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dimanche 16 août 2026

Non, M. Cazeneuve, l’argent qui manque à l’État n’a pas changé de poche !

Temps de lecture : 2 minutes

La France est un pays « mal gouverné », écrit Bernard Cazeneuve sur X. L’ancien premier ministre en est la triste illustration. Dans une lettre publiée sur le site de son mouvement politique La Convention, il a donné son analyse de la situation politique française. Selon lui, « notre modèle social n’est pas la cause de la dette ». Cette dette publique s’expliquerait par « des choix fiscaux qui ont délibérément privé l’État de ses recettes », en référence à la suppression de l’impôt sur la fortune et de la taxe d’habitation, ou encore à la flat tax sur les revenus du capital. En somme, des politiques trop favorables aux « riches ». À un détail près : l’impôt sur la fortune français représentait moins de 0,2 % du PIB avant qu’il ne soit remplacé par l’IFI. Le mécanisme est en réalité inverse de celui décrit par M. Cazeneuve : si les recettes fiscales de l’impôt sur la fortune ont progressivement augmenté de sa création jusqu’en 2010, elles ont ensuite stagné à environ 2 milliards d’euros par an depuis 2018 – illustrant la courbe de Laffer. Les pertes fiscales sont évaluées à 2,5 milliards d’euros par an en raison du départ des contribuables assujettis. Difficile, donc, d’imputer, ne serait-ce qu’en partie, l’augmentation de la dette publique (de 21 % du PIB en 1980 à 118 % en 2026) à la réforme de cet impôt. Contrairement à ce qu’affirme Bernard Cazeneuve, l’impôt sur la fortune n’a d’ailleurs pas été supprimé, mais remplacé. Autre point qu’il ne mentionne pas : les trois pays de l’OCDE qui l’ont conservé présentent, eux aussi, des résultats modestes (1,48 % des recettes fiscales en Norvège, 0,57 % en Espagne et 4,28 % en Suisse).

Concernant la Sécurité sociale, M. Cazeneuve préfère, une fois de plus, jouer la carte de l’injustice fiscale en évoquant les exonérations de cotisations patronales et les allègements fiscaux : « Une partie de l’argent qui manque à la Sécurité sociale n’a pas disparu : il a simplement changé de poche ». Il suffirait donc de faire les poches des plus riches pour résorber le déficit ! M. Cazeneuve feint d’ignorer que la France fait déjà partie des pays de l’OCDE dans lesquels les cotisations d’assurance sociale sont les plus élevées. Qu’importe également les exemples étrangers qui montrent qu’un autre système est possible.

Fort heureusement, devant l’avalanche de messages très critiques des propos de l’homme politique, la députée européenne Aurore Lalucq en a rajouté une couche : « Si notre dette a explosé sous Macron, ce n’est pas à cause de notre modèle social mais à cause d’une politique de l’offre non financée ». Qu’importe, là encore, le poids des retraites, de la santé, du reste de la protection sociale ou de l’éducation dans les dépenses publiques… Oui, la France est un pays mal gouverné ; par des hommes et des femmes qui voient un problème de recettes là où les chiffres montrent avant tout un problème de dépenses.

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14 réponses

  1. M. Cazeneuve fait son autocritique ? que n’a-t-il pas agi lorsqu’il en avait l’occasion. La France est effectivement mal gouvernée mais il en est l’un des responsables.

  2. Franchement, aucune crédibilité, il a participé à la chute de notre pays comme la clique en place (la famille tuyaux de poêle). Renversez la table !!!

  3. Comment un socialiste responsable du bordel financier actuel de notre pays peut-il prétendre résoudre quoi que ce soit ?
    On attribue ceci à Einstein : « On ne résout pas un problème avec le mode de pensée qui en est à l’origine ». Le socialisme, cause de la situation désastreuse de notre pays, n’est certainement pas le mode de pensée qui changera quoi que ce soit à ladite situation.

