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samedi 12 septembre 2026

Misères et pénuries à Cuba : il est indécent, de la part de Fabien Roussel, de reporter sur l’embargo les ravages dus au communisme

Temps de lecture : 2 minutes

Sur le plateau de David Pujadas (LCI), une scène révélatrice. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, est l’invité. Dans le studio, une jeune femme qui a fui la dictature cubaine l’interpelle : n’a-t-il pas honte de soutenir un régime qui écrase son peuple ? La question est directe, elle vient de quelqu’un qui a vécu la chose. La réponse de Roussel, elle, est une esquive : si Cuba est dans la misère, c’est la faute… de l’embargo américain.

L’argument est commode, souvent utilisé mais absurde. L’embargo des États-Unis existe bel et bien — il est même condamné chaque année à l’ONU, et ses effets extraterritoriaux compliquent la vie de certains opérateurs étrangers. Mais il ne concerne que les États-Unis. Cuba est parfaitement libre de commercer avec le reste de la planète et le fait,  principalement avec l’Espagne, la Chine, le Canada, le Mexique, l’Allemagne, l’Italie, la France, la Russie… L’Union européenne est même son premier partenaire commercial. Mieux : les États-Unis eux-mêmes lui vendent nourriture et médicaments — plus de 585 millions de dollars en 2024. Si La Havane le voulait (le pouvait), elle pourrait commercer avec 190 pays.

L’embargo n’est donc pas du tout la cause de la misère cubaine : il en est l’alibi. La vraie cause, c’est le système lui-même. Partout où le communisme a été imposé — de l’URSS à la Corée du Nord, du Venezuela à Cuba —, il a produit les mêmes résultats : pénurie, files d’attente, effondrement, et la police du Parti pour empêcher les gens de fuir. Ce n’est ni un accident de parcours, ni un complot extérieur : c’est la conséquence directe de la suppression de la propriété, du marché et de la liberté. Aucun embargo n’explique pourquoi le lait y est rationné, pourquoi il n’y pas d’essence ou de viande, ni pourquoi des Cubains risquent leur vie en tentant de s’échapper sur des radeaux.

Avant 1959, Cuba comptait parmi les pays les plus prospères d’Amérique latine, avec l’un des meilleurs indicateurs de santé et d’alphabétisation du continent et une forte immigration venue d’Europe. Soixante-cinq ans de « socialisme réel » plus tard, l’île vit de rationnement et voit ses habitants fuir en masse. Ce n’est pas un embargo qui transforme un pays d’accueil en pays qu’on quitte : c’est un système.

Pour qui a grandi sous une dictature communiste — et je suis de ceux-là —, entendre ce discours en 2026 a quelque chose de proprement scandaleux. Scandaleux qu’il existe encore, en France, un Parti communiste ; scandaleux que son dirigeant reprenne, presque mot pour mot, la propagande d’un régime qui emprisonne ses opposants ; scandaleux, surtout, d’entendre quelqu’un défendre une idéologie qui a fait des dizaines de millions de morts au XXᵉ siècle. On ne soutient pas un dictateur par ignorance des faits. On le soutient parce qu’on croit aveuglement en une idéologie criminelle. C’est le cas de Fabien Roussel.

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