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dimanche 10 mai 2026

L’offre politique libérale s’élargit : enfin !

Temps de lecture : 3 minutes

Le retrait d’Alain Madelin de la vie politique a porté un coup terrible au libéralisme français. Pourtant, les périodes de vache maigre sont peut-être derrière nous : après David Lisnard, c’est au tour de Guillaume Kasbarian de lancer un mouvement libéral et le libéralisme semble avoir le vent en poupe. Souvent pour de bonnes raisons et parfois, comme nous allons le voir, pour de mauvaises.

Lorsque l’on parle aujourd’hui de libéralisme, on pense immédiatement à David Lisnard. Parfaitement secondé par son équipe dynamique, le maire de Cannes et candidat à l’élection présidentielle – ou du moins candidat à la candidature de la droite et du centre – est aujourd’hui un libéral qui s’assume comme tel. N’hésitant pas à se référer aux grands penseurs du libéralisme, surtout français et plus particulièrement à l’économiste du milieu du XIXe siècle Frédéric Bastiat, il défend expressément les principes de la propriété et de la subsidiarité.

Le libéralisme semble vraiment refaire surface

Mais c’est un autre libéral revendiqué, Guillaume Kasbarian, qui a surpris en annonçant dans un entretien (Le Parisien Dimanche, 12 avril 2026) la création d’un nouveau mouvement politique : le Parti de la Liberté. L’ancien ministre du Logement, puis éphémère ministre de la Fonction publique, entend ainsi défendre la liberté sous tous ses aspects : « liberté d’entreprendre, de créer, de travailler, de vivre sa vie économique et personnelle ». Un parti, dit-il, qui « assume une idéologie faisant confiance à l’individu ».

Celui qui est toujours député explique que tout le monde peut adhérer au Parti de la Liberté et qu’il n’est pas nécessaire de quitter le parti actuel auquel on appartiendrait. Libération (13 avril 2026) a toutefois relevé que le parti présidentiel ne permettait pas l’adhésion à un autre parti, ce qui laisse un certain flou au sein du mouvement dirigé par Gabriel Attal…

Reprenant une idée qu’il a exprimée à de multiples reprises, Guillaume Kasbarian pense que le fait de porter des idées libérales n’est pas un handicap et que, bien au contraire, les Français « sont très attachés aux idées de liberté, à la propriété ». Il expose qu’il ne brigue pas la présidence de la République car « il y a trop de candidats, pas assez d’idées ». Enfin, il considère que le fait de « barrer la route aux extrêmes n’est pas suffisant pour faire un projet ». Il ne cite pas de noms, mais nous aurons tous en tête de nombreux candidats de droite et du centre… à commencer par Gabriel Attal !

Un élan peut en entraîner un autre…

On pourrait se dire de prime abord que le libéralisme est trop confidentiel actuellement pour supporter une dispersion politique. Nous ne le croyons pas. Le fait qu’il soit entériné par un ancien Républicain comme David Lisnard et par un député Renaissance comme Guillaume Kasbarian, qui, il est vrai, a toujours été isolé au sein des macronistes, nous apparaît comme un atout. Cela démontre que le libéralisme peut être défendu au sein de partis différents. Et les libéraux sont toujours favorables à la concurrence… De plus, rien n’interdit de penser que le président de l’Association des maires de France et le parlementaire, qui doit se sentir bien isolé dans son groupe à l’Assemblée nationale, se rapprocheront un jour prochain. Cette concurrence pourrait aussi inciter LR à être moins frileux sur le sujet.

