Journal d'actualité libéral
|
dimanche 25 octobre 2026

« Marine Le Pen ne sauvera pas la France »

Temps de lecture : 2 minutes

L’avertissement ne vient pas de la gauche. Dans le Wall Street Journal, l’éditorialiste Joseph C. Sternberg explique à la droite anglophone, qui voit dans une victoire du Rassemblement National la prochaine progression d’une vague conservatrice européenne, qu’elle se trompe. Son titre : «  Ne croyez pas que Marine Le Pen puisse sauver la France. » Son argument n’est pas moral, il est budgétaire.

Sternberg reconnaît d’abord qu’une présidente Le Pen serait probablement moins hésitante sur l’emploi de la force publique, et qu’un mandat populaire lui permettrait sans doute de faire adopter un budget par l’Assemblée, un véritable exploit depuis des années. Mais ces succès seraient, relève-t-il, «  de procédure plutôt que de fond ».

Sur le fond, précisément, il n’y a rien à attendre. « Les Français sont déjà les plus taxés au monde » et « l’économie française, caractérisée par une faible croissance, une forte fiscalité et une politique sociale favorisant l’immigration mais peu l’assimilation, ne peut évidemment pas perdurer » écrit-il. Le budget que propose Marine Le Pen n’annonce pas vraiment des économies et sa promesse phare, abaisser l’âge de la retraite, déjà très bas selon les normes européennes, de 62 à 60 ans, montre bien qu’elle ne compte pas réformer le système, très coûteux et à bout de souffle. Il est vrai en revanche qu’il faudrait revoir la politique d’immigration qui a échoué. Mais la France a-t-elle la capacité de réaliser le programme de Mme Le Pen, et les millions de Français qui n’auront pas voté pour elle l’accepteront-ils ?

Marine Le Pen et son parti, dont le congrès a eu lieu ce week-end à Orléans, instrumentaliseront la peur des émeutes pour mener une campagne axée sur le maintien de l’ordre, ne s’attaquant qu’à l’un des deux fléaux qui menacent la France (la dégradation de la cohésion sociale), évitant soigneusement d’évoquer l’autre (le chaos des finances publiques). Autrement dit, pour les créanciers de la France, aucun changement n’est en route.

Il est possible, écrit l’éditorialiste, que les Français rejettent la situation actuelle. Ce sont les actifs qui paient les pensions de ceux qui sont déjà partis, et les actifs doivent cotiser davantage pour une retraite dont ils attendent moins. Sternberg s’en étonne d’ailleurs ouvertement : pourquoi la jeunesse française ne s’est-elle pas encore révoltée contre le coût de ces pensions ? Car la révolution nécessaire n’est pas celle – louable – que promet la candidate, restaurer la confiance dans la civilisation française, mais celle d’un changement du rapport entre l’individu et l’État : le premier doit être libre et responsable et le deuxième doit être remis à sa place.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.