LFI a réussi à faire voter la nationalisation d’ArcelorMittal France par les députés. Fort heureusement, il est probable que cette initiative en reste au stade de la gesticulation.
Ce qui est extraordinaire ici est que l’idée de nationalisation puisse encore mobiliser la gauche. Comme Contrepoints l’a rappelé la précédente nationalisation de la sidérurgie française n’a pas été une réussite (56.000 emplois supprimés en une douzaine d’années).
Un autre revers peut être cité : STMicroelectronics. Gavée de subventions publiques (par exemple, 2,9 Md€ annoncés en 2023 pour la construction d’une nouvelle usine à Grenoble) et détenue à 27,5% par les États français (via Bpifrance) et italiens, la firme n’en finit pas de supprimer des emplois. En avril dernier, elle annonçait vouloir en supprimer 2.800 en trois ans sur la base du volontariat, dont 1.000 en France. Comme l’indique Le Figaro, ses dirigeants espèrent en réalité au moins 5 000 départs.
L’entreprise n’a, en réalité, jamais réussi à concurrencer sérieusement les principaux fabricants mondiaux de semi-conducteurs.
En 1987, alors qu’elle s’appelait encore SGS-Thomson, elle était classée au 14ème rang mondial. Les premières places étaient trustées par les japonais NEC, Toshiba et Hitachi, et les américains Motorola et Texas Instruments. Aujourd’hui, elle occupe toujours la même place. Le leader, en termes de chiffre d’affaires, est le coréen Samsung. Ses principaux suivants sont américains (Intel, Nvidia, Qualcomm, Micron Technology, Broadcom, AMD, Apple), un autre coréen (SK hynix) et un allemand (Infineon Technologies).
Créée en 1993, Nvidia est une société sans usine qui, ironie du sort, a conclu son premier partenariat stratégique avec SGS-Thomson qui lui fabriquait une puce d’accélération pour interface graphique. Aujourd’hui, devenue incontournable dans l’essor de l’intelligence artificielle (IA), Nvidia travaille avec le taïwanais TSMC.
Nvidia est la première capitalisation boursière mondiale avec plus de 4 000 milliards de dollars (Md$). STMicroelectronics en vaut un peu plus de 20 Md€. Deux cents fois moins.
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15 réponses
La France est toujours prisonnière de ce substrat idéologique tout droit sorti de 1945…….
Ce catho marxisme n en finit pas d agoniser!!!!!!
Haine de l argent et de la réussite, adulation de l état, agitation de la bienpensance…..
En tant qu’ancien cadre de STMicroelectronics je me permets d’apporter des critiques à vos commentaires négatifs sur mon ancienne compagnie. ST est le plus gros fournisseur de composants d’Europe. ST ne produit pas de mémoires ni de microprocesseurs, sur le reste du marché il est un des trois plus gros fournisseurs mondiaux dans tous les autres secteurs. Nvidia est une histoire très particulière, résultante de sa position de monopole (leur prix de vente est 3-5 fois trop élevé), et un investissement colossal dans les data centers d’IA.
Quant aux aides publiques, ST ne reçoit pas plus d’aides dans des nouveaux projets que ses concurrents. Tous les états essaient d’attirer sur leur territoire les Fabs semi-conducteurs.
Ce n’est pas parce que les autres États subventionnent que c’est bien. Contrepoints défend l’idée qu’il faut cesser de distribuer des aides aux entreprises (à STMicro comme aux autres) et qu’il faut baisser les impôts et les charges à due concurrence. N’est-ce pas le meilleur moyen de rendre nos entreprises compétitives ?
27% de part du capital détenu par deux puissances publiques, je n’appelle pas vraiment ça une nationalisation. Ça fait tout de même 73% de capital privé qui n’est pas plus efficace que le reste. Pourquoi ne les accusez-vous pas, eux aussi, de ce fiasco ?…
La sidérurgie française doit être soutenue pour une raison stratégique. En aucun cas elle doit être nationalisée aux vues de la capacité de l’Etat de gérer quoi que ce soit. Ce serait livrer un outil de production essentiel aux parasites.
