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mardi 15 septembre 2026

La France emprunte désormais aussi cher qu’en 2008

Temps de lecture : 2 minutes

Ce n’est pas encore une crise de la dette publique française, mais ça laisse présager une situation tendue dans les prochains mois, d’autant plus que la présidentielle sera prétexte à multiplication des promesses de dépenses de la part de la quasi-totalité des candidats. Dans un contexte de hausse mondiale des taux d’intérêt sur les obligations des États occidentaux en raison des risques géopolitiques et de la flambée du prix du pétrole consécutive à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les taux des obligations assimilables du Trésor (OAT) françaises à dix ans ont grimpé mardi à 4,49 %, contre 4,48 % la veille, un niveau inédit depuis 2008. C’est près de cent points de base (97 en séance lundi), l’écart le plus large depuis 2012, de plus que le taux allemand, ce qui illustre la prime de risque demandée par les investisseurs internationaux pour prêter à un État français dont les dépenses sont clairement hors de contrôle au vu des penaudes révisions effectuées tous les trois mois par l’Insee et la Banque de France notamment. Rappelons que l’État français, quasi seul dans ce cas parmi les pays de l’OCDE, n’a pas équilibré un seul budget depuis un demi-siècle.

Le rendement exigé par les investisseurs n’avait plus été aussi élevé depuis la crise dite des subprimes, en 2007-2008, lorsque la solidité de l’ensemble du système financier mondial était menacée de faillites en domino : il avait alors culminé à 4,85 % le 13 juin 2008. Des rendements nettement supérieurs, allant jusqu’à 17 % en 1981, ont été atteints dans les années 1980, mais c’était soit en raison de la politique budgétaire délirante suivie sous François Mitterrand, soit sur fond d’inflation mondiale élevée.

Le coût de la dette américaine atteint même son plus haut niveau depuis dix-neuf ans, sur fond de hausse du pétrole et de pressions inflationnistes croissantes, juste avant la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), dont les marchés attendaient à plus de 90 % qu’elle se conclue mercredi par une hausse des taux, la première depuis juillet 2023.

Le rendement de l’emprunt américain à échéance dix ans a dépassé 5 %, jusqu’à 5,04 % en séance, un niveau inédit depuis juillet 2007 et le début de la crise des prêts immobiliers « subprime ». À échéance 30 ans, il atteignait 5,37 %, là aussi du jamais vu depuis 2007. En Europe, son équivalent allemand, référence sur le continent, s’est hissé à 3,55 % lundi, contre 3,51 % vendredi soir, au plus haut depuis la mi-2009.

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