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jeudi 24 septembre 2026

Le taux d’emprunt à 10 ans de l’État français atteint 4,25 %

Temps de lecture : 2 minutes

L’État français a franchi un nouveau seuil ces derniers mois. Le taux d’emprunt à dix ans atteint 4,25 % (4,74 % mi-juillet, soit un écart de 83 points de base avec l’Allemagne) – du jamais vu depuis la crise financière de 2008. Surtout, l’État français emprunte plus cher que la Grèce (4,07 %) et l’Italie (4,22 %). Un symbole particulièrement cruel pour un pays qui reste la deuxième économie de la zone euro.

Cette hausse traduit une réalité simple : les investisseurs doutent de la capacité de l’État à redresser ses comptes et demandent une prime de risque de plus en plus importante pour financer la dette, qui s’élevait à 117,6 % du PIB au premier trimestre 2026. Sans oublier le déficit, parmi les plus élevés au sein de l’UE. Pour Daniel Baal, président de Crédit mutuel Alliance fédérale, les banques, principaux prêteurs, seraient « menacées si la France était en défaut, c’est-à-dire [qu’elle] ne remboursait plus sa dette ».

Cette défiance n’est pas sans conséquences. Plus la France doit rémunérer ses créanciers à des taux plus élevés, plus une part importante des recettes publiques est absorbée par les seuls intérêts de la dette. La charge de la dette, qui augmente de 10 milliards par an, devrait être de 64 milliards d’euros en 2026 – soit le double du budget du ministère de l’intérieur, selon les prévisions de Roland Lescure, ministre de l’Économie.

En pratique, la facture est payée par tout le monde. Lorsque le coût de financement de l’État augmente, celui des banques augmente également, avec des répercussions sur les ménages et les entreprises. Les taux des crédits immobiliers atteignaient, en septembre, 3,23 % sur 15 ans, 3,43 % sur 20 ans et 3,53 % sur 25 ans. L’endettement public finit donc par renchérir le crédit privé et par peser sur l’investissement et l’accès à la propriété.

Certes, la remontée des taux n’est pas exclusivement française : guerre en Ukraine, tarifs douaniers, guerre au Moyen-Orient, inflation dans la zone euro (3,3 % en août, au plus haut depuis 2023), investissements des géants de la tech dans l’IA… Mais cela ne suffit pas à expliquer pourquoi la France se retrouve bonnet d’âne de la zone euro.

Le problème français est bien budgétaire : un rapport publié en juillet montre qu’un effort de consolidation budgétaire de 4,4 points de PIB serait nécessaire d’ici 2031, pour éviter une dérive incontrôlée de la dette à l’horizon 2035-2050. On peut également lire qu’un redressement des finances publiques à travers une maîtrise des dépenses publiques impliquerait une baisse de 0,2 % en volume chaque année (en prenant compte des besoins en défense et de la transition écologique), à l’inverse de la tendance actuelle (augmentation de 1,2 % par an). Pourtant, « peu de candidats mettent en avant des politiques d’austérité » dans les débats pour l’élection présidentielle de 2027, affirme Vincent Juvyns, stratégiste en chef d’ING Belgique – ce qui inquiète les marchés.

Nos politiciens peinent ainsi à réduire les dépenses de l’État et à engager des réformes de fond. Ils préfèrent repousser sans cesse le problème et faire croire aux contribuables qu’il s’agit avant tout d’un problème de recettes, que notre modèle social n’est absolument pas la cause de la dette… jusqu’à ce que les marchés commencent à présenter l’addition.

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13 réponses

  1. Le taux d emprunt à 30 ans se rapproche dangereusement des 5%
    Les taux qui grimpent sont aussi un problème pour nos entreprises qui veulent investir et pas seulement les particuliers
    Comme les états occidentaux et les entreprises de la tech empruntent massivement sur un marché fini, naturellement les marchés financiers sont en position de force et imposent leurs conditions
    En France les candidats pour 2027 nous donnent du on rase gratis à tous les coins de rue
    Les gaulois sont toujours hors sol loin d une réalité qui corne à leurs oreilles
    Il n y a pire sourd que celui qui ne veut rien entendre

  2. Le problème français n’est pas budgétaire, il est tout autre. Nos politiques peuvent faire toutes les bêtises qu’ils veulent, pour jouer avec le pouvoir, sans jamais être sanctionné pénalement pour leurs erreurs, quelle qu’en soit la gravité.

    1. Pour un politique il n y a que la sanction des urnes sauf s il se met en dehors des lois
      Mais nos gaulois votent pour que l on continue de raser gratis
      Les hommes politiques ne font qu obéir à leurs électeurs

  3. Et le hors-bilan, dans l’affaire, autrement dit, les engagements de l’Etat non-inscrits dans les comptes publics : retraite des fonctionnaires non-provisionnée, etc. etc. etc.? Tic, tac, tic, tac, tic, tac… (En tout et pour tout, y compris la dette officielle, de l’ordre de 7.700 milliards d’euros d’endettement public total, soit de l’ordre de 250% du PIB français…)

  4. Pendant que Macron continue à dilapider l’argent qui ne lui appartient pas en voyages et réceptions en grandes pompes et à coups de millions. Il est vrai qu’il ne connaît pas le prix du carburant ni la Dette qui pour lui a certainement sa place au frigo, alors tout est bon allons y les geux n’ont qu’à payer.

  5. Ça va être de plus en plus difficile d’avoir un déficit de moins de 3% avec ce montant de remboursement des intérêts, si on veut en plus dépense plus pour La Défense, la transition écologique, augmenter notre recherche….
    Ça serait intéressant que contrepoint lise le dernier livre d’Antoine Foucher qui propose de faire contribuer tout le monde à cet effort pour redresser nos comptes.

  6. La hausse des taux d’intérêt des emprunts émis par l’Etat français traduit une prime de risques accrus pour les investisseurs. Une autre difficulté va se poser à partir du moment où une agence de notation révisera à la baisse la notation du pays France : de nombreux investisseurs se verront interdits d’acheter de la dette française du fait de leurs procédures internes qui fixent un niveau de notation au-dessous de laquelle l’achat est interdit. Cela se traduira automatiquement par une hausse des taux d’emprunt du fait de la raréfaction des prêteurs. Mais cela constituera aussi un signal déclencheur de ventes de titres de l’Etat français détenus dans les portefeuilles, car ces titres ne seront plus dans les critères autorisant leur conservation. Vente de titres, baisse des cours, hausse des taux d’intérêt. Un cercle vicieux sera dès lors en marche.

  7. Vous avez lu « Le Casse du Siècle » ou pas encore. Clairvoyante, pédagogue, stratégique… Mais évidemment, s’il s’agit de présenter un programme d’austérité, son parti ne sera jamais élu. Il faudra qu’on soit dans le gouffre, il faudra qu’on n’ait plus le choix.

  8. Le plus surprenant est que l’état arrive encore a trouver des organismes qui prêtent. Dans notre situation actuelle, logiquement même un capital-risqueur devrait décliner. 10 ans c’est long…

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