Il faut faire attention à se renseigner un peu plus en profondeur avant de juxtaposer des brèves de comptoir catastrophistes qui induisent en erreur les béotiens. Le post est factuellement invalide et méthodologiquement absurde.Le marche du semi-conducteur est complexe.
1. Comparer un fabless et un IDM, c’est comparer un architecte et un maçon : l’un dessine, l’autre construit. Les métriques, les coûts, les marges et les risques ne sont tout simplement pas du même ordre de grandeur. ST a choisit un modele IDM, donc ST design et ST produit. Pourquoi donc ST n’arrêterait pas de produire? Nous aurions alors un article sur la desindustrialisation de la France et la perte de souveraineté… Les subventions ne sont pas un signe d’échec, mais un mécanisme normal dans les secteurs stratégiques (toutes les fabs mondiales reçoivent des aides, surtout TSMC, Samsung, Intel, TI: TSMC Arizona : + 52 Md$ US CHIPS Act – Intel : 40 Md$ sur 10 ans (US, Allemagne, Israël) – Samsung : plus de 25 Md$ de la Corée. Sans subventions, aucune fab n’existe. Les 2,9 Md€ pour ST à Crolles sont un cofinancement d’une fab de 7,5 Md€ qui crée ou sécurise 1 000 emplois directs + 3 000 indirects. ST est un des piliers européens du semi : seule firme EU avec fabs large volume, leader mondial en SiC auto, fournisseur clé de Tesla, Renault, Apple (MEMS), etc. Les leaders historiques des années 1980 cités (NEC, Hitachi, Motorola, Toshiba…) ont quasiment disparu du top 10.
ST, elle, est toujours vivante, rentable, leader dans ses segments, notamment les microcontrolleurs, les MEMS, le SIC
2. La position dans le ranking global n’a aucune signification. La “mauvaise place” de ST est un faux problème : elle est restée 10e–12e mondiale depuis 20 ans parce que son marché est structurellement plus petit, pas parce qu’elle aurait “échoué”. ST n’a jamais voulu être Nvidia, Intel ou Samsung : ce n’est pas le même marché.
3. On peut cependant comparer ST a Infineon. ST a un mix beaucoup plus diversifié qu’Infineon, et effectivement, les segments sur lesquels Infineon s’est focalise sur les 5 dernières annees ont cru plus vite que le marche. Mais il ne faut pas oublier que Infineon a racheté Cypress pour 9B$, ce qui gonfle son revenu par croissance externe.
4. Les suppressions annoncées chez ST toucheront surtout des employés dans les lignes de production traditionnelles / wafers “anciens nœuds technologiques”,
des effectifs industriels “non stratégiques” pour l’avenir (production “legacy”), des personnes en fin de carrière ou volontaires au départ. Le secteur des semi-conducteurs traverse en 2025 une période de réajustement structurel après le boom post-pandémie. Cela affecte aussi bien les fondeurs que les équipementiers. Les réductions touchent des géants historiques (Intel:25% des effectifs malgré 8 milliards de subventions, ce qui montre que aucune entreprise, même importante, n’est à l’abri des cycles de marché, des crises ou des erreurs stratégiques.
Les causes sont multiples : concurrence, changement de mix produits, régulations d’exportation, retournement de la demande, surcapacités — ce qui souligne la vulnérabilité d’un secteur stratégique et ultra-concurrentiel.
Ce post vise à produire un effet émotionnel, pas une analyse, sur la base d’informations. L’idéologie prime sur le sérieux. Et cela fait plus de mal a la société que des subventions au semi-conducteur européen.
« Le marché du semi-conducteur est complexe », dites-vous et vous avez raison de nous éclairer. Vous connaissez le sujet mieux que moi, c’est indéniable.
