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vendredi 23 janvier 2026

Macron contre « les fausses informations »

Temps de lecture : 2 minutes

L’enfer est pavé de bonnes intentions. Le président Macron a remis sur la table sa proposition d’une action judiciaire d’urgence contre « les fausses informations » sur les réseaux sociaux. Le président de la République a annoncé avoir demandé au gouvernement un travail, à rendre « d’ici la fin de l’année » pour instaurer un « référé » contre les fausses informations ou les informations attentatoires à la dignité d’une personne. Il s’agit d’obtenir qu’elles puissent être bloquées en urgence sur les réseaux sociaux.

Le chef de l’Etat s’exprimait lors d’un débat avec des lecteurs des journaux de l’est de la France, appartenant au groupe Ebra, sur le thème de « la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes ». Le couple présidentiel a engagé une longue procédure en diffamation aux Etats-Unis pour faire cesser la diffusion de rumeurs et d’infox, au demeurant grotesques, sur le fait que Brigitte Macron serait née homme (elle a eu trois enfants).

On peut comprendre que quiconque confronté à des « fake news », ou diffamations aient envie de pouvoir porter plainte, et d’ailleurs le droit de la presse et de l’information en France, notamment avec la loi, au demeurant libérale, du 29 juillet 1889, le permet. Mais le président de la République voudrait aller beaucoup plus loin aujourd’hui, en permettant à un juge de déterminer en deux jours qu’il faut faire fermer des comptes ayant diffusé de fausses informations… comme si la Vérité avait pour habitude d’apparaître nue et évidente, alors qu’il faut parfois des années à des enquêteurs chevronnés, policiers, journalistes, détectives, ou experts de certains sujets (ce que les juges ne sont pas), pour déterminer que telle information tenue pour fausse ne l’était pas.

Le président de la république semble donc vouloir aller plus loin que la loi dite « anti fake news » adoptée par le Parlement il y a sept ans jour et dont certaines dispositions avaient, déjà, suscité des réserves d’interprétation par le Conseil constitutionnel.

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15 réponses

  1. Le risque est de tendre vers une presse du type la Pravda (la Vérité) ou les Izvestia ( les Nouvelles) . Certains lecteurs ‘mal intentionnés’ prétendent que dans « la Vérité » il n’y a pas de Nouvelles et que dans « les Nouvelles », il n’y a pas de vérité ! Entre les propositions du Président de labeliser et de judiciariser l’information, il y a des inquiétudes à avoir. D’un autre côté quand il ne change pas d’idées, il ne tient jamais ses promesses , alors il reste du temps pour se préparer.

  2. Toute atteinte à la liberté d’expression est une atteinte à la démocratie. Elle conduit à la pire des censures : l’autocensure !
    Mais ne serait-ce pas le but recherché ?
    … et Macron luttant contre les fausses informations c’est Cohn Bendit luttant contre la pédophilie !

    1. Il ne faut tout de même pas renoncer à la protection de l’honneur et de la considération des personnes (i.e. la répression de l’injure et de la diffamation).

  3. Chiche ! Faisons condamner Minc et Attali pour avoir diffusé des fake news affirmant que Macron était le génie du cercle de la raison.

  4. Sous couvert de bonnes intentions il veut museler ses opposants sous couvert de fausses informations diffusées : qui pense t’il tromper ?

  5. Macron prend un gros risque. Avec tous les mensonges et fausses informations qu’il nous raconte sciemment, il devrait bien y avoir un juge pour le convoquer au tribunal (après son quinquenat bien sûr).

  6. L’Enfer est pavé de bonnes intentions, certes… mais qui a dit que l’intention d’Emmanuel Macron était bonne ?…

  7. Que dira cette éventuelle loi? Qu’en cas de plainte ce sera au plaignant de prouver que l’info est mensongère (et n’est pas une simple erreur commise de bonne foi)? Ou bien que ce sera à l’accusé de prouver que l’info est vraie et incontestable? Voilà de quoi encombrer encore un peu plus les prétoires.

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