Malgré des milliards d’euros de subventions et des plans ambitieux, l’Europe reste un acteur marginal dans la production de batteries pour véhicules électriques. Entre dépendance aux importationset objectifs irréalistes, le Green Deal illustre les limites de la planification centralisée et de l’intervention publique massive. Face à la concurrence chinoise, seule une stratégie fondée sur un choc fiscal et la liberté d’investissement pourra assurer la souveraineté industrielle du VieuxContinent.
À la fin de l’année dernière, mise au pied du mur, la Commission européenne a décidé de réviser sa position sur l’interdiction à la vente de véhicules thermiques en 2035. Elle a été remplacée par l’objectif, manifestement irréaliste, de baisser de 90 % les émissions de gaz d’échappement à effet de serre, les 10 % restants pouvant être compensés par l’usage d’acier bas carbone ou de biocarburants.
Sans disserter sur l’absurdité technocratique d’une décision qui ne règle rien, il est quand même intéressant de noter qu’elle est principalement motivée par le piteux état du secteur automobile européen, y compris en Allemagne qui avait pourtant su préserver sa compétitivité et des capacités de production, à l’inverse de la France dont la production a drastiquement chuté depuis les années 2000.
Le deuxième constat induit par la décision de la Commission, c’est que l’Europe n’a pas réussi à constituer un secteur propre de production de batteries compétitif par rapport à ses concurrents chinois. C’est le même fâcheux scénario que pour les panneaux solaires : 97% sont importés de Chine, et moins de 15 % du reste sont fabriqués dans un pays européen.
Adieu le Green Deal
Le Green Deal, ou Pacte vert pour l’Europe, lancé en 2019, a été le véritable fil rouge du premier mandat d’Ursula von der Leyen avant un rétropédalage qui, pour être radical, n’en est pas moins passé à peu près inaperçu : elle a, dans la continuité du rapport Drahi, placé son second mandat (2024) sous les auspices de la compétitivité et de la simplification.
Le Green Deal prévoyait notamment la neutralité climatique à l’horizon 2050 et la diminution de 55 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à leur niveau de 1990. C’est dans ce cadre que l’interdiction à la vente de véhicules thermiques en 2035 avait été adoptée avec pour objectif de passer à 13 puis 30 millions de véhicules à faible émission en 2025 et en 2035. L’année dernière, nous n’en étions encore qu’à 6 millions….
Selon la Cour des comptes européenne, 1,2 Md€ de subventions et 495 M€ de prêts garantis ont été déployés entre 2014 et 2020 pour soutenir la production de batteries. Il faut ajouter 6 Md€ de subventions nationales autorisées par Bruxelles via les PIIEC (projets importants d’intérêt européen commun) comprenant 74 projets sur le sol européen. Fin 2024, la BEI (Banque européenne d’investissement) annonçait encore 3 Mds€ de soutien au secteur.
Les terres rares risquent de manquer
Les batteries lithium-ion, technologie la plus aboutie en la matière, sont grandes consommatrices de cobalt, de manganèse, de lithium, de nickel et de graphite naturel.
Toujours selon la Cour des comptes européennes, le vieux continent est, pour ces minéraux, dépendant à 78% d’autres pays, parfois amis comme l’Australie (87 % des besoins en lithium), mais aussi potentiellement hostiles comme la Chine (40 % du graphite). La production de batteries augmentant de manière exponentielle dans le monde, une pénurie est prévisible d’ici 2030. Et le recyclage n’est pas la solution miracle : il ne pourrait satisfaire que 25% de nos besoins en 2040.
Face à la Chine, l’industrie européenne n’est pas compétitive
Sur le nombre total d’immatriculations, la part des véhicules électriques est passée de 5,3 à 14,6 % entre 2020 et 2023, puis à 18,3 % entre janvier et octobre 2025 ; ce qui pose la lancinante question de la compétitivité de nos industries par rapport à la concurrence asiatique. Pour l’heure, seuls 20 % des batteries sont importés, dont 87 % proviennent de Chine, l’Union demeurant un nain de la production mondiale avec 7 % du total contre 83 % pour l’empire du Milieu.
L’objectif de la Commission est qu’en 2030, l’industrie européenne soit capable de produire 90 % de la demande du continent, soit 550 GWh de batteries. Mais en 2023, les estimations oscillaient plutôt entre 100 et 167 GWh et selon le cabinet Roland Berger, la demande de batteries devrait tripler d’ici 2030…
Cette brève analyse de la politique européenne en matière de batteries et de véhicules électriques révèle l’ampleur du décalage entre les ambitions technocratiques et la réalité industrielle. Des milliards d’euros de subventions, prêts garantis et plans d’investissement n’ont pas suffi à créer un secteur compétitif capable de rivaliser avec la Chine. Comme dans bien d’autres secteurs de l’industrie très menacés comme l’automobile, la chimie, et dans une moindre mesure le secteur pharmaceutique, les limites d’une stratégie qui repose sur la planification centralisée et la subvention publique plutôt que sur la concurrence et l’innovation privée apparaissent on ne peut plus clairement.
Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral
Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
10 réponses
Trouvez moi un sujet Européen qui n’est pas un échec ?!! et pour cause la majorité des pays y ont délégué les politiques sans mandat que plus personne ne voulait dans leurs pays. En conclusion l’UE est la poubelle qui recycle les médiocres de la politique.
Et cela m’irait très bien. Au moins, il y avait des prix abordables que maintenant et non pas une pléiade de fournisseurs de tout poil qui s’accordent tous pour faire au plus cher et au plus mal. Il n’y a qu’à voir l’entente entre tous les fournisseurs de téléphonie hormis France Télécom, le fournisseur historique à qui l’Europe et la France ont ordonné d’augmenter ses tarifs au nom de la sacro-sainte concurrence ! Et on ose appeler cela le progrès !!!
Il y a aussi le facteur humain qui existait à l’époque et qui disparaît de plus en plus remplacés par ces insupportables voix informatiques et toute l’ia qui va avec.
Bref, merci l’Europe de nous avoir imposer (et tous ces nababs du gouvernement français d’en rajouter une couche pour montrer qu’ils sont les bons toutous de cette fumisterie européenne) de tout casser par leurs normes absurdes et nous pourrir la vie davantage chaque jour.
A quand un Frexit que l’on sorte de ce bourbier et de cet enfer qu’est l’Europe afin de retrouver notre pays et de savoir où on vit sans avoir à dépendre des caprices des autres pays. Et qu’on arrête de dire que sans l’Europe on vivra mal, on ne s’en sortira pas et tout le bla bla bla qui va avec. Je n’en crois pas un mot.
Il est vrai que sans les ingénieurs et scientifiques français, les GAFAM ne seraient pas les leaders mondiaux de l’IA !!! Arrêtons de croire que l’Europe est un accélérateur de l’innovation. La commission européenne qui s’est occupée des normes pour l’IA était constituée d’incompétents et j’ajouterai, malicieusement, que son ex-président avait démontré tout son savoir pour mettre les entreprises qu’il dirigeait en situation très difficile !!!
Quant à l’industrie européenne des batteries mon petit doigt me dit que les technos utilisées étaient obsolètes. Mon petit doigt m’a également dit qu’il faudrait au moins 4 ou 5 ans pour rivaliser avec les chinois !
Conclusion : Je pense que je dois me couper mon petit doigt pour ne pas avoir d’ennuis avec les technocrates européens grands experts en termes d’innovation comme chacun sait !
Sur les batteries les constructeurs automobiles européens ont sous-estimé les difficultés du processus de fabrication. C’est un processus chimique qui exige un contrôle du procédé qui doit ressembler à ce que l’industrie du semi-conducteur connaît et maîtrise. L’échec de Northvolt en Suède est le plus gros exemple de cet échec. La Chine planifie, subventionne au niveau des Régions, et laisse les acteurs privés se battre férocement. Les meilleurs réussissent, les autres disparaissent.
« Le Green Deal prévoyait notamment la neutralité climatique à l’horizon 2050 et la diminution de 55 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à leur niveau de 1990. C’est dans ce cadre que l’interdiction à la vente de véhicules thermiques en 2035 avait été adoptée avec pour objectif de passer à 13 puis 30 millions de véhicules à faible émission en 2025 et en 2035. L’année dernière, nous n’en étions encore qu’à 6 millions…. »
C’est ainsi que les fonctionnaire de l’UE ont détruit l’industrie automobile européenne, à coups d’ukases écolo/idéologiques. Les résultats étaient prévisibles et ils sont là, le cours de Stellantis vient de chuter de 20% en une journée ! Les mêmes fonctionnaires ne reconnaissent leur échec que du bout des lèvres et poursuivent leur « chemin » à peine camouflé vers leur but ultime, notre industrie automobile, enfin décarbonée et morte; décroissance parfaite !
Le plus étonnant est tout de même le silence des syndicats des entreprises automobiles européennes qui sont restés sans réaction devant la programmation européenne de la disparition de leur outil de travail…. Peut être leurs dirigeants pensent-ils, en leur for intérieur, qu’il est plus avantageux de chômer que de travailler….
Cerise sur le gâteau : depuis le retrait par Trump des différentes agences environnementales de l’ONU et d’ailleurs, l’Europe va probablement être la seule de la planète a maintenir son objectif irréaliste et imbécile de neutralité carbone.
Non seulement la réalisation hypothétique de cette neutralité ne représenterait qu’une infime fraction du CO2 mondial mais en plus…. Le taux de CO2 atmosphérique n’a sans doute aucun impact sur le climat…
Tout ça au prix de sacrifices industriels majeurs, de destruction de valeur, de qualité de vie et… De libertés fondamentales !
A bas le green deal, delenda Giec !
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
10 réponses
Trouvez moi un sujet Européen qui n’est pas un échec ?!! et pour cause la majorité des pays y ont délégué les politiques sans mandat que plus personne ne voulait dans leurs pays. En conclusion l’UE est la poubelle qui recycle les médiocres de la politique.