Cependant, je ne peux pas vous suivre lorsque vous écrivez « Sans subventions, aucune fab n’existe ». S’il y a un besoin pour les semi-conducteurs, il y aura forcément des fournisseurs. Ce n’est pas la subvention qui fait l’usine, c’est la demande. le marché de la drogue se porte très bien parce qu’il y a une forte demande. Pas besoin de subventions.
Ceci étant dit, moi aussi j’ai connu STMicro et notamment ses plans sociaux ou plans de départ extrêmement généreux comme on n’en voit seulement dans les entreprises totalement ou partiellement publiques. Tout cet argent dépensé pour acheter la paix sociale a forcément manqué à l’entreprise pour investir à bon escient.
Il y a la subvention pour dire « ne licenciez pas, ou alors après les élections ». Et la subvention pour dire « venez donc vous installer chez nous ». TSMC a reçu une subvention de 6 Mds de $ pour sa nouvelle fab aux US. Mais aucun licenciement n’est pour autant envisagé.
Parc contre, il n’y a pas le moindre écolo pour s’opposer à ces usines. Contrairement à la France, résolument tournée vers l’avenir. Quand à investir « à bon escient », c’est mal parti quand ce sont des a-techniques et autre compteurs de haricots qui décident. Il s’agit d’une activité technique, et la liasse de billet ne constitue pas un paramètre pertinent.
Pour les puces achetées actuellement par nVidia, Apple, Intel (oui !…) et pas mal d’autres, TSMC a embauché à tour de bras des PhD en physique du solide, 10 ans plus tôt. Quand les nôtres (si rares !) vivotent dans leur fac, dans le meilleur des cas… À la place, on embauche des gestionnaires. Mais dans les statistiques, « c’est pareil ». Ce sont des « bac +5 » banalisés (les gestionnaires ne savent pas compter plus haut).
Surtout ne pas nationaliser ni Arcelor ni une autre entreprise . Les français ont déjà mesuré , à maintes reprises, les effets de l’incompétence de ces zombis hors sol qui nous gouvernent et qui sans avoir jamais travaillé à la construction d’une entreprise , sans avoir jamais mis les pieds derrière une machine et investi leur propre argent , sans avoir jamais pris le moindre risque , prétendent tout savoir . L’exemple souligné par Philbert Carbon ne pouvait être meilleur , 1981 , la nationalisation de la sidérurgie .
Quel échec . Même Mittérand l’a reconnu . C’est tout dire .
Cet article dénote une méconnaissance du sujet et des biais idéologiques. Dans les années 90 les plus importants fabricants de puces électroniques étaient américains et européens auxquels s ajoutaient quelques japonais. 30 ans plus tard les européens ne sont plus dans la course. Et cela n a rien à voir avec les parts de l état dans les sociétés. Stmicroelectronics a d ailleurs mieux résisté que d autres. Quant aux subventions colossales de l état ou de l europe dans stmicroelectronics, elles 2 a 10 fois inférieures à celles que les états Unis, la Chine et Tawain font dans leur industrie du semi conducteur.
Mais est-ce que les pays qui n’ont pas de fabricants se portent plus mal que les autres ? Ou, pour poser la question autrement, en quoi le fait de subventionner STMicro at-il permis de faire émerger des décacornes françaises ?
Très bonne question, les investissements nécessaires pour suivre la course de la minutiarisation digitale, sont colossaux. Rattrapper le Taiwané TSMC est à la portée des Chinois et des Américains mais pas de STmicroelectronics et de la France. Seule une union européenne supranationale permettrait d’y arriver mais l’europe du semiconducteur n’existe pas. Quant au décacornes, oui il y a et en eu plusieurs souvent fondés par des chercheurs du CEA/LETI (70 startup créées en 50 ans) qui collaborent depuis 40 ans avec STmicroelectronics. L’émergence de SOITEC (2000 employés) en est un des plus beau exemple.
