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samedi 19 septembre 2026

France : spread au plus haut depuis 2012 ou le vrai prix des fausses économies

Temps de lecture : 2 minutes

Le Premier ministre a fixé jeudi des objectifs apparemment raisonnables, sans être très ambitieux pour autant, à la prochaine loi de finances, sur fond d’inquiétudes grandissantes des marchés financiers envers la solvabilité de l’État français. L’écart de rendement entre les obligations allemandes et françaises à dix ans, ce que les marchés appellent le « spread », a dépassé vendredi 100 points de base : une première depuis 2012, année de la crise des dettes souveraines de la zone euro.

Cet écart, alors que l’OAT (Obligation Assimilable du Trésor)  à dix ans dépasse désormais 4,5 %, permet de mesurer la prime exigée par les investisseurs pour détenir la dette française par rapport à celle de Berlin, et fait l’objet d’une attention particulière sur fond d’inquiétudes budgétaires dans la deuxième économie de la zone euro.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé jeudi des économies de l’ordre de 54 milliards d’euros dans le projet de budget 2027 pour la France. Si le Parlement « endosse » ce « plan de redressement » qui sera présenté en conseil des ministres le 1er octobre, la cible d’un déficit à 5% du PIB sera « atteinte » pour 2027, assure le Premier ministre (tout en reconnaissant que ce ne sera pas le cas en 2026). Au demeurant, comme souvent, il convient de ne pas se laisser duper : les chefs de gouvernement français ont la fâcheuse tendance de prendre les contribuables et électeurs pour des naïfs, en présentant comme « économies » ce qui n’est en rien une baisse des dépenses publiques, désormais largement clientélistes et portées sur la gabegie, mais un ralentissement de la hausse notamment par une suppression de déductions fiscales, en clair une hausse des taxations qui ne disent pas leur nom (Bercy réussit la prouesse sémantique de qualifier une exonération fiscale de « dépense fiscale »).  Sébastien Lecornu devrait laisser au Parlement le soin de trancher entre un gel des retraites et une suppression de l’abattement fiscal de 10 % pour frais (lesquels ?) des retraités.

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3 réponses

  1. Inutile de commenter : « On est mal on est mal »
    J’admire l’optimisme affiché de ceux qui font semblant d’y croire… ou leur hypocrisie !
    Au vu des chiffres implacables et de l’emballement irréversible du poids de la dette la France va être mise en faillite, la seule question est de savoir quand ?

  2. Il ne fait aucun doute que les débats parlementaires autour du budget 2027 présenté par Sébastien Lecornu vont être étroitement surveillés par les marchés financiers. On se souviendra de Liz Truss, 1ère ministre éphémère anglaise en 2022, en poste pendant 45 jours seulement suite à un programme financier désastreux qui a provoqué un vent de panique sur les marchés financiers. Si, comme en 2025, Sébastien Lecornu cède aux mesures démagogiques et totalement inconséquentes des socialistes, les marchés financiers réagiront immédiatement et la sanction sera sévère : démission du 1er ministre et son gouvernement, crise politique majeure, dissolution de l’assemblée nationale voire démission d’Emmanuel Macron.

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