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samedi 14 février 2026

Paniers bio pour les femmes enceintes ou comment jeter l’argent public par la fenêtre

Temps de lecture : 2 minutes

La distribution de « paniers bio » (en majorité des fruits et légumes, issus de l’agriculture biologique provenant de producteurs locaux) destinés aux femmes enceintes se propage dans toute la France. Cette initiative est née à Strasbourg, ville dirigée par la maire écologiste Jeanne Barseghian. Depuis, plusieurs villes de gauche ont suivi le mouvement, Rennes ou Montpellier par exemple ; des intercommunalités et des communautés d’agglomération proposent également cette politique.

La communauté d’agglomération de Grand Cognac (Charente), présidée par un édile centriste, en fait la promotion dans son magazine n°15 d’hiver 2026. L’intercommunalité vante cette initiative sur une pleine page (en photo ci-dessus) et explique notamment que les paniers bio sont pris en charge par Grand Cognac jusqu’à 90%. Interrogée par le média écologiste Vert, Pascale Belle, vice-présidente adjointe au développement durable, estime que « nous devons aider l’installation de maraîchage bio ».

Les paniers bio sont en vogue en Charente ; la communauté d’agglomération de Grand Angoulême (dirigée par le maire d’Angoulême, de centre-droit…) en propose également. Toujours dans le média Vert, Michel Buisson, conseiller communautaire de Grand Angoulême délégué à la politique de l’emploi et de l’insertion et à la santé, explique que la mesure recueille un large consensus : « On a une agglo très hétéroclite qui va de l’extrême gauche à la droite et le sujet fait quasi-unanimité […] Pour la deuxième année du programme, nous avons proposé 120 000 euros et les élus ont voté 155 000. »

Voilà donc où va une partie de l’argent public des contribuables locaux : dans une politique idéologique et doublement nuisible. Nuisible d’abord pour les finances publiques : c’est un gaspillage, financé par des contribuables déjà essoré par toutes les taxes et impôts qui ne cessent de grimper. Nuisible ensuite parce qu’elle vise à donner un avantage à l’agriculture biologique, qui ne présente pourtant supplémentaire par rapport à l’agriculture conventionnelle indument décriée et jugée non-saine. Sans s’en rendre compte, les élus qui mettent en place cette distribution font de l’agribashing envers nos cultivateurs conventionnels. Si les produits bio sont plus sains pour les futures mères et leurs enfants, les produits conventionnels seraient donc dangereux. Un discours insupportable, tant il est faux. Dans une étude intitulée Agriculture « BIO » : tromperies subventionnées, l’IREF démontrait que les aliments « bio » ne sont pas meilleurs pour la santé : il n’y a pas de différence significative, à aucun niveau, nutritif, environnemental ou sanitaire.

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12 réponses

  1. On se « consolera » en constatant qu’il y a de moins en moins de femmes susceptibles de bénéficier de ces pseudo-cadeaux « écologiques ».

  2. Patience… Avec la baisse des naissances, conséquence de la baisse des conceptions, le budget de cette stupidité finira par baisser. D’un autre coté, il va falloir supporter les politiciens qui vont parler de LEURS efforts en faveur de NOTRE natalité avec l’argent de NOS impôts. L’an prochain, tout ça sera noyé dans une masse financière indistincte, bouillie statistique présentée aux énarques sous forme de bâtons sur un graphe. C’est habituel quand on laisse un économiste s’approcher d’un problème de société.

  3. Les maires portent une énorme responsabilité dans le gaspillage d’argent public et l’infantilisation de leurs concitoyens : chaudières bio masse hors de prix, affichage dynamique dans des communes de 1000 habitants, cantines intergénérationnelles, colis de fin d’année pour les vieux, vÅ“ux du maire avec petits fours à profusion, etc.
    Si le gouvernement voulait vraiment faire des économies, il reverrait la dotation des communes à la baisse. Mais comme les maires « élisent » les sénateurs, cela ne se fera pas.

  4. Dans un certain nombre de domaines, L’IREF fait montre de compétence. Dans d’autres telles l’agriculture ou la nature, il en va autrement. Mes parents étaient de grands propriétaires terriens en Pays de Loire et Normandie et j’ai passé toute ma jeunesse à la fois à la campagne et en ville. Je sais ce qu’est l’agriculture, la sylviculture, le respect des animaux, le changement de climat, etc. Vos réflexions dans ces domaines mériteraient d’être tempées…

  5. Le bio est le symbole même de la bêtise humaine. Les gens s’imaginent que c’est sans pesticides. C’est totalement faux, sont autorisés tous les produits naturels, y compris la bouillie bordelaise, un mélange de sulfate de cuivre et de chaux. N’étant pas biodégradable le cuivre s’accumule dans le sol et le corps des consommateurs. Je doute fort qu’il soit bon pour la santé. Les autres autorisés sont des extraits de plantes toxiques comme le Neem et le Datura, toutes deux mortelles!
    Remarquez que les écologistes ne protestent pas!

  6. Un directeur de Giec m’a confié il y a quelques années déjà avoir transformé son mode de culture classique en bio pour sortir son exploitation de la menace de dépôt de bilan. Le bio profitant de prix mieux rémunérateurs pour un investissement plus décontracté . C’est juste une question d’offre et de demande, pas de qualité.

  7. Le sujet est plus nuancé : peu de différences nutritionnelles entre le bio et le conventionnel, certes, mais des écarts réels sur l’exposition aux pesticides (femmes enceintes).

    1. Vous devriez lire l’article en lien. Pas besoin d’aller bien loin pour lire qu’il n’y a pas d’écarts réels sur l’exposition aux pesticides, et que ceux employés en bio peuvent être particulièrement dangereux.
      Et que les femmes enceintes hors bio, ou leurs enfants, ne sont pas plus malades que celles utilisant du bio, ceci étant vrai pour la population entière.

      1. Les études montrent que l’agriculture conventionnelle, qui utilise des pesticides de synthèse, expose davantage à des substances classées dangereuses pour la santé que l’agriculture biologique, qui n’utilise que des pesticides naturels beaucoup moins souvent associés à des risques sérieux (ex. cancérogénicité ou effets sur le développement) : dans une comparaison toxicologique de toutes les substances actives autorisées en Europe, 55 % de celles du conventionnel portaient des avertissements de danger pour la santé ou l’environnement, contre seulement 3 % pour celles autorisées en bio. De plus, 16 % des pesticides conventionnels comportaient des avertissements spécifiques de risques pour le fœtus ou de cancérogénicité suspectée, ce qui n’était le cas d’aucun des pesticides autorisés en agriculture biologique ; ce type de résultats suggère un risque potentiel plus élevé lié aux pesticides synthétiques du conventionnel.
        Dire « il n’y a pas de différence » est trop absolu : même si certaines études n’observent pas d’effets nets chez toute la population, le type et le niveau d’exposition diffèrent clairement, ce qui peut avoir des implications pour la santé, notamment pour des groupes sensibles.

  8. Merci de dénoncer ce scandale et de rappeler l’arnaque institutionnelle que constitue le « bio », dont le développement repose entièrement sur le dénigrement du reste de l’agriculture, pratique interdite par le code du commerce.

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