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mercredi 10 juin 2026

Le géant pétrolier Shell tourne le dos à la France

Temps de lecture : 2 minutes

Ce n’est pas encore officiel. Selon les informations du journal Les Echos, le groupe pétrolier Shell envisage de se séparer de son réseau de stations-service en France d’ici 2027. À première vue, cette décision peut paraître surprenante : les stations-service de la multinationale, principalement situées sur les autoroutes, sont rentables. En 2025, elles auraient généré un bénéfice de 108,5 millions d’euros. Mais cette rentabilité ne suffit plus à justifier la présence de Shell dans un environnement jugé peu stratégique.

Elle présente plusieurs inconvénients. Tout d’abord, les marges sur les carburants y sont faibles : selon Francis Pousse, président national carburant chez Mobilians, les hypermarchés captent environ 65 % du marché via leur 5 000 points de vente, ce qui réduit les marges des opérateurs traditionnels. Dans le cas de Shell, une grande partie des profits provient des commerces annexes (restauration, cafés, boutiques), et non de l’essence.

Ensuite, Shell ne possède pas directement ses stations françaises : elles fonctionnent via des concessions accordées par des groupes autoroutiers comme Vinci, Cofiroute, ASF. Cela implique des coûts, des contrats contraints dans le temps et des appels d’offres réguliers qui réduisent la visibilité des investissements. Près de 40 % des stations-services pourraient ainsi être remises en concurrence d’ici 2028.

Mais le plus important est ailleurs : sous la direction de Wael Sawan, Shell privilégie les activités les plus rentables et les plus stratégiques, notamment dans le gaz naturel liquéfié (GNL). En témoigne l’acquisition récente de ARC Resources, entreprise canadienne de gaz et de pétrole, pour la modique somme de 16,4 milliards de dollars. En parallèle, Shell a réduit plusieurs projets en France (mais aussi en Europe), comme les bornes de recharge électrique ou les carburants durables dans l’aviation. C’est une occasion de rappeler que les politiques en faveur de la transition énergétique ne suppriment pas les besoins en pétrole, en raffinage ou en carburants, et que ces besoins ne sont pas prêts de disparaître à échelle mondiale : plus de 80 % de l’énergie consommée était d’origine fossile en 2024.

Le retrait de Shell rappelle également que les entreprises privées arbitrent leurs investissements en fonction de la rentabilité, de la sécurité juridique et du climat politique. Or, en France, une partie de la classe politique ne cesse de réclamer à la fois des carburants bon marché, davantage de souveraineté énergétique et une taxation toujours plus agressive des groupes pétroliers. Certains vont même jusqu’à soutenir la nationalisation de TotalEnergies. Le fait de considérer systématiquement les acteurs énergétiques comme des ennemis politiques plutôt que comme des partenaires industriels a probablement conforté Shell dans sa décision.

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7 réponses

  1. « Or, en France, une partie de la classe politique ne cesse de réclamer à la fois des carburants bon marché, davantage de souveraineté énergétique et une taxation toujours plus agressive des groupes pétroliers. »
    Une partie….. La coalition écolococolfiste pour ne pas la nommer avec l’escrologie à la barre qui rêve de renvoyer le bon peuple à la marche à pied et à la bicyclette au nom de la « décarbonation » de la planète.

    1. …pour nous mais par pour eux… Come d’hab’ avec les gauchos bobos de tout bord, « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

  2. Les idées gauchistes /communistes continuent de nuire à notre pays et à notre économie mais on continue de foncer d ne le mur…. Et Foutriquet 1er quinpense que notre pays est le plus attractif pour les investisseurs… il n’y a que lui qui croit (peut être) encore à ses mensonges

  3. L environnement industriel et commercial en France ne cesse de se dégrader
    Les entrepreneurs ne sont pas masochistes et vont au plus offrant

  4. Je souscris totalement. Néanmoins, la France, ce serait 12 000 kms d’autoroute (on serait classé 3ème, l’Allemagne nous dépassant à peine) en Europe. Nous aurions pu penser que nous étions « incontournables ». Décidément..

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