Après plusieurs mois de flottement, la Commission européenne a proposé mercredi de maintenir son objectif de réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre en 2040, mais elle introduit des « flexibilités » face aux réticences de certains pays. Il a fallu faire preuve de « pragmatisme » tant la discussion est politiquement « sensible » entre les 27, a reconnu Wopke Hoekstra, le commissaire européen chargé du climat, devant la presse à Bruxelles.
En apparence, cet objectif qui semble inspiré d’ayatollahs verts, à l’image de bien d’autres textes dans les domaines énergétiques, ou agricoles avec des conséquences extrêmement néfastes pour l’industrie et la ruralité, prévoit donc une division par dix des émissions de gaz à effets de serre d’ici quinze ans. En fait, comme la base de départ n’est pas 2025 mais 1990 et qu’un tiers du chemin a déjà été accompli, via le recours à moins de charbon et d’hydrocarbures mais aussi, il faut l’admettre, par une certaine désindustrialisation, le projet prévoit donc « seulement » une division par 6,6 en quinze ans, grosso modo (base 100 en 1990, niveau actuel de 66, objectif de 10).
Cet objectif ne pourra donc être tenu que grâce au recours massif à des énergies non émettrices de CO2, ou à un effondrement majeur de la production de biens et services européens, pour le plus grand profit des autres puissances industrielles qui n’auront pas ces contraintes, Chine et Etats-Unis. Sauf miracle, la Commission et un certain nombre de pays européens craignant de déplaire aux écologistes, s’engagent donc dans la division par, sinon 6.6, du moins au moins 4 des revenus et emplois de tous les Européens travaillant dans l’agriculture ou l’industrie…
A partir de 2036, la Commission est prête à prendre en compte l’acquisition de crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, afin de financer des projets en dehors de l’Europe. Les ONG y sont fermement opposées. L’Europe ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050, ce qui implique donc l’arrêt total de toute consommation d’hydrocarbures. Sachant que, après trente ans d’efforts massifs, sa part dans le total du mix énergétique a très peu reculé. Avec à la clé des transformations majeures pour l’industrie comme pour le quotidien des Européens : électrification des voitures, sortie progressive des énergies fossiles, rénovation énergétique des bâtiments…
Le plus dur commence pour l’exécutif bruxellois qui devra convaincre les ministres de l’Environnement lors d’une réunion informelle les 10 et 11 juillet avant un possible vote du Parlement européen le 18 septembre. Le texte sera ensuite transmis au Parlement européen où tout dépendra de l’attitude de la droite (PPE), premier groupe dans l’hémicycle. La France défend une position plus ambiguë. Paris ne s’oppose pas directement aux 90%, mais critique la méthode employée. Emmanuel Macron réclamait des garanties sur la décarbonation de l’industrie et un soutien à l’énergie nucléaire, l’une des clés de cette négociation. Pour contenter Paris, la Commission a repris noir sur blanc dans sa proposition législative le concept de « neutralité technologique », cher aux autorités françaises qui voudraient que renouvelables et énergie nucléaire soient sur un pied d’égalité dans l’UE.
Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral
Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.