La bonne question à se poser est « est-ce que ArcelorMittal France a une chance d’être compétitive et rentable à terme ? »
En effet elle subit une forte baisse de demande en aciers (désindustrialisation de la France et de l’Europe) et une concurrence accrue d’importations d’acier à bas coût en provenance de pays hors de l’UE. De plus elle subit de forte contraintes environnementales (décarbonisation) et un cout très élevé de l’énergie.
Il y a malheureusement une forte chance que la réponse à la question soit négative avec les règles du jeu actuels (ouverture du marché européen aux importations hors UE, …).
Dans ce cas, une nationalisation temporaire de protection ne semble pas opportune. Il est préférable de dépenser l’argent public pour soutenir des activités industrielles d’avenir.
Plus généralement, l’histoire a montré que sur la durée l’état n’est pas le meilleur chef d’entreprise.
Les 73% sont du flottant donc ils n ont aucun réel pouvoir quant aux 2 actionnaires etatistes ils se bouffent le nez en permanence pour se repartir les postes……aucune stratégie claire n est définie….
Je crois que vous touchez du doigt un point essentiel : « se répartir les postes ». Sans la moindre compétence « métier ». Et avec une vision parasitaire de leur rôle.
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La France est toujours prisonnière de ce substrat idéologique tout droit sorti de 1945…….
Ce catho marxisme n en finit pas d agoniser!!!!!!
Haine de l argent et de la réussite, adulation de l état, agitation de la bienpensance…..
En tant qu’ancien cadre de STMicroelectronics je me permets d’apporter des critiques à vos commentaires négatifs sur mon ancienne compagnie. ST est le plus gros fournisseur de composants d’Europe. ST ne produit pas de mémoires ni de microprocesseurs, sur le reste du marché il est un des trois plus gros fournisseurs mondiaux dans tous les autres secteurs. Nvidia est une histoire très particulière, résultante de sa position de monopole (leur prix de vente est 3-5 fois trop élevé), et un investissement colossal dans les data centers d’IA.
Quant aux aides publiques, ST ne reçoit pas plus d’aides dans des nouveaux projets que ses concurrents. Tous les états essaient d’attirer sur leur territoire les Fabs semi-conducteurs.
Ce n’est pas parce que les autres États subventionnent que c’est bien. Contrepoints défend l’idée qu’il faut cesser de distribuer des aides aux entreprises (à STMicro comme aux autres) et qu’il faut baisser les impôts et les charges à due concurrence. N’est-ce pas le meilleur moyen de rendre nos entreprises compétitives ?
27% de part du capital détenu par deux puissances publiques, je n’appelle pas vraiment ça une nationalisation. Ça fait tout de même 73% de capital privé qui n’est pas plus efficace que le reste. Pourquoi ne les accusez-vous pas, eux aussi, de ce fiasco ?…
La sidérurgie française doit être soutenue pour une raison stratégique. En aucun cas elle doit être nationalisée aux vues de la capacité de l’Etat de gérer quoi que ce soit. Ce serait livrer un outil de production essentiel aux parasites.
Il faut faire attention à se renseigner un peu plus en profondeur avant de juxtaposer des brèves de comptoir catastrophistes qui induisent en erreur les béotiens. Le post est factuellement invalide et méthodologiquement absurde.Le marche du semi-conducteur est complexe.
1. Comparer un fabless et un IDM, c’est comparer un architecte et un maçon : l’un dessine, l’autre construit. Les métriques, les coûts, les marges et les risques ne sont tout simplement pas du même ordre de grandeur. ST a choisit un modele IDM, donc ST design et ST produit. Pourquoi donc ST n’arrêterait pas de produire? Nous aurions alors un article sur la desindustrialisation de la France et la perte de souveraineté… Les subventions ne sont pas un signe d’échec, mais un mécanisme normal dans les secteurs stratégiques (toutes les fabs mondiales reçoivent des aides, surtout TSMC, Samsung, Intel, TI: TSMC Arizona : + 52 Md$ US CHIPS Act – Intel : 40 Md$ sur 10 ans (US, Allemagne, Israël) – Samsung : plus de 25 Md$ de la Corée. Sans subventions, aucune fab n’existe. Les 2,9 Md€ pour ST à Crolles sont un cofinancement d’une fab de 7,5 Md€ qui crée ou sécurise 1 000 emplois directs + 3 000 indirects. ST est un des piliers européens du semi : seule firme EU avec fabs large volume, leader mondial en SiC auto, fournisseur clé de Tesla, Renault, Apple (MEMS), etc. Les leaders historiques des années 1980 cités (NEC, Hitachi, Motorola, Toshiba…) ont quasiment disparu du top 10.
