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lundi 15 juin 2026

« Nouvelle France » : Jean-Luc Mélenchon nous prend vraiment pour des imbéciles

Temps de lecture : 3 minutes

Nouvelles polémiques sur le concept de « Nouvelle France » lancé par le fondateur des Insoumis avec pour objectif la conquête de l’Elysée en 2027. La subtilité du concept aurait échappé à ses détracteurs qui, en le qualifiant de « racialiste », trahissent par là même le racisme qui les motive…

 Tout à son obsession de devenir chef de l’État et d’instaurer sa dictature vénézuélienne, Jean-Luc Mélenchon nous raconte depuis des années (au moins depuis novembre 2018, dixit le député LFI Eric Coquerel) qu’il existerait ce qu’il appelle une « Nouvelle France ». Il s’agit de la France des banlieues, celle des personnes « racisées », dont il lorgne les votes ; de ces nouveaux Français issus de l’immigration, surtout africaine et plus encore africaine du Nord, fréquemment de confession musulmane. Le meneur des Insoumis a également utilisé le concept de « créolisation » de la France pour signifier que le présent comme l’avenir appartenaient aux populations mélangées.

L’idée d’une « Nouvelle France » est en elle-même clivante puisqu’elle suppose une « Ancienne France » (nous ne savons pas si cette expression mérite, elle, une majuscule…), celle des « Français de souche », catholiques de type caucasien plus ou moins dégénérés qui, tout particulièrement, peuplent nos bourgs et nos campagnes.

Toujours provocateur (sans que l’on sache très bien s’il s’agit, à l’origine, d’un dérapage ou d’une tactique mûrement réfléchie), Jean-Luc Mélenchon a appelé au « grand remplacement » de ces Blancs dépassés en détournant un slogan rance de l’extrême droite.

Jean-Luc Mélenchon, spécialiste de la contre-culture occidentale

On dit Jean-Luc Mélenchon cultivé, à tout le moins le plus cultivé des Insoumis (ce qui pourrait ne pas apparaître comme une performance…). Pourtant, sa conception de l’histoire de France et plus largement de l’histoire occidentale semble connaître quelques graves défaillances. Le 4 mars, il assurait lors d’une réunion que Notre-Dame de Paris avait été construite grâce au savoir musulman rapporté des croisades, les bâtisseurs de cathédrales n’étant au courant ni de la physique, ni des mathématiques, ni de la chimie pour faire des vitraux. Une idée fixe chez lui puisque le 18 juin 2025 déjà, il assurait que c’était Saladin qui avait appris aux bâtisseurs de cathédrales à les faire, à fabriquer des vitraux et à manier les mathématiques. Ces allégations ont eu beau être mises en pièces par les meilleurs spécialistes (voir par exemple Pauline de Préval, Le JDD, 14 mars 2026 ; Sylvain Gouguenheim, Le Figaro, 24 avril 2026), notre oracle de la contre-culture occidentale n’en a eu cure.

Il est encore allé plus loin dans la détestation de la France, de ses traditions et de sa population historique (ne lui en déplaise). Le 18 mars, défendant une fois encore son idée de « Nouvelle France » à la suite de l’élection du nouveau maire de Saint-Denis, confirmant ses élucubrations historiques, il a insulté l’ancienne France, « tout blanc, tout moche que vous êtes ». On imagine le tollé si un homme politique de droite avait tenu le même discours en changeant la couleur de peau des personnes visées…

Jean-Luc Mélenchon, l’incompris ?

Le meneur des Insoumis n’est pas verni. En effet, à l’en croire, ses déclarations seraient systématiquement mal interprétées. Non, il ne serait ni « racialiste », ni antisémite. Un article récent paru dans Libération (8 juin 2026) et intitulé « « Nouvelle France », la formule plastique du leader insoumis » permet de faire le point. Il explique que le concept de « Nouvelle France » se décline en fonction des publics et des circonstances. Les parlementaires Insoumis qui sont cités jurent leurs grands dieux que le concept est rassembleur, qu’il est de nature à unir la nation. Quant au Leader Minimo, il fait planer la menace de poursuites judiciaires (devant les tribunaux bourgeois) sur ceux qui oseraient l’accuser de racisme. D’après Manuel Bompard, son fidèle lieutenant, « nous n’avons jamais racialisé le concept de nouvelle France, c’est l’extrême droite qui le fait ».

Mais, de la même manière que son parti flirte (et même plus) avec l’antisémitisme, de la même manière que lui-même écorche certains noms juifs en se défendant de toute intention maligne, le procédé est trop grossier pour qu’une personne normalement constituée ne le voie pas venir avec ses gros sabots. La tactique, très primaire, est d’agréger les votes des banlieues, d’inciter des populations souvent abstentionnistes à lui accorder leurs suffrages pour arriver à ses fins électorales. De là, le battage médiatique sur la bande de Gaza, le tropisme sur la question palestinienne en évinçant toutes les autres questions internationales.

Jean-Luc Mélenchon réussira-t-il son pari ? Parviendra-t-il à briser son plafond de verre, à accéder enfin au second tour de l’élection présidentielle et à y vaincre le représentant du Rassemblement National ? Nous faisons le pari qu’il n’en sera rien. Sa tactique cousue de fil blanc (si l’on peut dire…) qui sonne comme une insulte à l’égard des familles de ceux qui ont bâti le pays (et pas seulement les cathédrales) ne lui portera pas bonheur.

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