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lundi 8 juin 2026

Programmation pluriannuelle de l’énergie : le choix de ne pas choisir le nucléaire

Temps de lecture : 3 minutes

La PPE3 a été adoptée par décret, dessinant la trajectoire énergétique de la France jusqu’en 2035. Force est de constater qu’elle ne marque pas de rupture franche avec les orientations passées. Sous couvert d’ambitions affichées décarbonation et réindustrialisation , elle prolonge surtout des arbitrages contestés, qu’il s’agisse de la faible place du nucléaire ou du développement des énergies renouvelables.

Après de longs mois d’attente, le Gouvernement a publié le texte de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, censée détailler la stratégie énergétique et le mix électrique de la France jusqu’en 2035. Craignant l’opposition du RN, qui dénonçait les risques d’augmentation du prix de l’énergie pour les Français, le Gouvernement l’a fait passer par décret et non par la loi, imposant aux forceps une stratégie énergétique qui ne rompt qu’à moitié avec la précédente.

La PPE2 s’inscrivait déjà dans une longue série de renoncements industriels et de choix politiques à courte vue, sacrifiant peu à peu notre atout stratégique majeur : le nucléaire. Comme nous l’avions déjà mentionné, grâce au plan Messmer, la France avait construit un parc capable de produire plus de 400 TWh dès 2005, contre à peine plus de 100 TWh dans les années 1980. Pourtant, en 2022, la production était retombée à 279 TWh.

Au lieu de préparer son renouvellement, les gouvernements successifs ont laissé s’installer une forme d’immobilisme, parfois même assumé publiquement. La PPE2 a aggravé la situation en actant l’objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % du mix électrique – un chiffre sorti d’un compromis politique entre les Verts et le PS.

Le texte de la PPE3 se contente d’évacuer diplomatiquement les échecs de la précédente PPE, notant simplement qu’en matière de développement du nucléaire, « les objectifs de la PPE2 ne sont plus d’actualité »…

Le développement du nucléaire n’est pas assumé

Le scénario central de la PPE est riche d’enseignements. Tout d’abord, il prévoit une baisse de la consommation finale d’énergie (c’est-à-dire l’utilisation par le consommateur) entre 2023 et 2035, de 1 510 à 1 100 TWh. Entre 2012 et 2023, elle avait en France déjà diminué de 14,1 %, au rythme de 22 TWh par an, rythme que la nouvelle PPE souhaite doubler en précisant que seuls 50 TWh seront affectés à nos objectifs de réindustrialisation.

La production d’électricité décarbonée (les deux dernières centrales à charbon de Saint-Avold et Cordemais, 0,13 % de la production, fermeront en 2027) doit monter en puissance et atteindre entre 650 et 693 TWh, soit 38% de notre consommation finale d’énergie, contre 27% aujourd’hui.

Sur la base de ce dernier chiffre, la part du nucléaire dans le mix électrique devrait baisser de 65 à 57 % et celle du photovoltaïque, doubler pour atteindre 10% contre à peine 5 % en 2023. De même pour la part de l’éolien (sans nouveau parc d’éoliennes terrestres, c’est l’éolien en mer qui sera privilégié) qui devrait également doubler pendant la même période, de 10 à 21 % ;  la part de l’hydroélectricité descendrait, elle, de 11 à 8%[1].

Le coût de l’énergie augmente sans cesse

Si la PPE 3 consacre l’objectif de construction de six EPR de deuxième génération, elle ne grave pas dans le marbre celle de la deuxième tranche de huit autres EPR2 (déjà mentionnée dans le fameux discours de Belfort d’Emmanuel Macron).

Les coûts de la PPE3 pour le contribuable font l’objet de toutes les spéculations et dépendront du prix de l’électricité à long terme. Selon le calcul d’André Merlin, ancien président de RTE (réseau de transport d’électricité), le prix du mégawattheure devrait doubler d’ici 2030 pour atteindre 400 €.

Alors que, comme nous l’avions signalé précédemment, l’État continue de subventionner des panneaux solaires dont 97 % sont fabriqués en Chine et que le haut-commissaire à l’énergie atomique avait donné l’alerte sur le caractère économiquement insoutenable à long terme de la programmation, le Gouvernement a choisi de passer en force pour transmettre la patate chaude au futur locataire de l’Élysée, une clause de revoyure étant prévue en 2027…

Contrairement aux attentes soulevées depuis le discours de Belfort, l’énergie nucléaire n’est pas rentrée en grâce dans les plus hautes sphères de l’État, qui préfère se priver d’une énergie fiable et bon marché plutôt que de déplaire aux lobbys. Notons également, même si l’idée de s’extraire de la dépendance aux énergies fossiles est séduisante, que la France possède 9 ans de réserve de pétrole et 77 ans de réserves de gaz… dont l’exploitation, par fracturation hydraulique, demeure interdite. Une proposition de loi du sénateur Georges Patient a été adoptée au Sénat pour lever les contraintes en outre-mer, mais le Gouvernement s’y déclare opposé.

 


[1] Le reste du mix électrique est constitué des bioénergies et énergies fossiles.