ST, elle, est toujours vivante, rentable, leader dans ses segments, notamment les microcontrolleurs, les MEMS, le SIC
2. La position dans le ranking global n’a aucune signification. La “mauvaise place” de ST est un faux problème : elle est restée 10e–12e mondiale depuis 20 ans parce que son marché est structurellement plus petit, pas parce qu’elle aurait “échoué”. ST n’a jamais voulu être Nvidia, Intel ou Samsung : ce n’est pas le même marché.
3. On peut cependant comparer ST a Infineon. ST a un mix beaucoup plus diversifié qu’Infineon, et effectivement, les segments sur lesquels Infineon s’est focalise sur les 5 dernières annees ont cru plus vite que le marche. Mais il ne faut pas oublier que Infineon a racheté Cypress pour 9B$, ce qui gonfle son revenu par croissance externe.
4. Les suppressions annoncées chez ST toucheront surtout des employés dans les lignes de production traditionnelles / wafers “anciens nœuds technologiques”,
des effectifs industriels “non stratégiques” pour l’avenir (production “legacy”), des personnes en fin de carrière ou volontaires au départ. Le secteur des semi-conducteurs traverse en 2025 une période de réajustement structurel après le boom post-pandémie. Cela affecte aussi bien les fondeurs que les équipementiers. Les réductions touchent des géants historiques (Intel:25% des effectifs malgré 8 milliards de subventions, ce qui montre que aucune entreprise, même importante, n’est à l’abri des cycles de marché, des crises ou des erreurs stratégiques.
Les causes sont multiples : concurrence, changement de mix produits, régulations d’exportation, retournement de la demande, surcapacités — ce qui souligne la vulnérabilité d’un secteur stratégique et ultra-concurrentiel.
Ce post vise à produire un effet émotionnel, pas une analyse, sur la base d’informations. L’idéologie prime sur le sérieux. Et cela fait plus de mal a la société que des subventions au semi-conducteur européen.
« Le marché du semi-conducteur est complexe », dites-vous et vous avez raison de nous éclairer. Vous connaissez le sujet mieux que moi, c’est indéniable.
Cependant, je ne peux pas vous suivre lorsque vous écrivez « Sans subventions, aucune fab n’existe ». S’il y a un besoin pour les semi-conducteurs, il y aura forcément des fournisseurs. Ce n’est pas la subvention qui fait l’usine, c’est la demande. le marché de la drogue se porte très bien parce qu’il y a une forte demande. Pas besoin de subventions.
Ceci étant dit, moi aussi j’ai connu STMicro et notamment ses plans sociaux ou plans de départ extrêmement généreux comme on n’en voit seulement dans les entreprises totalement ou partiellement publiques. Tout cet argent dépensé pour acheter la paix sociale a forcément manqué à l’entreprise pour investir à bon escient.
Il y a la subvention pour dire « ne licenciez pas, ou alors après les élections ». Et la subvention pour dire « venez donc vous installer chez nous ». TSMC a reçu une subvention de 6 Mds de $ pour sa nouvelle fab aux US. Mais aucun licenciement n’est pour autant envisagé.