Les déviants du libéralisme

Un autre signe du frémissement libéral provient du fait que certains se prétendent libéraux alors qu’ils ne le sont pas.  En effet, il est sûrement préférable que le libéralisme  soit combattu plutôt qu’ignoré, même si évidemment le mieux est qu’il soit (bien) défendu… Certes, la tactique de ceux qui se présentent à tort comme libéraux n’est pas nouvelle : elle existe périodiquement depuis le début du XIXe siècle, par exemple sous la Restauration ou sous l’Empire libéral (nous renvoyons sur ce point à notre ouvrage Exception française. Histoire d’une société bloquée de l’Ancien Régime à Emmanuel Macron, Odile Jacob, 2020, et notamment aux pages 433 et suivantes). Certes, elle est particulièrement agaçante car, si elle n’est pas dénoncée, elle risque de faire de l’ombre au libéralisme. Mais lire que les libéraux seraient favorables à l’impôt sur les successions et donations ou qu’ils ne devraient pas être « propriétaristes », confirme a contrario que le terme « libéral » n’est plus tabou et que les idées libérales sont porteuses, même pour de très mauvaises raisons.

Il reste à savoir si les idées libérales convenablement exprimées connaîtront un renouveau pérenne après avoir été perverties dans les années 1980 par Jacques Chirac et ses séides à un moment où les libéraux avaient le vent en poupe dans le monde anglo-saxon, ou si elles seront brandies avec constance et succès par ceux qui entendent sortir notre pays du marasme dans lequel il se trouve englué.

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22 réponses

  1. David Lisnard, Sarah Knafo, Bruno Retailleau et Guillaume Kasbarian vont se battre pour 3 à 5% des voix, avant d’appeler au second tour à voter Edouard Philippe qui leur lâchera quelques croquettes en échange, bonne nouvelle pour le libéralisme pur et parfait !

      1. C’est une évidence. Les libéraux purs et parfaits sont incapables de mesurer leur pouvoir de marché politique réel. Pour les avoir côtoyé très longtemps, ils sont persuadés que si on lui explique bien, le Français moyen va se réveiller libéral classique.
        Si Milei a gagné en Argentine, ce n’est pas sur sa doctrine libertarienne mais sur sa rhétorique anti-élites.
        Or le libéralisme français est un libéralisme de salon pour cadres intermédiaires et autres wannabe qui n’a pas appris des leçons de Hayek sur la tradition, l’identité, la famille comme contre-pouvoir à l’étatisme…C’est un libéralisme élitaire qui vit de l’excommunication d’autrui et qui n’a donc aucun potentiel.

  2. Il y a un problème de cohérence entre les paroles et le parcours politique.
    Pas pour David Lisnard.
    Mais pour Kasbarian, franchement, avoir été ministre de Macron et être toujours député de son parti….

    1. David Lisnard a littéralement construit son parti Nouvelle Energie sur les ruines de LR, et sur des accointances très limites avec Horizons, la Macronie, et les Centristes au sens large localement.
      La majorité des cadres de son parti sont des élus locaux affiliés à LR, soit directement, soit indirectement.
      A Nantes, A Marseille, A Lyon, en région parisienne on a vu des membres de Nouvelle Energie faire campagne avec des macronistes. A Lyon j’ai vu la responsable départementale de Nouvelle Energie faire campagne pour Aulas avec l’ancien président des jeunes macronistes. Des photos existent.
      Il faudra m’expliquer en quoi son discours effectivement en apparence radical peut s’accorder avec cette réalité.

  3. Ce ministre du logement a été complice du scande de l’IFI, comment pouvez vous l’oublier !

    1. Tout à fait d’accord. Le personnage est sympathique, pour l’avoir rencontré, mais son parcours n’inspire aucune confiance. Il faut des gages plus solides que la parole, surtout quand on se rappelle de l’IFI.
      Merci Monsieur Jean-Aymar.

  4. Robin des Champs.

    D’autres voix se font entendre comme Sarah Knafo.
    Pour moi ses propos sont de nature liberale.
    Tous ceux qui parlent de diminution de la place de l État et de baisse des dépenses publiques sont bienvenus dans un pays socialiste où il y a trop d » assistés et de moins en moins de createurs de richesse.