    PS: Se faire une gueule de notaire grisâtre (pardon pour les vrais notaires qui sont pas grisâtres) n’est effectivement pas un gage de sérieux.

  4. Faut-il rappeler de nouveau que l’on ne doit pas parler « des RETRAITES » sans préciser « retraites du secteur public » ou « retraites du Privé »

    En effet dois-je rappeler une nouvelle fois que l’essentiel des retraites du Privé est assuré par les Caisses de Retraite du type AGIRC ARCCO qui encaissent les cotisations et qui versent les retraites .
    Il n’y a aucune participation de l’Etat.
    Donc cessez d’écrire que « les retraites » plombent les finances publiques
    En revanche les retraites de la fonction publique sont majoritairement financées par l’Etat grâce à un système opaque de contributions et de surcontributions publiques.
    Pour l’ensemble de la sphère publique ces retraites coûtent à l’Etat tous les
    ans la somme astronomique proche de cent Milliards!
    Merci de rétablir la dure vérité par ce distingo fondamental

  5. Comme d’habitude, les anciens politiques, qui n’ont RIEN FAIT, pour éviter, comme ils disent, un «  »embrasement social » », critiquent, sans sourciller, ceux qui les ont remplacé !! Comment voulez-vous faire encore confiance !!

  6. Caseneuve représente tout ce que je n’aime pas !
    Médiocratie, prélèvements encore renforcés,
    Aucune autocritique, il est passé transparent aux manettes et n’a absolument rien fait de notables, alors pourquoi deviendrait-il crédible maintenant ?
    On l’avait oublié, qu’il reste dans l’ombre, c’est le mieux qu’il puisse faire pour le pays !

  7. L’état français fait actuellement 150 milliards de déficit par an… alors MM. Cazeneuve et consorts peuvent se lever tôt, ah ah ah ! … Mais au-delà du socialisme délétère, il faut aussi remarquer que le capitalisme hexagonal (je n’inclus pas les capitaux français qui prospèrent à l’international) est enlisé dans des secteurs à faible rendement et peu innovants : bâtiment, grande distribution, service à la personne, tourisme, etc. Notre modèle économique basé sur la dette, les plans de relance et l’immigration peu qualifiée maintient artificiellement en vie des secteurs archaïques, et contribue à la stagnation de la prospérité populaire. De ce point-de-vue, ce n’est pas uniquement l’état mais également un certain capitalisme-de-connivence complaisant qui est responsable de la situation.

    1. Depuis 30 ans les baisses de charge massives sur les bas salaires incitent les entreprises hexagonales à se tourner vers les services gros employeurs de main d’œuvre tres faiblement qualifiée

  8. Il ne faudrait tout de même pas oublier que les retraites du PRIVÉ, sont gérées par les syndicats, en particulier, pour ne pas le nommer, la CGT, qui, ooohh, surprise 😲, est SUBVENTIONNÉ !!!! Et qui ne se gêne pas pour nous siphonner nos retraites du PRIVÉ !!!

  9. Les commentaires économiques et financiers de l’ensemble du spectre politique témoignent de l’inculture de leurs auteurs. Les décisions à prendre pour redresser la situation financière de la France sont d’ordre institutionnel et non simplement fiscal. De vrais économistes ont démontré dès 1982 que l’IGF, devenu rapidement ISF, avait coûté des recettes à l’Etat. Les contribuables qui auraient été vraiment concerné par cet impôt (ceux qui auraient payé les plus grosses cotisations) ont quitté la France. Non seulement ils n’ont pas fait bénéficier le Trésor Public de ce nouvel impôt mais ils ont aussi privé l’Etat des autres recettes fiscales que ces nouveaux expatriés acquittaient antérieurement (impôt sur le revenu, impôts locaux, etc…) ainsi que des dépenses de consommation qui contenaient la TVA. Relire Frédéric BASTIAT aurait permis aux auteurs de ces textes ruineux de prendre conscience de leurs forfaits !

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