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jeudi 15 janvier 2026

Impôt sur la fortune : près de 70 % des pays de l’OCDE l’ont supprimé

Temps de lecture : 2 minutes

Entendu par la sous-commission FISC du Parlement européen du 11 décembre 2025, (où un certain Gabriel Zucman est intervenu), Michael Christl, chercheur pour Tax Foundation Europe, a mis en lumière les nombreuses problématiques liées à la taxation des ultra-riches, en se plaçant dans un point de vue historique. Depuis 1965, treize pays de l’OCDE ont instauré un impôt sur la fortune visant les patrimoines les plus élevés, dans l’objectif de générer des rentrées fiscales supplémentaires. Toutefois, force est de constater aujourd’hui que l’efficacité de cette mesure est manifestement douteuse : seuls quatre pays continuent de le maintenir, ce qui signifie que près de 70 % des pays ayant initialement adopté cette taxe qui l’ont finalement supprimée.

Toujours selon l’intervention de Michael Christl, avant sa suppression en 2017, l’impôt sur la fortune français rapportait moins de 0,2 % du PIB, un chiffre très faible par rapport aux attentes initiales. Comme l’a récemment révélé Contrepoints, parmi les pays « développés » de l’OCDE, seuls trois pays ont conservé cet impôt : la Norvège, la Suisse et l’Espagne. Si l’on analyse le rendement de l’impôt sur la fortune dans ces trois pays, on constate également des résultats modestes : il représente 0,61 % du PIB en Norvège, 0,21 % en Espagne, et 1,16 % du PIB en Suisse. En proportion des recettes fiscales totales, ces contributions restent elles aussi relativement faibles, représentant seulement 1,48 % en Norvège, 0,57 % en Espagne et 4,28 % en Suisse.

Les effets comportementaux sont également significatifs et mesurables. Rien qu’en 2016, soit avant la suppression de l’impôt sur la fortune en France, 12 000 millionnaires français ont quitté le pays. De plus, Michael Christl rappelle qu’en 2022, lorsque la Norvège a augmenté son impôt sur la fortune, elle a également constaté un exode notable d’individus fortunés. Selon Christine Blandhol, économiste à l’université de Princeton aux États-Unis, cette augmentation pourrait entraîner à long terme une baisse de 1,3 % de la production économique en Norvège.

Face à ces constats, Michael Christl recommande plusieurs actions concrètes pour limiter les distorsions économiques et réduire la complexité normative. Il plaide pour un système largement simplifié, comportant moins d’exemptions et de régimes fiscaux particuliers, afin de rendre la fiscalité plus efficace et plus lisible. IREF-Contrepoints milite depuis de nombreuses années pour la disparition totale de cet impôt contre-productif, et souhaite également la suppression de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) dans le cadre français.

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8 réponses

  1. Les socialos communistes et gauchos s’obstinent dans les mêmes erreurs dont l’impôt sur la fortune est l’étendard. Pas étonnant.
    Einstein disait : la sottise est de répéter toujours les mêmes expériences en espérant des résultats différents. La conclusion est facile.
    Il disait aussi : ne comptez pas sur ceux qui ont provoqué le problème pour le résoudre.
    Conclusion aussi facile : en France, il faudrait interdire l’élection de tous ceux qui ont déjà exercé une parcelle de pouvoir, changer de paradigme, et recommencer sur des bases nouvelles.
    Hélas nous n’avons pas de Milei à la française.

  2. M Macron s’honora de supprimer l’ISF lors de son premier mandat. Mais il créa l’IFI « en même temps » ruinant ainsi l’effet bénéfique de la suppression de cet impôt absurde qui détruit sa base fiscale et ruine l’économie.

  3. En Suisse, ceux qui sont vraiment impactés par le maintien de l’impôt sur la fortune sont les classes moyennes et surtout les retraités; ils ont amassé quelques économies au cours d’une vie entière de labeur et cet argent a déjà été taxé via l’IR; on leur reprend donc une partie de ces économies durement gagnées en les poussant parfois jusqu’à la totale impécuniosité qui les conduit à dépendre alors de l’aide sociale; c’est totalement aberrant; les très riches, même si la somme due au titre de l’IF est importante ne sont pas impactés car la somme est dérisoire par rapport à la fortune qu’ils détiennent; ils ont en plus à leur disposition tout l’arsenal de l’optimisation fiscale qui leur permet de diminuer leur IF, ce que n’ont pas les gens de la classe moyenne; donc le maintien de cet impôt en Suisse s’analyse en un des éléments du pillage des classes moyenne qui se poursuit; mais la Suisse est comme les autres pays européens développés; elle cherche de l’argent partout et contrairement à la France, elle a encore une grande marge de manoeuvre pour augmenter la fiscalité, notamment la TVA.

    1. En France, comme donc en Suisse, l’IGF puis l’ISF inventé par Mitterand touchait principalement et le plus durement les classes moyennes supérieures âgées qui n’avaient les moyens ni de défiscaliser, ni de quitter le pays….

      1. En Suisse 1% dès 1 millon. 0,7% en dessous de fe millon. La très grande majorité de la classe en Suisse ne paie l’impôt sur la fortune.

    2. Les classes moyennes en Suisse paie presque rien sur la fortune. Faut un peu revoir vos sources. Le taux d’imposition est de 1% dès une fortune de plus de 1 millon et 0,7% en dessous du millon. En dessous de 100’000 francs c’est franche d’impôts.

      https://www.bk.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis116t.html#:~:text=les%20imp%C3%B4ts%20g%C3%A9n%C3%A9raux%20des%20cantons%20et%20des%20communes%20sur%20la,d%C3%A9passe%201%20million%20de%20francs.

  4. L’argent a deux limites .
    Utilisée par les riches elle ( pecunia -pecuniae est féminin) permet de créer et de construire et un patron veut toujours garder ses bons collaborateurs parfois même ses complices .
    Utilisée par l’Etat , qui vous rackette jusqu’au fond de vos poches, elle est gaspillée et sert à détruire les riches et leur envie de poursuivre .
    Mais ça , ce n’est pas un crétin qui gouverne qui peut le comprendre , il n’est intéressé que par sa gamelle , quel qu’en soit le prix .

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