Chers lecteurs, chers commentateurs, visiteurs de passage,je vous souhaite du fond du cœur un très joyeux Noël 2025 !
Que la crèche des chrétiens devienne symbole de paix et de réconciliation pour le monde entier. Que le sapin scintille des mille feux de l’espérance et que la fête entre famille et amis vous soit douce et chaleureuse !
À croire que les quinquennats macroniens auront eu pour effet principal, si ce n’est le seul, d’épuiser une à une toutes les catégories imaginables de la population française. En cette veille de Noël 2025, alors que le pays est en plein désordre politique et budgétaire, c’est au tour des hauts fonctionnaires d’exprimer leur « désenchantement » et leur « fatigue managériale » à travers une note du Cercle de la Réforme de l’État relayée par le média spécialisé Acteurs publics.
Groupe de réflexion sur la réforme de l’État et les administrations publiques, ledit Cercle revendique la plus parfaite indépendance du fait de sa composition diversifiée de membres appartenant autant à la haute fonction publique qu’au monde universitaire ou au secteur privé et du fait de l’absence de toutes subventions publiques ou privées pour assurer ses travaux de recherche.
Aujourd’hui, il pointe l’écart abyssal qui s’est creusé entre les promesses des réformes macroniennes et la réalité du terrain :
« La réforme de la haute fonction publique de l’État décidée il y a six ans n’a pas eu d’impact perceptible sur l’hostilité grandissante de beaucoup de nos concitoyens. »
Concoctée par Emmanuel Macron dès le début de sa présidence, la réforme visait d’une part à casser les corporatismes et d’autre part à encourager la mobilité et la prise de risque des hauts fonctionnaires, ainsi qu’à repérer et former de nouveaux talents utiles à un État moderne tel que la France se rêve depuis la Révolution française.
C’est ainsi par exemple que les nombreux corps des administrateurs d’État ont été fusionnés en un seul, que l’École nationale d’administration (ENA) a été remplacée par l’Institut national du service public (INSP) ou que la fonction publique hospitalière a été intégrée dans la même réforme des ressources humaines de la fonction publique, tant pour la mobilité que pour les rémunérations.
Au bout du compte, cependant, « il en résulte une forme d’épuisement » et « l’aspiration à un sens et une cohérence de l’action publique. » Rien de bien étonnant à cela, selon les rédacteurs de la note du Cercle :
« La réforme de la haute fonction publique doit aller de pair avec la réforme de l’État, dans une conception d’ensemble. »
Or l’on chercherait vainement la moindre réforme de l’État dans les décombres du macronisme, bien au contraire.
Oh, bien sûr, le sujet est sur la table depuis de nombreuses années ! Il est même jugé primordial par tous les occupants de l’Élysée ou de Matignon. C’est pour ainsi dire un marqueur essentiel de leur sérieux en tant que dirigeants politiques de haut niveau. Du temps de Nicolas Sarkozy (2007-2012), on parlait de RGPP ou « Révision générale des politiques publiques » ; du temps de François Hollande (2012-2017), de « Modernisation de l’action publique » ; et du temps d’Emmanuel Macron flanqué d’Édouard Philippe à Matignon, de « Comité pour l’action publique 2022 ». On ne peut pas dire que ces projets successifs se soient révélés d’une grande efficacité.
On observe à l’inverse que si Emmanuel Macron a débuté ses mandats avec l’intention affichée de réduire les effectifs de la fonction publique et de limiter l’ampleur des cabinets ministériels afin de stimuler l’agilité et la responsabilité de la prise de décision administrative, il les achève avec des effectifs toujours aussi florissants et des cabinets pléthoriques, plus jeunes, moins expérimentés, de plus en plus coupés de l’administration, tandis que l’hyper-communication présidentielle, entièrement centrée sur les nécessités de l’instant, tient lieu de politique publique.
Là réside, je pense, tout l’échec du macronisme. Croyance dans l’effet magique de la mise en scène grandiose du pouvoir, abus de mots lénifiants et flatteurs, absence de courage politique. Après un constat plutôt juste sur les blocages du pays à un moment où le quinquennat de François Hollande était en train de s’abîmer dans un hiver totalement crépusculaire, il était facile de promettre les joies du printemps retrouvé ; il était facile de s’introniser champion de la réforme et du renouveau par la seule magie des mots et l’enthousiasme des grands meetings de campagne ; il était facile de jouer sur le duo puissamment marketing du « libérer/protéger » pour attirer un peu tous les publics.
Huit ans après, dans les faits comme sur le terrain, la déconfiture est totale. Faute d’un discours de vérité sur l’état réel du pays pendant la campagne, faute des actes nécessaires après l’élection – et pour moi, comme vous le savez, les actes ne peuvent être qu’un changement de modèle – on ne pouvait qu’aboutir à la pire des situations pour le pays et au summum des désillusions pour les citoyens trop gentiment bercés par les sirènes de « l’État qui paie ».
Aux dernières nouvelles, la dette publique de la France a atteint 117,4 % du PIB à la fin du troisième trimestre 2025 dans un contexte de dépenses et de prélèvements au plus haut. Triste record pour un pays qui n’est ni en guerre ni en période gravement épidémique. Qui chez nos ministres et chez nos parlementaires prendra enfin la mesure de ce coup de semonce ?
MALGRÉ CELA, TRÈS JOYEUX NOËL 2025 À TOUS !
Et à bientôt en 2026 !
