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vendredi 4 septembre 2026

Le taux d’emprunt à 10 ans de l’État français atteint 4,25 %

Temps de lecture : 2 minutes

L’État français a franchi un nouveau seuil ces derniers mois. Le taux d’emprunt à dix ans atteint 4,25 % (4,74 % mi-juillet, soit un écart de 83 points de base avec l’Allemagne) – du jamais vu depuis la crise financière de 2008. Surtout, l’État français emprunte plus cher que la Grèce (4,07 %) et l’Italie (4,22 %). Un symbole particulièrement cruel pour un pays qui reste la deuxième économie de la zone euro.

Cette hausse traduit une réalité simple : les investisseurs doutent de la capacité de l’État à redresser ses comptes et demandent une prime de risque de plus en plus importante pour financer la dette, qui s’élevait à 117,6 % du PIB au premier trimestre 2026. Sans oublier le déficit, parmi les plus élevés au sein de l’UE. Pour Daniel Baal, président de Crédit mutuel Alliance fédérale, les banques, principaux prêteurs, seraient « menacées si la France était en défaut, c’est-à-dire [qu’elle] ne remboursait plus sa dette ».

Cette défiance n’est pas sans conséquences. Plus la France doit rémunérer ses créanciers à des taux plus élevés, plus une part importante des recettes publiques est absorbée par les seuls intérêts de la dette. La charge de la dette, qui augmente de 10 milliards par an, devrait être de 64 milliards d’euros en 2026 – soit le double du budget du ministère de l’intérieur, selon les prévisions de Roland Lescure, ministre de l’Économie.

En pratique, la facture est payée par tout le monde. Lorsque le coût de financement de l’État augmente, celui des banques augmente également, avec des répercussions sur les ménages et les entreprises. Les taux des crédits immobiliers atteignaient, en septembre, 3,23 % sur 15 ans, 3,43 % sur 20 ans et 3,53 % sur 25 ans. L’endettement public finit donc par renchérir le crédit privé et par peser sur l’investissement et l’accès à la propriété.

Certes, la remontée des taux n’est pas exclusivement française : guerre en Ukraine, tarifs douaniers, guerre au Moyen-Orient, inflation dans la zone euro (3,3 % en août, au plus haut depuis 2023), investissements des géants de la tech dans l’IA… Mais cela ne suffit pas à expliquer pourquoi la France se retrouve bonnet d’âne de la zone euro.

Le problème français est bien budgétaire : un rapport publié en juillet montre qu’un effort de consolidation budgétaire de 4,4 points de PIB serait nécessaire d’ici 2031, pour éviter une dérive incontrôlée de la dette à l’horizon 2035-2050. On peut également lire qu’un redressement des finances publiques à travers une maîtrise des dépenses publiques impliquerait une baisse de 0,2 % en volume chaque année (en prenant compte des besoins en défense et de la transition écologique), à l’inverse de la tendance actuelle (augmentation de 1,2 % par an). Pourtant, « peu de candidats mettent en avant des politiques d’austérité » dans les débats pour l’élection présidentielle de 2027, affirme Vincent Juvyns, stratégiste en chef d’ING Belgique – ce qui inquiète les marchés.

Nos politiciens peinent ainsi à réduire les dépenses de l’État et à engager des réformes de fond. Ils préfèrent repousser sans cesse le problème et faire croire aux contribuables qu’il s’agit avant tout d’un problème de recettes, que notre modèle social n’est absolument pas la cause de la dette… jusqu’à ce que les marchés commencent à présenter l’addition.

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