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mercredi 11 février 2026

L’Union européenne annonce des « flexibilités » dans les réductions des émissions de gaz à effet de serre

Temps de lecture : 2 minutes

grève France

Après plusieurs mois de flottement, la Commission européenne a proposé mercredi de maintenir son objectif de réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre en 2040, mais elle introduit des « flexibilités » face aux réticences de certains pays. Il a fallu faire preuve de « pragmatisme » tant la discussion est politiquement « sensible » entre les 27, a reconnu Wopke Hoekstra, le commissaire européen chargé du climat, devant la presse à Bruxelles.

En apparence, cet objectif qui semble inspiré d’ayatollahs verts, à l’image de bien d’autres textes dans les domaines énergétiques, ou agricoles avec des conséquences extrêmement néfastes pour l’industrie et la ruralité, prévoit donc une division par dix des émissions de gaz à effets de serre d’ici quinze ans. En fait, comme la base de départ n’est pas 2025 mais 1990 et qu’un tiers du chemin a déjà été accompli, via le recours à moins de charbon et d’hydrocarbures mais aussi, il faut l’admettre, par une certaine désindustrialisation, le projet prévoit donc « seulement » une division par 6,6 en quinze ans, grosso modo (base 100 en 1990, niveau actuel de 66, objectif de 10).

Cet objectif ne pourra donc être tenu que grâce au recours massif à des énergies non émettrices de CO2, ou à un effondrement majeur de la production de biens et services européens, pour le plus grand profit des autres puissances industrielles qui n’auront pas ces contraintes, Chine et Etats-Unis. Sauf miracle, la Commission et un certain nombre de pays européens craignant de déplaire aux écologistes, s’engagent donc dans la division par, sinon 6.6, du moins au moins 4 des revenus et emplois de tous les Européens travaillant dans l’agriculture ou l’industrie…

A partir de 2036, la Commission est prête à prendre en compte l’acquisition de crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, afin de financer des projets en dehors de l’Europe. Les ONG y sont fermement opposées. L’Europe ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050, ce qui implique donc l’arrêt total de toute consommation d’hydrocarbures. Sachant que, après trente ans d’efforts massifs, sa part dans le total du mix énergétique a très peu reculé. Avec à la clé des transformations majeures pour l’industrie comme pour le quotidien des Européens : électrification des voitures, sortie progressive des énergies fossiles, rénovation énergétique des bâtiments…

Le plus dur commence pour l’exécutif bruxellois qui devra convaincre les ministres de l’Environnement lors d’une réunion informelle les 10 et 11 juillet avant un possible vote du Parlement européen le 18 septembre. Le texte sera ensuite transmis au Parlement européen où tout dépendra de l’attitude de la droite (PPE), premier groupe dans l’hémicycle. La France défend une position plus ambiguë. Paris ne s’oppose pas directement aux 90%, mais critique la méthode employée. Emmanuel Macron réclamait des garanties sur la décarbonation de l’industrie et un soutien à l’énergie nucléaire, l’une des clés de cette négociation. Pour contenter Paris, la Commission a repris noir sur blanc dans sa proposition législative le concept de « neutralité technologique », cher aux autorités françaises qui voudraient que renouvelables et énergie nucléaire soient sur un pied d’égalité dans l’UE.

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