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samedi 19 septembre 2026

« Petit lexique des grands mensonges », par Jean-Luc Deback

Temps de lecture : 3 minutes

Jean-Luc Deback est un homme de cœur et de culture. Je vous partage une large partie de la préface que j’ai eu le plaisir d’écrire pour son ouvrage qui est œuvre de sagesse commune et d’apprentissage au discernement.  Il fait le travail que l’école ne fait plus ou trop peu. Sur tous les sujets que l’honnête homme ne saurait ne pas aborder dans sa vie personnelle, familiale ou sociale, il réunit de nombreuses références, il pose des jalons de réflexion à l’usage de la liberté de chacun. Dans les auteurs qu’il cite abondamment, il y a toujours un certain éclectisme comme autant de portes qui restent ouvertes, autant de pistes qu’on peut récuser ou emprunter. Car qui connaît la vérité ? Elle est en chemin et notre devoir est de la chercher sans cesse, de la cerner, d’en saisir les parcelles que nous croyons pouvoir tenir dans les rets de notre connaissance finie, imparfaite. Nous pouvons plus facilement dénoncer l’erreur, le mensonge, les tromperies de ceux qui déconstruisent la société, les idoles de ceux qui refusent toute verticalité, les condamnations à la médiocrité universelle des idéologies égalitariste. Jean-Luc Deback s’y emploie.

En 32 mots qui sont autant de thèmes, et que je ne saurais tous évoquer, Jean-Luc Deback s’inquiète du monde et de l’avenir de notre humanité capable d’y perdre son âme. Il dénonce à juste titre l’enfermement dans lequel nous laisserait la loi de la nécessité, « l’ironie lugubre », écrit-il, de Schopenhauer où le véritable amour serait démuni de toute candeur à défaut de liberté.

Il regrette la facilité avec laquelle les hommes se livrent à une servitude volontaire, combien ils sont grégaires, si vite soumis à « la liberté de propagande ». Il dénonce un pouvoir trop pesant et une autorité insuffisante. Il voudrait, à juste titre, que les fonctions régaliennes soient renforcées et que, pour le reste, les personnes demeurent responsables d’elles-mêmes. Il cite Benjamin Constant : « Que l’autorité se borne à être juste, nous nous chargerons d’être heureux ».

La culture est importante pour forger le sens critique. La langue est l’instrument de notre liberté pour nous permettre de nous exprimer avec rigueur, avec clarté. Car si « la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée » disait Orwell. La langue porte notre identité, elle est aussi l’expression du courage qu’il faut pour résister à tant d’abandons que voudraient nous imposer la bien-pensance, pour évoquer ce que l’on voudrait nous faire taire : que les racines de l’Europe sont chrétiennes, qu’un consensus climatique n’est pas une vérité scientifique, que la famille reste fondamentale, que l’islam ne partage pas nos valeurs occidentales, que la démocratie n’est pas la tyrannie des minorités mais leur respect…

La démocratie, précisément, se fourvoie dans la main d’une oligarchie technocratique et administrative inconsciente des vrais besoins de justice et de sécurité dont les Français ont besoin pour vivre en paix. Elle se pervertit dans sa préférence pour l’égalité plutôt que pour la liberté comme déjà le pressentaient Chateaubriand et Tocqueville. Elle veut l’égalité par le bas à défaut de pouvoir l’obtenir par le haut. Elle la veut en niant les différences qui sont autant de complémentarités. Des Montagnards jusqu’aux constitutions de 1946 et 1958, la France s’acharne à créer toujours plus de « droits à », des droits-créances, plutôt que des droits-liberté.  Elle développe ainsi un Etat-providence obèse et bientôt impuissant dont les citoyens ploient sous la charge.

Jean-Luc Deback s’offusque des méfaits de notre société de consommation. Parce que la consommation est devenue une addiction. Les dieux au rabais sont toujours trompeurs ! C’est le manque d’éducation sans doute qui est à l’origine de nombre de nos maux. Mais il ne pouvait plus en être autrement quand l’Etat a voulu se l’approprier plutôt que de s’assurer seulement que chaque enfant pouvait disposer d’une bonne instruction. Car l’éducation revient aux parents et quand ceux-ci s’en défaussent, l’avenir des enfants devient incertain.

Jean-Luc Deback n’aime pas le capitalisme. Moi non plus quand il devient un capitalisme de connivence avec l’Etat. D’ailleurs, le capitalisme est souvent celui des Etats qui s’approprient et accumulent le capital au détriment des individus. Dans un pays comme la France où 56 à 58% des dépenses sont publiques, les entreprises et les initiatives privées sont presque toutes phagocytées par l’Etat. Le marché est orienté, contraint, biaisé par l’action excessivement normative et taxatrice de la puissance publique. Sans doute que si les individus étaient plus maîtres de leur propre Bien, s’ils étaient éduqués à être responsables plutôt que drogués à être assistés, ils seraient mieux à même de faire les bons choix.

Les références et citations sont trop nombreuses dans cet ouvrage pour en livrer un abrégé. Il ne s’agit pas, heureusement, de suivre son auteur dans toutes ses réflexions, ni dans toutes ses amitiés ou ses inimitiés. Nous lui laissons certaines convictions. Mais son propos devrait permettre de dessiller ses lecteurs abusés par de fausses vérités assénées. Il peut aider chacun à retrouver la force et la fierté de s’exprimer librement à l’encontre de la doxa qui nous empoisonne doucement, sans que nous nous en rendions compte. Il peut aider chacun à s’investir dans la cité, c’est-à-dire en politique, avec passion et bienveillance, avec tolérance mais sans lâcheté. Et c’est une grande vertu.

Vous trouverez son livre sur Internet ou dans les bonnes librairies.

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