Bis repetita, les étatistes ne veulent décidément pas lâcher le morceau. Alors que dans la nuit du 27 au 28 novembre 2025, l’Assemblée nationale avait adopté en première lecture une proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal, le texte a finalement été rejeté au Sénat en février. Qu’à cela ne tienne : le projet de nationalisation de l’industrie sidérurgique refait surface. Il a cette fois été repris par le groupe de la Gauche démocrate et républicaine, qui rassemble communistes et élus ultramarins.
Lors du vote à l’Assemblée nationale, 106 députés se sont prononcés pour, contre 49. Parmi les soutiens, on retrouve sans surprise les groupes de la France insoumise, des écologistes, ainsi que des socialistes et apparentés. À noter, là aussi sans surprise, l’abstention du Rassemblement national.
À l’origine de cette volonté de nationalisation, La France insoumise justifie sa démarche en affirmant qu’elle permettrait d’assurer « la pérennité d’une filière stratégique pour l’ensemble de l’industrie française (automobile, transports collectifs, énergie…), celle de l’acier et ses dérivés », tout en préservant « la quinzaine de milliers d’emplois du groupe dans le pays, alors que celui-ci menace purement et simplement de quitter la France ».
L’intention part d’un bon sentiment. Mais, comme toujours, les raisonnements de la gauche semblent partir de la branche de l’arbre plutôt que de sa racine. Avant même de vouloir pérenniser une industrie, encore faudrait-il qu’elle soit en mesure de prospérer. Or ce n’est pas le cas aujourd’hui. Et si cela n’est pas uniquement un problème en soi — l’évolution économique faisant son œuvre — force est de constater que l’industrie française peine à exploiter pleinement son potentiel, notamment en raison d’un niveau de prélèvements particulièrement élevé. Elle supporte ainsi près de 90,9 milliards d’euros de prélèvements obligatoires, hors droits de douane. Rapporté à sa part dans la richesse nationale, estimée à environ 15 %, ce niveau apparaît difficilement soutenable.
Quant à l’argument selon lequel la nationalisation préserverait les emplois, l’histoire montre tout le contraire. Prenons l’exemple de la nationalisation d’Usinor et Sacilor en 1981. À partir de 1982 et ce jusqu’en 1995, les effectifs de la sidérurgie française sont passés de 95 000 à 39 000, soit une perte de 56 000 emplois en une douzaine d’années.
Et dans le cas où, cette fois-ci, la nationalisation permettrait réellement de préserver les emplois… à quel prix le ferait-elle pour le contribuable ?
Comme le rappelle justement le députéPhilippe Juvin : « La nationalisation risque de transférer un risque des actuels propriétaires aux contribuables ». Il ajoute : « En quoi la nationalisation d’Arcelor réglerait les problèmes de fond ? Prix de l’énergie, surcapacité mondiale de production, concurrence chinoise ».
Derrière la promesse de protection, est-ce que nationaliser suffit vraiment à résoudre les véritables problèmes de fond qui, eux, ne disparaissent jamais par décret ? La réponse est évidemment non.
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