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lundi 8 décembre 2025

ArcelorMittal : LFI persiste et signe pour la nationalisation

Temps de lecture : 2 minutes

Dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 novembre, l’Assemblée nationale a voté en première lecture une proposition de loi pour nationaliser ArcelorMittal. Présentée par La France insoumise, cette initiative a trouvé son public parmi les groupes de gauche, tandis que les députés soutenant le gouvernement ont voté contre et que le Rassemblement National s’est contenté de s’abstenir. Résultat : 127 pour, 41 contre, 42 abstentions. Il est vrai que l’adoption définitive de ce texte paraît peu probable, après analyse du Sénat, mais ce qui frappe surtout, c’est l’idée qu’une majeure partie de l’Assemblée nationale pense encore que la simple nationalisation pourrait résoudre tous les problèmes.

La nationalisation, défendue à grands coups de slogans sur la « souveraineté industrielle » et la préservation des plus de 15 000 emplois d’Arcelor, illustre parfaitement le décalage entre ambition idéologique et réalisme économique. Selon Aurélie Trouvé (LFI), le coût de l’opération serait de… 3 à 4 milliards d’euros ! Comme si l’Etat français avait des milliards à dépenser dans un domaine où il ne devrait pas intervenir, alors que la France croule sous une dette de 3 416,3 milliards d’euros.

Le chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s’est félicité de cette victoire sur X : « Cette nuit, une page d’histoire à l’Assemblée nationale. ArcelorMittal est nationalisé ! Pour la 1ère fois depuis 1982, une nationalisation en France. ». Il faut rappeler à Jean-Luc Mélenchon qu’Usinor et Sacilor, nationalisées en 1981, ont perdu 56 000 emplois entre 1982 et 1995.

Aurélie Trouvé a déclaré à la tribune de l’Assemblée qu’elle souhaite, grâce à la nationalisation, « faire de notre pays un leader mondial de l’acier vert, plutôt qu’un pays en déshérence industrielle ». Déshérence industrielle, effectivement, nous y sommes ! Mais plutôt que de rester dans le vieux réflexe socialo-étatiste, pourquoi ne pas alléger les 90,9 milliards d’euros qui pèsent sur l’industrie, déjà surtaxée par rapport à son poids réel ? Peut-être que des acteurs de l’acier vert investiront plus facilement en France avec un fardeau fiscal beaucoup moins important…

Bref, on a ici une loi symbolique, politicienne, qui ne résout aucun problème concret. Nationaliser ArcelorMittal, c’est promettre monts et merveilles avec l’argent des autres, tout en se garantissant un joli coup de com’ auprès des médias de gauche. A quand une proposition de politique industrielle à l’assemblée nationale qui mise sur la liberté d’entreprendre ?

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11 réponses

  1. On voit bien que ces gens n’ont aucune imagination et rabâchent toujours les mêmes âneries. Il n’y a que des idéologues pour ne pas apprendre de l’expérience, ou des imbéciles… mais ce sont souvent les mêmes !

    1. C’est vrai que nous devons « tirer les leçons de l’expérience ». Mais l’expérience que nous avons connue depuis les années 1970 n’est pas celle d’une gauche progressiste au pouvoir, mais plutôt celle d’une longue expérience néolibérale dans laquelle la même recette est répétée à l’infini : l’État doit se retirer, « laisser faire » et se contenter d’allégements fiscaux et de subventions, sans aucune véritable gouvernance sur les entreprises stratégiques. Résultat : les contribuables paient, les actionnaires encaissent, puis on nous dit que « l’État est un mauvais gestionnaire ».

      En ce qui concerne l’industrie sidérurgique, le récit présenté dans l’article est biaisé sur le plan factuel. Pour Unisor-Sacilor, l’histoire complète est la suivante : 1974 : 147,4 k (base) → 1981 : 97,2 k (−33,74 %) → 1982 : 87,2 k (−10,29 %) → 1995 : 38,5 k (−55,85 %) → 2006 : 30,0 k (−22,08 %) → 2024 : 15,4 k (−48,67 %).