Sans l’Europe, la France serait toujours seulement avec France Télécom et Air France ! Toute l’ouverture à la concurrence vient de l’Europe !
Et cela m’irait très bien. Au moins, il y avait des prix abordables que maintenant et non pas une pléiade de fournisseurs de tout poil qui s’accordent tous pour faire au plus cher et au plus mal. Il n’y a qu’à voir l’entente entre tous les fournisseurs de téléphonie hormis France Télécom, le fournisseur historique à qui l’Europe et la France ont ordonné d’augmenter ses tarifs au nom de la sacro-sainte concurrence ! Et on ose appeler cela le progrès !!!
Il y a aussi le facteur humain qui existait à l’époque et qui disparaît de plus en plus remplacés par ces insupportables voix informatiques et toute l’ia qui va avec.
Bref, merci l’Europe de nous avoir imposer (et tous ces nababs du gouvernement français d’en rajouter une couche pour montrer qu’ils sont les bons toutous de cette fumisterie européenne) de tout casser par leurs normes absurdes et nous pourrir la vie davantage chaque jour.
A quand un Frexit que l’on sorte de ce bourbier et de cet enfer qu’est l’Europe afin de retrouver notre pays et de savoir où on vit sans avoir à dépendre des caprices des autres pays. Et qu’on arrête de dire que sans l’Europe on vivra mal, on ne s’en sortira pas et tout le bla bla bla qui va avec. Je n’en crois pas un mot.
C’est votre droit de regretter France Télécom et le monopole d’Aire France mais je doute que beaucoup soient d’accord avec vous…
Il est vrai que sans les ingénieurs et scientifiques français, les GAFAM ne seraient pas les leaders mondiaux de l’IA !!! Arrêtons de croire que l’Europe est un accélérateur de l’innovation. La commission européenne qui s’est occupée des normes pour l’IA était constituée d’incompétents et j’ajouterai, malicieusement, que son ex-président avait démontré tout son savoir pour mettre les entreprises qu’il dirigeait en situation très difficile !!!
Quant à l’industrie européenne des batteries mon petit doigt me dit que les technos utilisées étaient obsolètes. Mon petit doigt m’a également dit qu’il faudrait au moins 4 ou 5 ans pour rivaliser avec les chinois !
Conclusion : Je pense que je dois me couper mon petit doigt pour ne pas avoir d’ennuis avec les technocrates européens grands experts en termes d’innovation comme chacun sait !
Ceux qui accusent l’Europe d’ultraliberalisme me font hurler de rire. Il n’y a pas plus étatiste. Et a chaque fois ça se termine mal !
Sur les batteries les constructeurs automobiles européens ont sous-estimé les difficultés du processus de fabrication. C’est un processus chimique qui exige un contrôle du procédé qui doit ressembler à ce que l’industrie du semi-conducteur connaît et maîtrise. L’échec de Northvolt en Suède est le plus gros exemple de cet échec. La Chine planifie, subventionne au niveau des Régions, et laisse les acteurs privés se battre férocement. Les meilleurs réussissent, les autres disparaissent.
« Le Green Deal prévoyait notamment la neutralité climatique à l’horizon 2050 et la diminution de 55 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à leur niveau de 1990. C’est dans ce cadre que l’interdiction à la vente de véhicules thermiques en 2035 avait été adoptée avec pour objectif de passer à 13 puis 30 millions de véhicules à faible émission en 2025 et en 2035. L’année dernière, nous n’en étions encore qu’à 6 millions…. »
C’est ainsi que les fonctionnaire de l’UE ont détruit l’industrie automobile européenne, à coups d’ukases écolo/idéologiques. Les résultats étaient prévisibles et ils sont là, le cours de Stellantis vient de chuter de 20% en une journée ! Les mêmes fonctionnaires ne reconnaissent leur échec que du bout des lèvres et poursuivent leur « chemin » à peine camouflé vers leur but ultime, notre industrie automobile, enfin décarbonée et morte; décroissance parfaite !
Le plus étonnant est tout de même le silence des syndicats des entreprises automobiles européennes qui sont restés sans réaction devant la programmation européenne de la disparition de leur outil de travail…. Peut être leurs dirigeants pensent-ils, en leur for intérieur, qu’il est plus avantageux de chômer que de travailler….
Cerise sur le gâteau : depuis le retrait par Trump des différentes agences environnementales de l’ONU et d’ailleurs, l’Europe va probablement être la seule de la planète a maintenir son objectif irréaliste et imbécile de neutralité carbone.
Non seulement la réalisation hypothétique de cette neutralité ne représenterait qu’une infime fraction du CO2 mondial mais en plus…. Le taux de CO2 atmosphérique n’a sans doute aucun impact sur le climat…
Tout ça au prix de sacrifices industriels majeurs, de destruction de valeur, de qualité de vie et… De libertés fondamentales !
A bas le green deal, delenda Giec !