Dans un article publié le 21 mai sur le site anglais d’IREF Europe, Bob Lyddon nous met en garde à propos de la trajectoire préoccupante des finances publiques des pays occidentaux. Selon lui, les gouvernements dissimulent l’accumulation de dettes et de déficits, et élargissent l’assiette fiscale au lieu de réduire les dépenses. Pour l’instant, seule l’Argentine y est parvenue.
Pour l’auteur, chaque crise a été l’occasion d’étendre étendre le périmètre d’intervention de l’État : crise des subprimes, crise de l’euro, pandémie du Covid-19, guerre en Ukraine, « crise climatique »… En 2024, des pays comme la France (5,8 %) et l’Italie (3,4 %) ont violé la limite européenne du déficit public de 3 % du PIB, ce qui leur a valu d’être placés sous procédure de déficit excessif. Par ailleurs, ces dernières années, la charge de la dette publique a augmenté considérablement. Les taux d’intérêt des obligations d’État à dix ans sont passés, entre 2022 et 2025, de -0,16 % à 2,57 % en Allemagne, de 0,28 % à 3,24 % en France et de 1,19 % à 4,63 % au Royaume-Uni. Ces taux prennent en compte le déficit budgétaire de l’année en cours, le refinancement de la dette (ces pays n’ont pas d’excédent budgétaire pour payer les échéances) et les coûts ponctuels. Ils augmentent donc le coût de la dette nouvelle et le refinancement des anciennes dettes.
Bob Lyddon souligne la confusion persistante entre croissance du PIB et création de richesse. De nombreuses hausses de PIB proviennent de la dépense publique (souvent financée par la dette), de l’augmentation des prix ou d’effets comptables. Elles ne reflètent ni un gain de productivité, ni une amélioration durable des finances publiques. Dans certains cas, le PIB augmente alors que la richesse réelle diminue.
À cela s’ajoutent les dettes « hors bilan », comme le plan NextGeneration EU (750 milliards d’euros) ou InvestEU (1 700 milliards). Le Royaume-Uni suit cette logique en finançant des projets climatiques via des structures comme Great British Energy, avec un coût estimé à 50 milliards de livres par an jusqu’en 2050. Le coût de ces projets se répercute nécessairement sur les entreprises et les particuliers, via davantage de prélèvements obligatoires.
Bob Lyddon explique que les gouvernements modifient les règles fiscales pour rendre leur trajectoire budgétaire plus acceptable. Au Royaume-Uni par exemple, le gouvernement a gelé les abattements fiscaux, imposé le paiement de la TVA aux écoles privées, augmenté la fiscalité sur les plus-values, doublé le montant des impôts locaux sur les résidences secondaires… En Allemagne, le gouvernement a contourné le frein à l’endettement par la création de nouveaux « fonds » (c’est-à -dire des autorisations d’emprunts et de dépenses) destinés au réarmement et aux infrastructures, au risque de dépasser les seuils européens en matière de déficit. Les gouvernements français et italien n’ont pas encore annoncé de plans d’endettement supplémentaires, probablement du fait de leurs ratios dette/PIB déjà très supérieurs à 100 %.
Il y a toujours une bonne raison pour justifier un interventionnisme accru. Les gouvernements aimeraient beaucoup profiter de taux d’intérêt bas et d’un certain niveau d’inflation pour réduire le montant de leurs dettes. Les banques centrales – à l’exception notable de la Fed – semblent prêtes à l’accepter, mais les investisseurs obligataires, échaudés par la période 2010-22, continueront d’exiger des rendements supérieurs à l’inflation. Pour l’auteur, ces agendas conflictuels devront tôt ou tard se confronter à la réalité. À défaut, les économies avancées continueront de s’enfoncer dans une stagnation durable, où l’inertie politique prime la rigueur budgétaire.
6 réponses
Rien de nouveau, c’est la gabegie financière des gouvernements, déjà bien connue et documentée. On pourrait plagier Chirac : « La France est en faillite sévère et le gouvernement regarde ailleurs » cela s’applique à une majorité de gouvernements.
Le piège des préteurs se referme sur l’Europe…
Les dettes résultent aussi des promesses abusives qui font gagner les élections. Le problème vient alors de la crédulité des électeurs. Le cas argentin laisse penser que ce n’est pas nécessairement insoluble.
Précisément, le PIB ne correspond pas à l’a création de richesse.
Lorsqu’on augmente les dépenses publiques (fonctionnaires, dépenses évitables, prestations obligatoires inutiles…), elles apparaissent dans le PIB, c’est à dire qu’on additionne des dépenses et des produits.
C’est connu depuis longtemps pour dissimuler une gestion suicidaire.
Ces gens se sont mis d’accord pour mettre la TVA dans le PIB, sûrement une idée d’énarque. Essayer de vendre une taxe comme un produit! Personnellement je n’en achèterai pas
… confusion persistante entre croissance du PIB et création de richesse.
Cela résume bien la tromperie permanente des médias .
Sur des sujets moins graves (quoique) confusion permanente entre meurtre et assassinat, entre suspect et auteur vu d’un crime, surtout entre % et points de pourcentage dont se sont régalés les médias pour les élections législatives. Comme la plupart des français ne font pas la différence,allons-y les gars !!!