Marco Rubio exerce une influence croissante sur la politique étrangère de Donald Trump. C’est une bonne nouvelle : l’ancien sénateur de Floride, d’origine cubaine, est un farouche anti-communiste et un atlantiste. Il se distingue sur ce point de nombreux sbires de l’entourage du président. La Maison- Blanche est truffée, hélas, d’isolationnistes et de flatteurs de l’ego présidentiel dont les principaux talents sont de s’être illustrés un jour sur Fox News.
Le clan isolationniste comprend JD Vance, vice-président, brillant, agressif, dogmatique, très bon communiquant, désillusionné sur tout ce qui ressemble à un engagement militaire américain à l’étranger. Auteur à succès, ancien « marine », ayant servi comme militaire-journaliste en Irak pendant six mois, il est convaincu que l’Europe est militairement faible, culturellement diluée dans l’immigration et politiquement fragilisée par des élites déconnectées des réalités de leurs peuples. De ces convictions découle son grand scepticisme sur l’importance pour l’Amérique de sauver l’Ukraine de l’emprise russe. La galaxie MAGA se moque du reste du monde. L’électeur MAGA rêve d’une Amérique autosuffisante, purgée de migrants qui refusent d’apprendre l’anglais.
Marco Rubio, un bon interlocuteur pour les Européens
Dans ce contexte, Marco Rubio est resté reaganien, donc « mondialiste ». Bilingue anglais-espagnol, né en 1971 à Miami, de parents qui avaient quitté Cuba avant la révolution castriste, il connaît bien les dossiers latino-américains. Il a compris que s’il voulait durer, il ne devrait jamais faire d’ombre à Donald Trump. Il cumule le poste de Secrétaire d’État, c’est-à dire chef de la diplomatie, et celui de conseiller pour la sécurité, ce qui lui donne aussi un bureau et un staff à la Maison-Blanche. On n’avait pas vu pareil cumul depuis Henry Kissinger sous la présidence de Richard Nixon.
Pour les Européens, Marco Rubio est un interlocuteur à choyer : il déteste Poutine et pense que ce dernier n’est qu’un colonel du KGB devenu dictateur. Il n’a jamais donné dans le fantasme MAGA selon lequel l’homme fort du Kremlin serait une personne rationnelle, chrétienne, un patriote en somme, cherchant à reprendre légitimement une province russe que l’OTAN menaçait de lui ravir. À force de passer des heures au téléphone avec Poutine, et après un « sommet » sans résultat en Alaska mi-août, Donald Trump lui-même a enfin compris que son homologue russe n’était pas un nationaliste sincère, cerné par l’OTAN. Et Marco Rubio, qui depuis le début met en garde le président américain contre le risque de laisser le Kremlin endormir Washington pour gagner du temps et conquérir des territoires ukrainiens, a facilité cette révélation.
Donald Trump a fini par voir Poutine tel qu’il est
Donald Trump est outré de voir à la télévision les attaques et bombardements russes quotidiens sur l’Ukraine, alors qu’il vient d’entendre Vladimir Poutine au téléphone lui expliquer qu’il est prêt à discuter de paix. Le refus de Moscou de tout cessez-le-feu est l’indiscutable évidence de la mauvaise foi poutinienne. Marco Rubio a refusé de faire semblant d’y croire fin octobre, préférant annuler une rencontre prévue avec son homologue Sergueï Lavrov. Dans les heures qui ont suivi, l’idée ridicule et dangereuse d’un sommet Poutine-Trump en Hongrie a été promptement écartée par Washington. Là encore, Marco Rubio a fait preuve de lucidité.
Donald Trump, curieusement fasciné par les dictateurs, a fini aussi par noter qu’il retrouvait Moscou comme opposant à toutes ses initiatives. Qu’il s’agisse de Gaza, de l’Iran, de la Syrie, de la stabilité en Afrique ou en Amérique latine, la politique russe cherche toujours à faire barrage aux États-Unis. L’axe Pékin-Moscou-Téhéran-Pyongyang lui apparaît enfin comme indissociable, même par le biais d’un quelconque marchandage commercial. L’arme à tout faire de Donald Trump, le droit de douane, n’a du reste aucune prise sur Moscou car les États-Unis et la Russie commercent peu.
Après de longs mois d’hésitation, la Maison-Blanche s’est résolue à imposer de vraies sanctions handicapantes à Moscou. Sur le conseil de Marco Rubio, dans la foulée de l’annulation du sommet envisagé en Hongrie, l’administration Trump a enfin gelé les actifs des compagnies pétrolières russes, et interdit à toute société américaine de faire avec elles la moindre transaction. On progresse…
Un revirement de Donald Trump est toujours possible
Il convient cependant de se méfier. Donald Trump ne s’est pas transformé en Reagan II. Le président américain se rêve en « faiseur de paix ». Il est capable de changer d’avis très vite et de renier le mardi ce qu’il a affirmé le lundi. Son mépris pour la faiblesse de l’Europe reste un énorme problème pour les leaders du vieux continent qui ont toujours besoin du parapluie américain. La promesse de ne pas entamer de guerre pourrait bientôt être rompue. Marco Rubio en serait le principal artisan. L’Amérique latine, continent largement abandonné par Obama et Biden, est revenue au premier rang des soucis de Washington. La « Navy » coule quotidiennement des navires proches des eaux territoriales vénézuéliennes, colombiennes et mexicaines, en affirmant qu’il s’agit de bateaux chargés de cocaïne. De gros moyens militaires sont déployés à Trinidad & Tobago. Ils visent à préparer d’éventuels bombardements sur le sol vénézuélien : il s’agirait officiellement de détruire des cibles d’organisations criminelles tolérées, voire soutenues, par le dictateur de Caracas, Nicolas Maduro.
Là encore, Marco Rubio est discrètement à la manœuvre : il compte beaucoup d’amis dans l’opposition vénézuélienne. Évincer Maduro, qui s’accroche au pouvoir en dépit d’une défaite électorale évidente, serait pour le Secrétaire d’État une grande victoire. On commence même à Washington à nuancer la philosophie isolationniste MAGA, pour raviver la « doctrine Monroe ». À l’image du président James Monroe, en 1823, Donald Trump est en train de dire au monde entier : « Ne vous mêlez pas des affaires du continent américain, et de celles de l’Amérique latine en particulier. Nous sommes maîtres chez nous ».
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Comme tout les gens d’origine cubaine qui ont taté du communisme cubain, particulièrement corrompu maintenant le peuple dans une misère noire!