Illustration de couverture : Crèche de Noël avec Mages
Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l’auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
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7 réponses
Je ne sais si c’est toujours le cas, car je n’y passe plus, mais il existait, en bas à droite des Champs Élysées en les remontant, un petit théâtre de Guignol. Pouvait-on, à l’époque, s’imaginer qu’il préfigurerait un jour ce qui se passerait un peu plus loin sur le même trottoir avec un nouveau Guignol, mais de la pire espèce ?
Notre régime politico-médiatique ne peut produire que des dirigeants privilégiants la communication sur l’action. De sorte que cette classe politique de type ploutocratique ne peut qu’avoir une chose à l’esprit ; rester au pouvoir, ce qu’elle fait par des alternances qui en ne changeant rien, bernent les électeurs.
Si cette classe politique elue veut faire une petite réforme structurelle, tous nos franchouillards vont manifester et gueuler comme des ânes, voir les nombreuses réformes sur les retraites 2019 puis 2023 sans oublier les précédentes
Sous la pression gauloise, les gouvernements enquillent les reformettes impuissants à engendrer une seule vraie réforme!!!!
La prise de risques est devenu un « gros mot ». C’est comme le libéralisme ; Plus on en parle et moins on en fait. On peut l’aborder mais seulement à condition d’augmenter les charges, les impôts et l’effectif des fonctionnaires. On avance à reculons et la montagne de la dette prospère dans notre dos.
Tres adroitement le PR a fait miroiter que de vieilles lunes chères aux franchouillards
Les promesses n engagent que ceux qui les écoutent!!!!
Nos gaulois veulent des réformes ( des paroles toujours des paroles) sans rien changer ( aucune action sinon manifs a tout va)……les sempiternelles contradictions hexagonales
Comme nos gaulois essorent leur nouveau PR en moins de 3 mois…le reste du temps ce dernier commente l actualité!!!!!
Le Hic de notre Haute FP, c’est qu’elle est en majorité sélectionnée sur son aptitude a réussir des épreuves de philo et de droit français.
Nous voyons tous les jours des gens qui, ayant laissé tomber les maths sérieuses en seconde, prétendent prendre des décisions stratégiques sur la base de leur 50% de culture, les 50% de culture scientifique manquants.
Il n’y a qu’en France qu’on peut avoir un ministre de l’economie avouant être nul en maths…
Le recrutement devrait fonctionner par quota de places + concours, un quota pour une formation d’ingénieur, un autre pour une formation médicale, un autre pour les business schools, un autre pour des PHD etc etc..
Et au moins 3 ans d’expérience dans le privé.
Aujourd’hui, c’est 60% de Sce Po et on en subit l’effet.
En quoi un ATTAL est il compétent ? Le verbe ?
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7 réponses
Je ne sais si c’est toujours le cas, car je n’y passe plus, mais il existait, en bas à droite des Champs Élysées en les remontant, un petit théâtre de Guignol. Pouvait-on, à l’époque, s’imaginer qu’il préfigurerait un jour ce qui se passerait un peu plus loin sur le même trottoir avec un nouveau Guignol, mais de la pire espèce ?
Notre régime politico-médiatique ne peut produire que des dirigeants privilégiants la communication sur l’action. De sorte que cette classe politique de type ploutocratique ne peut qu’avoir une chose à l’esprit ; rester au pouvoir, ce qu’elle fait par des alternances qui en ne changeant rien, bernent les électeurs.
Si cette classe politique elue veut faire une petite réforme structurelle, tous nos franchouillards vont manifester et gueuler comme des ânes, voir les nombreuses réformes sur les retraites 2019 puis 2023 sans oublier les précédentes
Sous la pression gauloise, les gouvernements enquillent les reformettes impuissants à engendrer une seule vraie réforme!!!!
La prise de risques est devenu un « gros mot ». C’est comme le libéralisme ; Plus on en parle et moins on en fait. On peut l’aborder mais seulement à condition d’augmenter les charges, les impôts et l’effectif des fonctionnaires. On avance à reculons et la montagne de la dette prospère dans notre dos.
Les hommes politiques ne sont pas masos…..les veules franchouillards ne veulent pas de la retraite a 64 ans qu a cela ne tienne on la suspend….
Tres adroitement le PR a fait miroiter que de vieilles lunes chères aux franchouillards
Les promesses n engagent que ceux qui les écoutent!!!!
Nos gaulois veulent des réformes ( des paroles toujours des paroles) sans rien changer ( aucune action sinon manifs a tout va)……les sempiternelles contradictions hexagonales
Comme nos gaulois essorent leur nouveau PR en moins de 3 mois…le reste du temps ce dernier commente l actualité!!!!!
Le Hic de notre Haute FP, c’est qu’elle est en majorité sélectionnée sur son aptitude a réussir des épreuves de philo et de droit français.
Nous voyons tous les jours des gens qui, ayant laissé tomber les maths sérieuses en seconde, prétendent prendre des décisions stratégiques sur la base de leur 50% de culture, les 50% de culture scientifique manquants.
Il n’y a qu’en France qu’on peut avoir un ministre de l’economie avouant être nul en maths…
Le recrutement devrait fonctionner par quota de places + concours, un quota pour une formation d’ingénieur, un autre pour une formation médicale, un autre pour les business schools, un autre pour des PHD etc etc..
Et au moins 3 ans d’expérience dans le privé.
Aujourd’hui, c’est 60% de Sce Po et on en subit l’effet.
En quoi un ATTAL est il compétent ? Le verbe ?