Parc contre, il n’y a pas le moindre écolo pour s’opposer à ces usines. Contrairement à la France, résolument tournée vers l’avenir. Quand à investir « à bon escient », c’est mal parti quand ce sont des a-techniques et autre compteurs de haricots qui décident. Il s’agit d’une activité technique, et la liasse de billet ne constitue pas un paramètre pertinent.
Pour les puces achetées actuellement par nVidia, Apple, Intel (oui !…) et pas mal d’autres, TSMC a embauché à tour de bras des PhD en physique du solide, 10 ans plus tôt. Quand les nôtres (si rares !) vivotent dans leur fac, dans le meilleur des cas… À la place, on embauche des gestionnaires. Mais dans les statistiques, « c’est pareil ». Ce sont des « bac +5 » banalisés (les gestionnaires ne savent pas compter plus haut).
Surtout ne pas nationaliser ni Arcelor ni une autre entreprise . Les français ont déjà mesuré , à maintes reprises, les effets de l’incompétence de ces zombis hors sol qui nous gouvernent et qui sans avoir jamais travaillé à la construction d’une entreprise , sans avoir jamais mis les pieds derrière une machine et investi leur propre argent , sans avoir jamais pris le moindre risque , prétendent tout savoir . L’exemple souligné par Philbert Carbon ne pouvait être meilleur , 1981 , la nationalisation de la sidérurgie .
Quel échec . Même Mittérand l’a reconnu . C’est tout dire .
Cet article dénote une méconnaissance du sujet et des biais idéologiques. Dans les années 90 les plus importants fabricants de puces électroniques étaient américains et européens auxquels s ajoutaient quelques japonais. 30 ans plus tard les européens ne sont plus dans la course. Et cela n a rien à voir avec les parts de l état dans les sociétés. Stmicroelectronics a d ailleurs mieux résisté que d autres. Quant aux subventions colossales de l état ou de l europe dans stmicroelectronics, elles 2 a 10 fois inférieures à celles que les états Unis, la Chine et Tawain font dans leur industrie du semi conducteur.
Mais est-ce que les pays qui n’ont pas de fabricants se portent plus mal que les autres ? Ou, pour poser la question autrement, en quoi le fait de subventionner STMicro at-il permis de faire émerger des décacornes françaises ?
Très bonne question, les investissements nécessaires pour suivre la course de la minutiarisation digitale, sont colossaux. Rattrapper le Taiwané TSMC est à la portée des Chinois et des Américains mais pas de STmicroelectronics et de la France. Seule une union européenne supranationale permettrait d’y arriver mais l’europe du semiconducteur n’existe pas. Quant au décacornes, oui il y a et en eu plusieurs souvent fondés par des chercheurs du CEA/LETI (70 startup créées en 50 ans) qui collaborent depuis 40 ans avec STmicroelectronics. L’émergence de SOITEC (2000 employés) en est un des plus beau exemple.
La bonne question à se poser est « est-ce que ArcelorMittal France a une chance d’être compétitive et rentable à terme ? »
En effet elle subit une forte baisse de demande en aciers (désindustrialisation de la France et de l’Europe) et une concurrence accrue d’importations d’acier à bas coût en provenance de pays hors de l’UE. De plus elle subit de forte contraintes environnementales (décarbonisation) et un cout très élevé de l’énergie.
Il y a malheureusement une forte chance que la réponse à la question soit négative avec les règles du jeu actuels (ouverture du marché européen aux importations hors UE, …).
Dans ce cas, une nationalisation temporaire de protection ne semble pas opportune. Il est préférable de dépenser l’argent public pour soutenir des activités industrielles d’avenir.
Plus généralement, l’histoire a montré que sur la durée l’état n’est pas le meilleur chef d’entreprise.
Les 73% sont du flottant donc ils n ont aucun réel pouvoir quant aux 2 actionnaires etatistes ils se bouffent le nez en permanence pour se repartir les postes……aucune stratégie claire n est définie….
Je crois que vous touchez du doigt un point essentiel : « se répartir les postes ». Sans la moindre compétence « métier ». Et avec une vision parasitaire de leur rôle.