      Avant 1981, Usinor et Sacilor, comme le reste de l’industrie, étaient déjà en grande difficulté, avec des dettes colossales (ratio d’endettement supérieur à 100 %). L’État a nationalisé, fusionné, pris en charge les pertes, financé les plans sociaux et restructuré la base industrielle. À la fin de la période publique, le groupe était désendetté, redevenu rentable et stratégiquement mieux positionné. Il a ensuite été privatisé, vendu et intégré à ArcelorMittal. Après la privatisation, l’endettement a repris et les licenciements se sont accélérés, tandis que l’État continuait à financer sans vergogne le groupe. Si nous voulons vraiment « tirer les leçons de l’expérience », nous devons reconnaître que l’État a socialisé les pertes, puis que les profits retrouvés ont été privatisés.

      Dire aujourd’hui que la nationalisation d’ArcelorMittal serait un « caprice idéologique », sans même comparer ce scénario au coût cumulé des aides, des exonérations et des plans sociaux versés à un groupe privé, n’est pas du réalisme économique. C’est précisément de l’idéologie néolibérale : l’idée que la propriété publique est fondamentalement un problème, même lorsque les chiffres montrent qu’elle a stabilisé un secteur en crise.

      Un débat sérieux ne consiste pas à traiter ses adversaires d’« idiots », mais à proposer des alternatives concrètes :

      -Soit continuer à subventionner un géant mondial privé sans contrôle démocratique sur sa stratégie,

      -Soit adopter la nationalisation moderne, sous réserve d’objectifs clairs en termes d’emplois, d’acier vert, d’investissements et de redistribution des bénéfices à la communauté.

      On peut ne pas être d’accord sur le meilleur outil, mais il est difficile de prétendre que la nationalisation a été un échec total, alors que c’est précisément après son succès relatif que le secteur a été revendu au secteur privé. C’est là la véritable « leçon à tirer de l’expérience ».

      1. Question ! : Pourquoi l’état a revendu les dites entreprises alors qu’elles étaient positives ? On ne vend pas une entreprise qui marche bien, puisqu’il y a de l’argent à faire.

  2. Tous les députés savent pertinemment que cette proposition de loi comme celles pour le budget ne verront jamais le jour
    L Assemblée nationale est devenue une arène ou nos vaillants gladiateurs font leur numéros de claquettes!!!!

  3. On peut ne pas être de gauche et approuver la nationalisation comme mesure de sauvegarde provisoire d’une industrie qui doit rester nationale

  4. Je n’ai jamais été de gauche mais je connais très bien la sidérurgie pour avoir été ingénieur d’aciérie et être d’une famille de sidérurgiste (dans la direction générale). Il est vital pour la France de conserver une sidérurgie puisque le fer est un composant de base, indispensable, de millions de produits quotidiens, et que dépendre du reste du monde pour cela peut devenir critique voire mortel, en cas de crise mondiale durable. Les investissements et frais de fonctionnement pour les usines sidérurgiques sont très lourds et rapportent peu. MAIS, démanteler les nôtres serait quasi-irréversible. De plus, le savoir-faire important qui y est lié serait perdu. Donc oui, s’il faut nationaliser, le dogme libéral ne doit pas interférer pour l’empêcher. Il est bien plus intéressant économiquement de mettre à pied trois millions (au moins) de fonctionnaires français en surnombre que de « ferrailler » l’outil sidérurgique. Il y aura toujours moyen dans le futur de réembaucher des fonctionnaires en surnombre mais aucune possibilité de recréer une sidérurgie qui a été abandonnée. C’est l’évidence.

  5. Pourquoi voudriez vous que ces zèbres pensent autrement ? Ils n’ont rien compris à l’économie , au marché ses atouts et ses dangers, et pas davantage compris que les fonctionnaires sont les seuls à qui il ne faut surtout pas demander de gérer. Vous voulez des exemples ? Allez , un seul . A l’époque où ils étaient gérés par l’Etat les autoroutes de France affichaient un royal déficit. Vinci signe une concession d’exploitation et voilà qu’un grand fonctionnaire , Bruno Le Maire , consdère que les autoroutes gagnent trop , qu’il est nécessaire de réviser le contrat de concession et de raccourcir ce dernier pour reprendre la main .
    Ca c’est du boulot . Alors voyez les fonctionnaires ou tout homme en gris de la haut , surtout pas .

  6. Il faut nommer delogu comme nouveau président d’Arcelor Mittal. Je suis sûr que cette entreprise ressuscitera et deviendra un leader mondial !!!

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