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17 réponses

  1. Un pas en avant , deux en arrière, trois de chaque côté, et des milliards gaspillés par idéologie …

  2. « Tout d’abord, il prévoit une baisse de la consommation finale d’énergie (c’est-à-dire l’utilisation par le consommateur) entre 2023 et 2035, de 1 510 à 1 100 TWh. Entre 2012 et 2023, elle avait en France déjà diminué de 14,1 %, au rythme de 22 TWh par an, rythme que la nouvelle PPE souhaite doubler en précisant que seuls 50 TWh seront affectés à nos objectifs de réindustrialisation. »

    En clair, cela signifie un considérable appauvrissement de la population car l’énergie disponible et son coût font le niveau de vie. Le dogme écolo de la décroissance est toujours en vigueur sous le maquillage de la décarbonation. Tous ceux qui participent à cette escroquerie devront un jour rendre des comptes. D’ailleurs la commission parlementaire sur l’énergie (Commission d’enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France) les a parfaitement identifiés, hélas, sans conséquences.

  3. On oublie souvent que la destruction de la filiere nucleaire a causé des surplus de couts immenses dans sa reconstruction actuelle. Retards = interets sur plusieurs milliards. Ces surcouts sont utilisés encore aujourd hui par ses détracteurs et je n’aimerais pas être le directeur du relancement fraancais… dans ce bassin aux requins. Aujourd’hui c’est l’independance energetique qui est declaree d’interet national. Cela est vrai pour le nucléaire à condition de reconstruire la filière… et c est faux tant qu’on ne s’y attache pas. Tout n’est pas joué mais les promoteurs ENR s’efforcent de faire de même pour éviter la critique de l’import Chinois – mettant en avant l’usine de Fosse sur Mer a créer. Total a beau prétendre que là se trouve l’avenir… Ahem cependant Repsol vient de revendre son activité ENR…

  4. Quand l’état se décidera-t-il à réduire le montant des taxes grevant le prix de l’électricité ? Par pure idéologie, voilà des décennies qu’on pénalise la production d’électricité nucléaire Française pour financer des énergies dites « renouvelables » produites hors de France. Qu’à cela ne tienne, on continue à privilégier ces techniques au détriment du nucléaire ! Un scandale !
    Le tout électrique dans la maison Y COMPRIS POUR LE CHAUFFAGE, la cuisine, c’est propre et confortable. Encore faudrait-il que le prix de l’électricité baisse… donc que l’état cesse de se « goinfrer », pour inciter les Français à consommer davantage.

  5. Ces gens là œuvrent contre la France et les Français : idéologie ou programme de destruction de ce qui a fait la France ? N’oublions pas que nous avions l’électricité la moins chère avant le macronisme

  6. C’est un vrai scandale . Le premier ministre n’ose pas affronter le peuple et passe en force par voie de décret c’est bien là le pire aveu de faiblesse. Il ne sait même pas compter sinon sur de bas compromis et qu’importe si le prix de l’électricité double d’ici 4 ans et qu’importe si nous disposerons alors d’éolienne qui ne serviront à rien et qu’importe encore si les panneaux solaires viennent de Chine , il ne sera plus premier ministre et Macron plus Président alors … on s’en fout on n’aura aucune sanction.
    C’est minable messieurs , vous n’oseriez pas même le proposer à vos enfants et pourtant ce sont eux qui paieront et nous avec .
    Comme disait Michel Audiard : « Les C..s on les recconnapit à ce qu’ils osent tout »

  7. Espérons que 2027 rebatte les cartes. Il sera alors possible de rattraper les artisans de cette situation catastrophique, de les mettre au ban de la société , de les jeter en prison et de ruiner définitivement leurs héritiers après avoir abrogé leur décret.

  8. Trois observations : 1) les pales des éoliennes sont constituées de balsa armé de fibre de verre, le tout fabriqué en Chine, à partir de balsa coupé en Équateur; or, 75 % des surfaces équatoriennes ont déforestées; 2) 69 % du chiffre d’affaires des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque), énergie intermittente, parfois produite à prix négatif, est constitué de subventions, elles-mêmes financées par des taxes (ce qui explique le quadruplement du prix de l’électricité, ainsi que le black-out ibérique du 28 avril 2025; 3) l’Inde maîtrise la technologie du surgénérateur : merci, Mesdames Corinne Lepage et Dominique Voynet !

  9. Le 8 mai on va dire qu’on a affaire aux même collabos qu’en 39 ! Ce n’est pas un scoop.

    Heureusement que cette dernière imbécilité est attaquée par au moins 3 ou 4 recours dont un qui tient la route !

    Bien à vous

  10. Quant il n’y aura plus que des bagnoles électriques,on aura besoin de 100 TWh/an de plus soit une augmentation de 22%(info internet du 5/11/2025) On veut en 2035 70% d’électricité décarbonée et se passer du nucléaire?On roulera en période venteuse et ensoleillée, ainsi va la France des fous.

  11. Il est inacceptable que le devenir énergétique de la France pour les 10 prochaines années soit décidé par décret, sans débat démocratique ni vote à l’assemblée nationale et au sénat, alors que les sommes en jeux sont colossales et le biais écolo-gauchiste évident.

  12. A noter que la France dispose dans son périmètre de l’Océan Indien entre Mayotte et les iles Eparses d’un des plus importants gisements mondiaux de gaz naturel que « grâce » à la loi de notre grand scientifique ex ministre déchu Nicolas Hulot nous ne pouvons pas exploiter…heureusement un peu(dans de mauvaises conditions) par Total au Mozambique

  13. La décarbonation de l’économie est impossible car aujourd’hui, aucune technologie n’est disponible réellement tant au plan opérationnel qu’économique pour la mettre en œuvre, quoi qu’on puisse en dire.
    Je suis intéressé par une information précise sur les recours contre cette politique imbécile et sur leurs chances de succès.
    Au pire, attendre la « revoyure » va nous faire perdre encore quelques années, avant le black-out probable…

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