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samedi 18 avril 2026

Non, Mme Thoury, le CESE n’est pas un contre-pouvoir

Temps de lecture : 2 minutes

Comme tous les cinq ans, le 20 mai prochain, les conseillers du Conseil économique, social et environnemental (CESE) devront élire leur nouveau président. Certains ont déjà présenté leur candidature, comme Claire Thoury, présidente du Mouvement associatif, conseillère au CESE et soutenue par plusieurs syndicats (dont la CFDT, la CGT, FO…).

Quelle n’a pas été notre surprise de découvrir, dans une interview pour La Tribune du Dimanche, son ambition pour cette institution au coût de 34,1 millions d’euros. Mme Thoury, qui a fait une grande partie de sa carrière dans le secteur public (mairie de Paris, ministère en charge de l’enseignement supérieur, CESE) et associatif (Animafac), considère en effet que le CESE devrait être un « acteur pour la résolution des crises que traverse le pays », que ce soit dans le domaine agricole, du logement, de l’emploi des jeunes ou des finances publiques. Comment un tel « machin », dont les membres travaillent moins de 35 heures par semaine, pourrait-il résoudre des crises ? Comme la Cour des comptes l’a relevé, le CESE prétend respecter le régime des 1607 heures, tout en incluant les jours fériés dans les jours ouvrés. Par ailleurs, cette agence consultative est si peu consultée que la majorité de ses travaux sont menés dans le cadre d’auto-saisines : elles s’élèvent à 131 depuis 2019, contre 34 saisines externes (incluant les saisines obligatoires pour certains projets de loi).

Ensuite, Claire Thoury affirme que l’objectif du CESE devrait être « d’accompagner la décision publique dans la réponse à des besoins concrets, conformes à la réalité, pas en fonction de présuppositions ou de fantasmes ». Que dire alors, de la dernière séance plénière sur les stratégies anti-genre et les mouvements « masculinistes » ? Où est le besoin concret dans le fait de réunir près de 124 personnes pour voter une résolution qui défend l’idée d’une internationale réactionnaire ? Cet exemple suffit pour se demander si le CESE est le reflet de la société civile ou le porte-voix d’une certaine gauche institutionnelle.

On peut se poser la question : cette fausse agora, cet organisme d’inutilité publique qui s’ajoute à de nombreuses autres instances, conseils et comités, joue-t-il réellement le rôle d’un contre-pouvoir, comme le prétend Mme Thoury, ou permet-il avant tout des fins de carrière honorifiques ?

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8 réponses

  1. Écran de fumée, poudre aux yeux afin de justifier les statuts d’apparatchiks des membres du Conseil , nommés de façon assez opaque, qui se créent des rôles de promoteurs de la démocratie taillés sur mesure.
    Une novlangue mentionnant « l’accompagnement de la décision publique dans la réponse à des besoins concrets,,, » digne d’une démocratie populaire d’il y a quarante ans !
    L’affirmation quotidiennement renouvelée dans l’hexagone des bénéfices du socialisme à visage humain pour ne pas qu’on les oublie..
    En pleine période de guerre longue en Europe de l’est, de surendettement et de choc pétrolier probable.
    RIEN ne saurait arrêter ces gens là et surtout pas la réalité..

  2. On cherche de l’argent pour atténuer la hausse du prix du carburant, c’est le moment de supprimer le CESE !

  3. Le CESE ne représente ni un pouvoir, ni un contre-pouvoir. C’est simplement un organisme coûteux, inutile voire néfaste à l’économie et à la société, réservé à une « pseudo élite » de gauche bien payée pour peu de présence au travail..

  4. Comment faire pour supprimer ce bidule qui ne sert strictement à rien et qui coûte bonbon aux finances publiques ?
    Une réforme constitutionnelle ? Par référendum comme en son temps par le président de Gaulle mais qui avait échoué
    La méthode la plus simple serait de réduire dratisquement leur subventions voire les assécher complètement

  5. Ne demandez pas à Mme Thoury de justifier du bien fondé de son action , elle ne sait que brasser du vent au frais des contribuables . Il serait préférable de supprimer le CESE dont l’inutilité est confirmée , sauf par ses membres . Mais 35 millions par an c’est cher la gamelle.

  6. Le CESE, un conseil d’inutilité publique, j’aime bien. Cette dame est une sociologue (par sa thèse de doctorat en Sorbonne) autrement dit une brasseuse de vent tendance marxiste. De plus elle a présidé le machin Convention sur la fin de vie avec les conclusions contestées qu’on connaît. Afuera comme on dit dans l’internationale réactionnaire.

  7. Rappelons le lâche et hypocrite rejet de la demande populaire contre le « mariage pour tous »…
    Il faut une révision constitutionnelle pour nous en débarrasser, mais les verrous sont nombreux notamment de la part de parlementaires qui rêvent d’y finir leurs jours ou d’y caser des proches!

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