La France est aujourd’hui l’un des rares pays de l’UE, avec Chypre, à interdire les jeux de casino en ligne. Les jeux d’argent et de hasard en ligne sont ouverts à la concurrence depuis la loi du 12 mai 2010, à une exception près : l’offre de jeux de casino en ligne. Une interdiction qui n’en est pas vraiment une : plus de 4 millions de joueurs jouent sur les sites illégaux en France. Une manne financière pour les sites illégaux, basés dans des paradis fiscaux en dehors de l’UE, qui prospèrent sur l’addiction (74% du chiffre d’affaires provient de joueurs en situation d’addiction) en échappant à toute taxation. Dans le PLF 2025, le gouvernement a déposé un amendement pour réguler la situation en ouvrant ces jeux en ligne à la concurrence et harmoniser la législation française sur le modèle européen. L’offre légale serait ainsi taxée à 55,6 % du produit brut des jeux en rapportant au passage près d’un milliard d’euros annuels pour le budget de l’Etat. Alors pourquoi autant de débats pour bloquer l’ouverture à la concurrence des jeux de casino en ligne ? Selon une étude réalisée par l’institut CSA pour l’Association Française des Jeux en Ligne (AFJEL), un tiers des Français (28 %) a déjà joué à des jeux de casino en ligne.
La plupart des joueurs ne savent pas que les sites sont illégaux, en partie à cause de la publicité pour ces plateformes souvent hébergées à l’étranger, mais ils sont une majorité à soutenir une légalisation (74 %) en raison notamment d’une demande de sécurisation des joueurs français.
L’AFJEL déplore que la France soit devenue « le premier marché illégal de jeux de casino en ligne d’Europe en raison d’un statuquo qui ne profite qu’à la criminalité organisée qui se cache derrière ces sites illégaux ». Comme dans tout autre domaine, le statu quo réglementaire sur fond de réflexes anti-concurrentiels renforce inexorablement les marchés parallèles au détriment des consommateurs. Les casinos tradtionnels, qui bénéficient d’un monopole légal, sont vent debout contre une ouverture à régulation et à concurrence des jeux de casino en ligne arguant de « conséquences catastrophiques sur leur business » avec près de 15 000 emplois supprimés. Alors que ce marché existe déjà dans l’illégalité la plus totale, les casinos traditionnels préfèreraient-ils la concurrence débridée des sites illégaux à celle d’un marché régulé, sûr et protecteur des joueurs ? Alors que l’amendement du gouvernement inclut tous les opérateurs, y compris les casinos traditionnels, ces derniers oscillent entre l’opposition à une légalisation de ces jeux qu’ils qualifient de très addictifs (tout en étant les seuls à les proposer dans l’environnement physique) et un plaidoyer en faveur d’un monopole qui leur serait exclusivement réservé.
L’enjeu ici n’est pas de protéger un monopole territorial dans une économie digitale, mais de réguler un secteur concurrentiel en mettant fin à une hypocrisie persistante dont les seuls gagnants ont été jusqu’alors les sites illégaux qui remportent la mise (2 milliards d’euros par an), au dépens des joueurs et de nos finances publiques.
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