Les résultats du premier tour des élections législatives sont sans appel : l’union de la gauche s’est imposée grâce à ses 25,66 % des votes comme la principale force d’opposition face à la majorité présidentielle (25,75 %). Nupes, une AOP Insoumise ?
« Ma personne est sacrée ! La République, c’est moi ! ». Aurait-on tendance à pardonner bien vite les excès mégalomanes de Jean-Luc Mélenchon ? Ses meetings en hologrammes n’étonnent plus, ou du moins, pas plus que ses écarts (comme ici, en roi Soleil face à un policier lors d’une perquisition le 16 octobre 2018 dans les locaux LFI). Personne n’est dupe : Nupes, c’est l’autre nom des Insoumis. L’affiche de la campagne, d’ailleurs, ne trompe pas : le V de la victoire, multicolore, est le symbole de l’union des formations insoumise, d’abord, mais aussi socialiste, écologiste et communiste. Sur certaines affiches, un portrait : Jean-Luc Mélenchon, fier et souriant, trône au-dessus de sa nouvelle devise, « Mélenchon Premier ministre ». Le programme commun, dont l’introduction est signée de sa main, n’est d’ailleurs qu’un simulacre de compromis reprenant presque point par point les promesses de l’ancien candidat à la présidentielle.
Derrière la coalition, un rêve de conquête
Dans son rêve de conquête, celui qui se voit siéger à Matignon mise donc sur le monopole des gauches, encouragé par ses 21,95% d’avril, pour faire plier la Macronie en forçant la cohabitation. Pour ce faire, la Nupes s’appuie sur ses électeurs d’avril, sans prendre en compte le facteur inévitable de l’abstinence l’abstention dans une élection qui, traditionnellement, ne mobilise ni les jeunes, ni les classes populaires. Ce sont eux, pourtant, qui ont voté en foule pour le candidat Insoumis, alors que le différentiel de participation tourne à l’avantage de la majorité présidentielle, dont l’électorat boude moins les urnes.
Mardi 7 juin, le Conseil d’Etat donnait raison à la Nupes en lui accordant de se présenter comme « nuance politique unique », sans distinction des différents partis politiques qui la forment. Seuls en seront exclus les Verts qui seront comptabilisés sous la nuance « ECO » regroupant les mouvements écologistes n’appartenant pas à la Nupes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les 544 candidats investis par la coalition, plus des deux tiers sont des Insoumis. Que deviendront, alors, les étiquettes politiques de ces partis une fois les sièges attribués, alors que les candidats se présentent autour d’un programme partagé dans l’ensemble des circonscriptions ? « Notre majorité parlementaire sera composée à l’Assemblée nationale de plusieurs groupes politiques réunis au sein d’un intergroupe. Il servira de lieu de discussion et de coordination permanente entre ses différentes composantes » annonce la Nupes en introduction à son programme.
N’oublions pas, du reste, les promesses utopiques que la famille élargie de l’Insoumis a calquées sur les engagements de sa campagne présidentielle. En tête de liste, les financements miraculeux d’un Etat-providence qui ne va pas cesser de distribuer l’argent qu’il n’a pas : augmentation du SMIC à 1500 euros, retraite à soixante ans, allocation autonomie pour jeune de 1000 euros (mais bien sûr, le vote ne s’achète pas)… Les fonds ? La Nupes « sait où les trouver ». Si la dépense publique était le gage d’une croissance durable, la France — championne dans ce domaine — devrait déjà s’en féliciter.
Mélenchon le tout-puissant
Quant aux voix dissidentes qui osent affronter l’aspirant Premier ministre ? Elles sont rares à monter au créneau, même lorsque Jean-Luc Mélenchon clame que « la police tue » : ni Olivier Faure, ni Fabien Roussel, personne n’a osé crier au scandale face à l’abjection d’une telle assertion. Yannick Jadot, pourtant, contestait les mêmes propos, tenus cette fois par Philippe Poutou, chef de file du Nouveau Parti anticapitaliste, en octobre dernier. Cette fois, l’écologiste s’est tu. Ce n’est d’ailleurs pas là le premier écart du chef de file des Insoumis. Un accord en trompe-l’œil ? Il fallait pour la gauche une figure fédératrice : Jean-Luc Mélenchon a saisi l’opportunité en s’imposant comme le héraut qu’elle attendait, à condition, toutefois, de se plier à sa propre vision dans une soumission consentie.
Que deviendra la Nupes, une fois l’été passé ? Si l’accord, tel qu’il a été conclu, ne devait concerner que les législatives, la perspective d’un futur fonctionnement dans une structure pérenne destinée à assoir l’influence de Jean-Luc Mélenchon ne semble pas incohérente. Jean-Christophe Cambadélis, ancien premier secrétaire du PS, en prévoit déjà l’implosion : « Nous savons tous que, dans quelques semaines ou quelques mois, Olivier Faure rompra son accord avec Jean-Luc Mélenchon. Pour gagner le prochain congrès socialiste, il sera obligé de le faire […]. Entre temps, on aura installé Jean-Luc Mélenchon comme clef de voûte de l’ensemble de la gauche ».
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2 réponses
En attendant, on ne peut que dire “chapeau l’artiste” devant la manoeuvre, et déplorer pour la nième fois la nullité opérationnelle de la droite, dont les idées sont majoritaires dans le pays.
Le passé a toujours montré que lors d’une coalition, c’est le parti majoritaire qui domine et impose ses idées (on l’a vu à gauche mais aussi à droite).
Si la NUPES devait avoir la majorité absolue pour provoquer une cohabitation, ces sera LFI qui dictera la conduite à suivre avec tous les inconvénients qui en suivent (et pas qu’économiques!). Ce sera le cahot dans le pays.
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2 réponses
En attendant, on ne peut que dire “chapeau l’artiste” devant la manoeuvre, et déplorer pour la nième fois la nullité opérationnelle de la droite, dont les idées sont majoritaires dans le pays.
Le passé a toujours montré que lors d’une coalition, c’est le parti majoritaire qui domine et impose ses idées (on l’a vu à gauche mais aussi à droite).
Si la NUPES devait avoir la majorité absolue pour provoquer une cohabitation, ces sera LFI qui dictera la conduite à suivre avec tous les inconvénients qui en suivent (et pas qu’économiques!). Ce sera le cahot dans le pays.
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