    1. Knafo n’a rien à voir avec le libéralisme sauf pour ce qui concerne la diminution des taxes et le nombre de fonctionnaires.

  5. Oui, « il y a trop de candidats et pas assez d’idées ». Oui, le fait de « barrer la route aux extrêmes n’est pas suffisant pour faire un projet ». Espérons qu’il sera entendu !

  6. En France le libéralisme n’a jamais été porté que par un nombre très limité de politiques. Normal dans un pays où la population est biberonnées à l’égalitarisme, rétive au mérite avec 56% étant bénéficiaire net de l’argent public. Une telle offre n’a aucune chance

  7. Alain Madelin avait un énorme défaut, ses accointances et attitudes tout à fait antipathiques. Maintenant, il fait le « vieux sage » mais, quand on a de la mémoire, on se souvient qu’il fut ministre ministre de l’Industrie, des P&T (quelle gloire et quelle réussite !) et du Tourisme, puis ministre des Entreprises et du Développement économique, puis, si mes souvenirs sont exacts, des Finances et… nom d’un chien qu’a-t-il réalisé de mémorable ???

    1. Son échec relatif pointe je trouve assez bien les limites du libéralisme classique lorsqu’il tente de s’appliquer sans autre forme de procès, sans préparation culturelle préalable (une préparation qui pourrait prendre des décennies), en pariant sur le fait qu’on puisse « convertir » le système à la bonne parole.
      Il explique aussi pourquoi la candidature Lisnard ou celle de tout autre candidat sur la même ligne, si tant est qu’elle se confirme vraiment, n’a pas grand chance d’aboutir si elle se contente d’expliquer le « vrai » libéralisme, sous entendu le libéralisme classique, par opposition au « faux », celui dont se revendiquent de nombreux politiques et agents culturels, y compris en Macronie, mais que l’écrasante majorité des Français considèrent quand même être le « vrai » : un libéralisme mondain, libertaire, élitaire, utilitariste, qui n’hésite pas à sacrifier les peuples, les traditions et les coutumes sous l’autel du « Progrès ».
      En fait, la candidature Lisnard ressemble trop à une candidature Madelin politiquement bien trop légèrement remise au goût du jour.
      Pour que leur doctrine trouve à s’appliquer, ne serait-ce qu’à la marge, les libéraux classiques ont besoin d’alliances avec des partis anti-système, non pas parce qu’idéologiquement il y a des convergences (elles sont très légères, sans être inexistantes) mais parce qu’il n’y a qu’avec des partis anti-système qu’ils partageront le premier des prérequis pour qu’un jour les préceptes du libéralisme classique trouvent peut-être à s’appliquer : purger le système, purger les hommes qui pilotent ce système, remplacer l’élite par une autre, moins sclérosée.
      Si ils continuent à essayer de « convertir » le système comme ils l’ont fait avec Madelin, ou comme David Lisnard tente de le faire encore aujourd’hui, le peuple continuera de haïr le libéralisme et perdront tout potentiel populaire.

  8. En France, le libéralisme, pourtant indispensable, est un gros mot ! une majorité de nos compatriotes est biberonnée à l’état socialiste actuel et depuis 50 ans. Cette majorité ne voit pas que le biberon sera très bientôt cassé en mille morceaux par la faillite du pays, écrasé par la dépense publique qu’il faut ramener de 70 % du P.I.B. à 30 % grand maximum. Le Français ne comprend rien à la gestion !?

  9. Les partis traditionnels LR et PS sont hors courses. Il en faut donc des nouveaux avec de nouvelle têtes. Elle existent mais doivent faire des propositions expérimentées en gardant quelques professionnels bien aguerris des arcanes, d’un état et d’une population insuffisamment formée et mal informée.
    Et agir de suite sans attendre la rentrée des vacances.
    Espérons qu’ils auront l’intelligence de grandir ensemble.

  10. Tous les commentaires peut-être pas dans la bonne réflexion restent invisibles.
    C’est pas grave ……..

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