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jeudi 22 octobre 2026

Quarante ans de laxisme : la France au pied du mur

Temps de lecture : 3 minutes

Il faut le dire sans détour : la France ne traverse pas une simple crise. Elle récolte les fruits d’une longue décomposition, patiemment organisée pendant quarante ans par un État qui a confondu générosité avec abdication, compassion avec renoncement, et modernité avec destruction des repères.

Nous avons bâti une société où l’autorité est devenue suspecte, où la discipline est présentée comme une oppression, où le mérite est soupçonné d’arrogance et où la responsabilité a été remplacée par l’excuse permanente. Le résultat est sous nos yeux : une République qui ne protège plus, une école qui ne transmet plus, une justice qui ne sanctionne plus assez vite, et un État qui dépense sans cesse pour masquer l’échec de ses propres politiques.

L’étatisme, cette religion du déclin

L’étatisme n’est pas de la solidarité. C’est une machine à produire de la dépendance.

Chaque problème social a reçu la même réponse : plus d’argent public, plus de programmes, plus de comités, plus de discours. Et chaque échec a reçu la même explication : il faut encore plus d’État. Nous avons ainsi créé une bureaucratie immense, coûteuse, envahissante, qui réglemente tout, contrôle tout, taxe tout — et ne résout presque rien.

L’État français s’est transformé en appareil de redistribution de l’impuissance. Il prélève, il endette, il promet, il échoue, puis il demande davantage de moyens pour recommencer. Ce n’est pas du progrès social : c’est du clientélisme d’État, financé par le travail, l’épargne et l’avenir des Français.

Le pseudo-progressisme, ennemi du réel

Le pseudo-progressisme a fait pire que l’étatisme : il a dissous le sens commun.

Sous prétexte de modernité, on a délégitimé l’autorité, brouillé les normes, relativisé la faute et criminalisé la fermeté. On a enseigné aux enfants qu’aucune règle ne devait les contraindre, aux adultes qu’aucune responsabilité ne devait leur être demandée, et aux institutions qu’aucune sanction ne devait être assumée.

Ce n’est pas du progressisme. C’est une régression déguisée en émancipation. Une société qui ne sait plus dire non devient incapable de protéger le oui : oui au travail, oui à l’école, oui à la sécurité, oui à la dignité de ceux qui respectent les règles.

Les banlieues : l’échec d’une politique de compensation

Parlons enfin clairement de la politique dite « de la ville ». Des décennies de plans, de subventions, d’associations financées et de grands discours n’ont pas produit l’intégration promise. Elles ont trop souvent produit des territoires où l’État est absent là où il devrait protéger, et omniprésent là où il devrait laisser agir la société.

Le problème n’est pas géographique. Il est politique. On a substitué l’assistanat à l’exigence, la compensation à l’égalité réelle, le clientélisme à la République. On a laissé s’installer l’économie parallèle, la peur des enseignants, des commerçants, des forces de l’ordre et des habitants honnêtes.

La vraie politique, ce n’est pas verser davantage d’argent dans des territoires abandonnés à la loi des plus forts. C’est rétablir l’autorité de l’État, faire respecter la loi partout, récompenser le travail, sécuriser les écoles et rendre leur dignité à ceux qui veulent s’en sortir.

Une extrême gauche restée au XIXe siècle

L’extrême gauche se croit révolutionnaire. Elle est surtout archaïque.

Elle continue de penser la France avec les grilles de lecture du XIXe siècle : la lutte des classes, la haine de l’entreprise, le soupçon envers la propriété, la nostalgie du conflit permanent. Pendant que le monde change, elle ressort les mêmes slogans, les mêmes utopies et les mêmes ennemis.

Elle ne propose pas un avenir. Elle propose une revanche. Elle ne libère pas les individus : elle les range dans des catégories, les oppose les uns aux autres et transforme chaque question sociale en guerre civile froide. C’est une idéologie du ressentiment, incapable de construire, mais très douée pour démolir.

Rétablir l’ordre, le respect et la discipline

Il n’y a pas de liberté sans ordre. Pas de prospérité sans discipline. Pas de République sans autorité.

Rétablir l’ordre, ce n’est pas rêver d’un État policier. C’est exiger que la loi soit la même pour tous, appliquée partout, sans angélisme ni tolérance sélective. C’est protéger ceux qui travaillent, ceux qui étudient, ceux qui respectent autrui.

Rétablir le respect, c’est réhabiliter l’école, la famille, le travail, le mérite et la parole donnée. C’est cesser de traiter les délinquants comme des victimes et les citoyens respectueux comme des coupables potentiels.

Rétablir la discipline, c’est redonner à l’école son autorité, à la justice sa rapidité, à l’administration son sens du service et à l’État sa limite. Car un État qui veut tout faire finit par ne rien faire correctement.

Le choix devant nous

La France n’est pas condamnée. Mais elle ne se redressera pas avec des mots doux, des commissions supplémentaires ou des promesses électorales.

Il faut choisir : la responsabilité ou la dépendance ; le mérite ou le nivellement ; l’autorité républicaine ou la loi du plus fort ; le travail ou l’assistanat généralisé ; la liberté ou le contrôle étatique.

Quarante ans de laxisme ont suffi. Il est temps de reconstruire une France exigeante, libre et fière — une France qui ne demande pas moins de règles, mais de meilleures règles, appliquées avec fermeté et justice.

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l’auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.

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