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samedi 9 mai 2026

Nationalisation de TotalEnergies : la démagogie de LFI

Temps de lecture : 2 minutes

En matière économique, LFI se démarque régulièrement par ses propositions toutes aussi démagogiques les unes que les autres. Sur RTL, la députée Clémence Guetté a évoqué la possibilité de nationaliser TotalEnergies, au moins pour ses activités de raffinage et de distribution, pour contrer la hausse des prix du carburant. Une opération qui serait, selon elle, « rentable dès la première année ». Une mise au point s’impose.

Première réalité : les prix des carburants ne dépendent pas du statut de l’entreprise, mais des cours mondiaux du pétrole. La fermeture du détroit d’Ormuz et les tensions géopolitiques pèsent infiniment plus que la structure capitalistique du groupe. Ensuite, comme Isabelle Patrier, directrice France, a eu l’occasion de le rappeler lors d’une audition à l’Assemblée, la France est le seul pays dans lequel Total plafonne les prix (1,99 € par litre pour l’essence et 2,25 € pour le diesel), mais M. Pouyanné vient d’annoncer que si Total est taxé pour superprofits, on pourra dire adieu au plafonnement... Ce plafonnement est supporté entièrement par l’entreprise, et non par l’État ou le consommateur, et il permet d’avoir des prix significativement plus bas que la moyenne nationale (2,23 € par litre).

Deuxième réalité, systématiquement éludée : la fiscalité. TotalEnergies est déjà fortement imposé, avec un taux d’imposition mondial moyen de plus de 40 %. Contrairement à une idée largement répandue, ses activités en France sont régulièrement déficitaires. C’était le cas notamment entre 2021 et 2024. Cela n’a toutefois pas empêché le groupe de s’acquitter de 243 millions d’impôts en 2024, soit le huitième montant le plus élevé dans 69 pays dans lesquels l’entreprise est implantée. Comme Erwan Queinnec l’a expliqué dans un précédent article, ces pertes sont très probablement économiques et non purement fiscales. La nationalisation, en plus de représenter un engagement financier considérable, n’aura donc aucune influence sur les lieux où Total réalise le plus de bénéfices, et rien ne permet d’affirmer qu’elle rapportera « 30 milliards de plus dans la caisse de l’État en cinq ans ».

Troisième réalité : l’accès à l’information. La nationalisation reviendrait à transférer au secteur public des activités parmi les plus exposées à la volatilité des marchés. Or, l’État ne dispose pas de l’information nécessaire pour gérer efficacement une entreprise. Dans une économie de marché, les décisions reposent sur une multitude de signaux décentralisés que seuls les acteurs directement engagés peuvent capter et exploiter en temps réel. Une administration centralisée, par définition, n’a accès qu’à une information fragmentée. Le risque : des décisions mal calibrées, dictées davantage par des considérations politiques que par des impératifs économiques.

Plus fondamentalement, la nationalisation pose un problème moral dans la mesure où elle n’est rien d’autre qu’un vol légalisé par l’État. Derrière l’illusion du terme (la nation n’est pas une réalité concrète permettant de reconnaître à 68 millions de personnes un quelconque droit de propriété), elle revient, ni plus ni moins, à donner un blanc-seing à des hommes politiques n’ayant aucune compétence reconnue pour gérer une entreprise correctement.

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11 réponses

  1. LFI devrait se rappeler de la prise de contrôle de la PVDSA par Chavez, en 2003 et 2007, qui s’est traduite par une augmentation spectaculaire du nombre d’employés, politiquement fiables mais peu compétents, et une chute aussi spectaculaire de la production de pétrole ( divisée par 3 )

  2. Et que dire des magouilles de Mitterand avec ELF avant sa privatisation avec Total. Ce boulet fut long à digérer! …et des gros malins de gauche voudraient bien que ça recommence, on les comprend !

  3. Malheureusement ces idées de LFI sont populaires parmi nos jeunes, même dans l’enseignement supérieur . L’idée que les biens communs seraient mieux gérés en étant nationalisés que par le privé séduit pas mal de monde. Ces jeunes ont oublié les déboires économiques du communisme.

      1. On ne leur apprend pas ces choses là volontairement, les moutons n’ont pas besoin d’être instruits, il ne faut surtout pas qu’ils puissent réfléchir

    1. Ces idées sont populaires chez une majorité de français et pas seulement à gauche et chez les jeunes
      Les populistes de gauche ne font que répondre à ceux du RN ( taxation des superprofits)
      C est un festival de démagogie et de clientelisme

  4. La nullité crasse de ces députés LFI est désespérante. Total énergie nationalisé, c’est d’abord la spoliation de ses 550 000 actionnaires et ensuite l’assurance de la survenue rapide des pertes pour tous !

  5. Il y a bien longtemps, si on peut dire, une certain Mitterrand, associé à toute une bande de prédateurs dont un dénommé Mauroy , alors 1er Ministre, ont nationalisé les plus belles entreprises de France. Qu’aveint il quelques années plus tard. Elles étaient toutes pratiquement en dépôt de bilan et furent toutes revendus pour le franc symbolique. LFI veut renouveler l’expérience, mais la France est pratiquement en Faillite, les caisses sont vides, ou trouver l’argent pour faire tourner l’entreprise, qui d’ailleurs est une entreprise Française sur le papier.

  6. C’est pas la première fois que LFI raconte des âneries et il faut reconnaître que Clémence Guetté tient la corde dans ce domaine. Je présue que pour financer cette belle ouvrage elle prévoit un impôt exceptionnel durable sur la fortune et les hauts revenus .

  7. Si j’ai bien compris ils veulent nationaliser l’outil de raffinage. Le prix du pétrole qui est le produit pour fabriquer de l’essence n’est pas fixé par le raffinage, mais par le marché international. Et comme l’outil de raffinage est déficitaire presque tout le temps, je me demande comment ils vont faire pour vendre moins cher. On attend le libéralisme Maxime pour nous expliquer.

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