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lundi 21 septembre 2026

Mutuelles : l’État fait des économies… sur le dos des assurés

Temps de lecture : 2 minutes

« Déplacer la dépense ne permet pas de faire des économies. » Dans Le Parisien, le président de la Mutualité française, Éric Chenut, résume en une phrase le tour de passe-passe budgétaire du moment. Pour 2027, le gouvernement a décidé de transférer environ 1,5 milliard d’euros de remboursements de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé : 590 millions sur le dentaire, 370 millions sur les médicaments, 490 millions sur les dispositifs médicaux. Quatre décrets suffisent. Pas de débat au Parlement, pas de vote, et une ligne de moins dans les comptes de la Sécurité sociale.

Sur le papier, la dépense baisse. Dans la réalité, rien n’a changé : les soins sont les mêmes, les patients aussi. Seul le payeur change. Or les mutuelles, tenues d’être à l’équilibre, n’ont pas d’autre choix que de répercuter la charge sur les cotisations. L’addition arrivera en janvier, sous la forme d’une hausse de tarif que chacun attribuera à sa mutuelle plutôt qu’à l’État.

Le gouvernement Lecornu revendique la « stabilité fiscale » et promet de ne créer aucun impôt. Mais une cotisation qui augmente parce que l’État se désengage, c’est un prélèvement qui ne dit pas son nom.  Le procédé n’est pas nouveau et nous l’avons déjà décrit ce glissement silencieux du déficit de la Sécu vers les complémentaires. En 2026, une taxe d’environ un milliard d’euros leur avait déjà été imposée, assortie d’un gel des cotisations contesté par de nombreux organismes. Et la fiscalité des contrats santé n’a cessé de s’alourdir : comme l’a montré l’IREF, elle a bondi de 658 % entre 1999 et 2022. Les taxes absorbent aujourd’hui près d’un euro sur huit payé par l’assuré pour un contrat « responsable », soit l’équivalent d’un mois et demi de cotisation chaque année.

Les mutuelles ne sont plus des assureurs libres de leur offre, mais des collecteurs auxquels on délègue la dépense et l’impôt. Certains rêvent même de les fondre dans une « Grande Sécu » : les complémentaires sont dans le collimateur de l’État, une fois de plus. Cela permet de ne jamais s’attaquer à la dépense.

Une réforme honnête commencerait par clarifier les rôles : ce que finance la solidarité nationale, et ce qui relève de l’assurance librement choisie. Elle supprimerait les taxes qui renchérissent la couverture santé et – surtout – elle laisserait aux assureurs la liberté de proposer des contrats adaptés à leurs clients. Et aux Français la liberté de choisir leur assurance santé.

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