Il y a des grèves dont on ne parle pas ou très peu. Lorsque les cheminots ou les contrôleurs aériens annoncent des arrêts de travail, ils font la Une des médias. Quand les pharmaciens se mettent en grève, comme c’est le cas depuis le 1er juillet, ils n’ont droit qu’à un entrefilet, et encore. Pourtant, leur colère mériterait plus d’attention. C’est le gouvernement qui l’a déclenchée en prévoyant de réduire les dépenses de santé de 1,7 milliard d’euros en 2025, dont 500 millions affecteraient le médicament. Nos décideurs veulent faire des économies. Louable action mais mauvaises méthodes. Car, au lieu de s’en prendre au monopole et à la bureaucratie du système de santé français, ils se sont mis en tête de réglementer les prix des médicaments. L’État envisage de les baisser et de plafonner, à un taux compris entre 20 et 25 % contre 40 % actuellement, les remises accordées par les laboratoires aux pharmacies sur les génériques. « S’obstiner à réguler le médicament par le prix année après année, c’est toujours moins de médicaments innovants en France et plus de pénuries au détriment des patients » soutient le syndicat professionnel des entreprises du médicament (Leem). Et ces mesures, ajoute-t-il, pénaliseront les pharmacies qui emploient environ 146 000 personnes en France. Il a raison.
N’en déplaise à certains, les médicaments sont des produits comme les autres, fruits sophistiqués de longs processus de recherche et de fabrication dans un secteur certes vital, mais comme d’autres. En s’immisçant sur ce marché, l’Etat le dénature et outrepasse son rôle. Il est vrai que le système français, à cause du monopole de la Sécurité sociale, est complètement étatisé et soumis à l’interventionnisme politique. Mais en fait d’économies, ce sont des pénuries de médicaments que nous risquons de provoquer. On peut être certain que, si cela arrivait, tout le monde, et l’Etat le premier, accuserait les laboratoires pharmaceutiques de n’avoir pas fait leur travail… Des économies ? Oui, en s’attaquant à la bureaucratie de la Santé et en ouvrant le système à la concurrence.
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