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mardi 21 juillet 2026

Non, M. Cazeneuve, l’argent qui manque à l’État n’a pas changé de poche !

Temps de lecture : 2 minutes

La France est un pays « mal gouverné », écrit Bernard Cazeneuve sur X. L’ancien premier ministre en est la triste illustration. Dans une lettre publiée sur le site de son mouvement politique La Convention, il a donné son analyse de la situation politique française. Selon lui, « notre modèle social n’est pas la cause de la dette ». Cette dette publique s’expliquerait par « des choix fiscaux qui ont délibérément privé l’État de ses recettes », en référence à la suppression de l’impôt sur la fortune et de la taxe d’habitation, ou encore à la flat tax sur les revenus du capital. En somme, des politiques trop favorables aux « riches ». À un détail près : l’impôt sur la fortune français représentait moins de 0,2 % du PIB avant qu’il ne soit remplacé par l’IFI. Le mécanisme est en réalité inverse de celui décrit par M. Cazeneuve : si les recettes fiscales de l’impôt sur la fortune ont progressivement augmenté de sa création jusqu’en 2010, elles ont ensuite stagné à environ 2 milliards d’euros par an depuis 2018 – illustrant la courbe de Laffer. Les pertes fiscales sont évaluées à 2,5 milliards d’euros par an en raison du départ des contribuables assujettis. Difficile, donc, d’imputer, ne serait-ce qu’en partie, l’augmentation de la dette publique (de 21 % du PIB en 1980 à 118 % en 2026) à la réforme de cet impôt. Contrairement à ce qu’affirme Bernard Cazeneuve, l’impôt sur la fortune n’a d’ailleurs pas été supprimé, mais remplacé. Autre point qu’il ne mentionne pas : les trois pays de l’OCDE qui l’ont conservé présentent, eux aussi, des résultats modestes (1,48 % des recettes fiscales en Norvège, 0,57 % en Espagne et 4,28 % en Suisse).

Concernant la Sécurité sociale, M. Cazeneuve préfère, une fois de plus, jouer la carte de l’injustice fiscale en évoquant les exonérations de cotisations patronales et les allègements fiscaux : « Une partie de l’argent qui manque à la Sécurité sociale n’a pas disparu : il a simplement changé de poche ». Il suffirait donc de faire les poches des plus riches pour résorber le déficit ! M. Cazeneuve feint d’ignorer que la France fait déjà partie des pays de l’OCDE dans lesquels les cotisations d’assurance sociale sont les plus élevées. Qu’importe également les exemples étrangers qui montrent qu’un autre système est possible.

Fort heureusement, devant l’avalanche de messages très critiques des propos de l’homme politique, la députée européenne Aurore Lalucq en a rajouté une couche : « Si notre dette a explosé sous Macron, ce n’est pas à cause de notre modèle social mais à cause d’une politique de l’offre non financée ». Qu’importe, là encore, le poids des retraites, de la santé, du reste de la protection sociale ou de l’éducation dans les dépenses publiques… Oui, la France est un pays mal gouverné ; par des hommes et des femmes qui voient un problème de recettes là où les chiffres montrent avant tout un problème de dépenses.

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3 réponses

  1. M. Cazeneuve fait son autocritique ? que n’a-t-il pas agi lorsqu’il en avait l’occasion. La France est effectivement mal gouvernée mais il en est l’un des responsables.

  2. Franchement, aucune crédibilité, il a participé à la chute de notre pays comme la clique en place (la famille tuyaux de poêle). Renversez la table !!!

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