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lundi 12 octobre 2026

Mutuelles : l’État fait des économies… sur le dos des assurés

Temps de lecture : 2 minutes

« Déplacer la dépense ne permet pas de faire des économies. » Dans Le Parisien, le président de la Mutualité française, Éric Chenut, résume en une phrase le tour de passe-passe budgétaire du moment. Pour 2027, le gouvernement a décidé de transférer environ 1,5 milliard d’euros de remboursements de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé : 590 millions sur le dentaire, 370 millions sur les médicaments, 490 millions sur les dispositifs médicaux. Quatre décrets suffisent. Pas de débat au Parlement, pas de vote, et une ligne de moins dans les comptes de la Sécurité sociale.

Sur le papier, la dépense baisse. Dans la réalité, rien n’a changé : les soins sont les mêmes, les patients aussi. Seul le payeur change. Or les mutuelles, tenues d’être à l’équilibre, n’ont pas d’autre choix que de répercuter la charge sur les cotisations. L’addition arrivera en janvier, sous la forme d’une hausse de tarif que chacun attribuera à sa mutuelle plutôt qu’à l’État.

Le gouvernement Lecornu revendique la « stabilité fiscale » et promet de ne créer aucun impôt. Mais une cotisation qui augmente parce que l’État se désengage, c’est un prélèvement qui ne dit pas son nom.  Le procédé n’est pas nouveau et nous l’avons déjà décrit ce glissement silencieux du déficit de la Sécu vers les complémentaires. En 2026, une taxe d’environ un milliard d’euros leur avait déjà été imposée, assortie d’un gel des cotisations contesté par de nombreux organismes. Et la fiscalité des contrats santé n’a cessé de s’alourdir : comme l’a montré l’IREF, elle a bondi de 658 % entre 1999 et 2022. Les taxes absorbent aujourd’hui près d’un euro sur huit payé par l’assuré pour un contrat « responsable », soit l’équivalent d’un mois et demi de cotisation chaque année.

Les mutuelles ne sont plus des assureurs libres de leur offre, mais des collecteurs auxquels on délègue la dépense et l’impôt. Certains rêvent même de les fondre dans une « Grande Sécu » : les complémentaires sont dans le collimateur de l’État, une fois de plus. Cela permet de ne jamais s’attaquer à la dépense.

Une réforme honnête commencerait par clarifier les rôles : ce que finance la solidarité nationale, et ce qui relève de l’assurance librement choisie. Elle supprimerait les taxes qui renchérissent la couverture santé et – surtout – elle laisserait aux assureurs la liberté de proposer des contrats adaptés à leurs clients. Et aux Français la liberté de choisir leur assurance santé.

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13 réponses

  1. Quelle hypocrisie!
    Au lieu d’annoncer directement le désengagement de l’Etat dans la Sécurité Sociale, il transfère le bâton vers les mutuelles qui se devront d’assurer la continuité…
    Question naïve les cotisations de SS ont-elles baissé d’autant ?
    C’est un démentèlement discret engagé depuis que Micron a rendu obligatoire les cotisations mutuelles pour les Entreprises…

  2. Le cornu nous prend pour des billes, il ferait bien d’adopter les règles de gestion qui s’appliquent aux mutuelles, avoir un budget à minima à l’équilibre.

  3. Ne pas oublier que le taux de TVA qui s’impose aux mutuelles varie selon que les contrats proposés aux particuliers sont « responsables » ou « non responsables », l’idée sous jacente étant de proposer un taux de TVA moins élevé dès lors que le contrat est « responsable » donc dès lors que des frais restent à la charge des assurés (pae exple les forfairs sur les actes médicaux et boites de médicaments). Le raisonnement de base reste le même : réduire la consommation de soins médicaux et médicaments en faisant payer les assurés.

  4. De toute ça d’air 40 ans que l’état nous l’a fait à l’envers mais la différence c’est que ça devient de plus en plus visible …. Mais ne changez rien car dzns le fond vous votez toujours pour que ça dure … 2 fois Macrons 2 fois de trop.

    1. Avant la première fois personne ne pouvait mesurer son pouvoir de nuisance, à la seconde fois il y a eu un tel battage contre le RN que Micron l’a emporté
      Espérons pour les prochaines que Merluche sera finaliste si on veut vraiment que le RN l’emporte, mais ce n’est pas forcément une bonne chose et un cadeau !
      Micron a tellement miné le terrain en plaçant ses hommes (ou femmes) de main à des points critiques, et surtout il a tellement pourri les finances publiques, divisé la société, détruit l’Ecole… bref la liste de ses nuisances serait trop longue !
      Bref la situation est tellement critique et les français, pour la plupart si ignorants en économie que la population, bien attisée par la gauche et LFI en particulier n’acceptera jamais les mesures impopulaires indispensables à adopter… Et la nouvelle opposition dira : vous voyez le RN fait pire que les autres !

  5. Enfumage, encore et encore. Nous sommes les abeilles et lui l’apiculteur avec son gaz…. Mais il a tort de penser que toutes les abeilles sont endormies !

  6. Il suffisait de faire le calcul coût annuel de la mutuelle / remboursements, pour voir l’intérêt d’en payer une. Avec l’instauration de la CMU qui a entraîné une augmentation de la mutuelle, la supercherie a sauté aux yeux. Heureusement pour le clan qui gouverne, les gens ne vérifient jamais. C’est pour ça qu’il est toujours au pouvoir et que l’éducation nationale poursuit la crétinisation de nos enfants. Le revirement de Macron contre les réseaux sociaux, n’est pas étranger au fait que certains , maintenant, dénoncent le hold-up organisé par l’État.

  7. Hypocrite et menteur à la fois , les deux caractéristiques de ce gouvernement entre les mains d’un MOU grandeur nature totalement inféodé à un incapable qui se prétend Maître .

  8. « Une réforme honnête commencerait par clarifier les rôles : ce que finance la solidarité nationale, et ce qui relève de l’assurance librement choisie. » C’est évident, la France n’a plus les moyens d’assister tous les français et le monde entier. Il faut que les cotisations soient revues en fonction des salaires d’une façon plus équitable, et les remboursements aussi. C’est comme pour les retraites tout doit être remis à plat.

    1. Je me méfie tout de même un peu de la « liberté laissée à l’assuré de choisir sa protection » en matière de soins médicaux. La joie de se découvrir un cancer contre lequel on n’a pas pensé à se prémunir parce qu’on « croyait sincèrement mener une vie saine » ne me fait guère rêver…

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