bien sûr, internet.
La raison de ce revirement ? Une condamnation, en juillet 2025, par la Cour d’appel de Paris à verser 43,3 millions d’euros (M€) de compensations à Intermarché. L’enseigne aux mousquetaires avait attaqué son concurrent pour concurrence déloyale, mettant en cause 374 spots, diffusés entre 2017 et 2023. Ceux-ci mettaient en avant des produits en promotion qui étaient insuffisamment disponibles.
La loi impose, en effet, que les enseignes qui présentent des produits en promotion à la télévision assurent leur disponibilité pendant au moins 15 semaines, et ce dans l’ensemble de leurs magasins. Pour contourner cette obligation, Lidl affichait une mention « Supermarchés concernés sur lidl.fr ». La Cour d’appel a considéré que celle-ci n’était pas suffisamment apparente puisqu’elle n’apparaissait que quelques secondes à l’écran en petits caractères. Elle était donc « susceptible de passer inaperçue aux yeux du consommateur ou à tout le moins d’être mal comprise ».
Ne pouvant plus faire la publicité télévisée de ses promotions – importantes pour attirer les consommateurs dans ses magasins – Lidl a donc décidé de ne plus investir dans ce média. Les 207 M€ que Lidl consacrait à la télé vont être réorientés notamment vers les vidéos en ligne.
Les chaînes TV, via le syndicat de leurs régies publicitaires (ADMTV), dénoncent une réglementation obsolète. « La France est le seul pays au monde qui interdit la publicité d’opérations commerciales promotionnelles pour la distribution, c’est absurde », a déclaré François Pellissier, président de l’ADMTV aux Échos. Il s’en prend aussi à l’obligation pour les chaînes de faire valider les spots par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité, ou encore l’interdiction de mentionner l’adresse d’un magasin.
Cette « affaire » Lidl est un bon exemple du mal réglementaire qui ronge notre pays. La télévision française a bien besoin d’être libérée de toutes les contraintes que le législateur et les différentes « autorités » font peser sur elle, de ces interdictions imbéciles sur la publicité, en passant par les quotas d’œuvres européennes et française ou l’encadrement de la programmation des films. La télévision, mais aussi les autres secteurs économiques.
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7 réponses
L’ingérence d’un état sur la stratégie économique d’une entreprise privé alors qu’il n’est pas capable de se gérer lui-même.
Ça ne m’étonne pas, et je ferais pareil…
Excellente réaction de Lidl à la sottise juridique !
Mais nos politiques et nos fonctionnaires ne feront rien pour faire table rase ,ils en vivent ….
À toutes fins utiles, Lidl vend aussi des tronçonneuses. Pas même fabriquées en RPC…
5 jours par semaine, FR3 diffuse l’émission « Météo à la carte ». De nombreux reportages mettent en valeur des artisans, des savoir-faire, des produits, des restaurateurs, des agriculteurs et éleveurs etc… FR3 prend bien soin de flouter les enseignes, les noms, les adresses alors que c’est tout l’inverse qu’il faudrait faire. Nombreux sont les téléspectateurs qui souhaiteraient acheter ces produits, se rendre dans ces lieux, faire travailler ces artisans, mais une loi absurde les en empêche.
L’état ferait mieux de se préoccuper de ses propres pratiques de déformation de la vérité:
Comment biaiser l’information sans… mentir ?
Quatre façons de présenter un chiffre :
En pourcentage.
En « points »
En valeur.
En graphiques.
Nos « informateurs », à têtes de premier de la classe, savent bien s’en servir :
On veut minimiser.
Exemple : X. Milei à fait passer le taux de pauvreté en Argentine de 40% à 30%
On va dire que le taux de pauvreté a baissé de 10 points ! (Nombreux médias)
L’autre vérité c’est que la baisse a été de : 10/40= 25%
Autre exemple : Taxation de l’essence
On va dire qu’il y a 60% de taxes dans le prix de l’essence ! (Partout)
L’autre vérité c’est que pour 100€ d’essence il y a 40€ de carburant et 60€ de taxes l’essence est donc taxée à 60/40=150%
On veut maximiser.
Exemple : Sur un budget de 1400€ la baisse est de 7€
On va dire la baisse est de 7€
L’autre vérité est que la baisse est de 7/1400=0,5% … ridicule !
Autre exemple : Présentation graphique des chiffres. (Maladroite ?)
Exemple : Résultats électoraux.
Votre « ami » a fait 5%
Votre « ennemi » a fait 15%
I
I I
I I
5% 15%
Amis Ennemi (Cette « erreur » est récurrente sur France Info)
Mais la pratique la plus simple :
– Ca plait au média… On en parle.
– Ca ne plait pas… On n’en parle pas !
tres bonnne idee, cette économie devient une « recette » affectable aux clients via les prix et aux actionnaires via la marge