Le compte X « NicolasQuiPaie » intrigue, mais on en sait beaucoup plus maintenant sur ce qu’il recouvre.
Le compte a aujourd’hui 55.000 abonnés ; l’expression « C’est Nicolas qui paie ! » est devenue virale. Des hommes politiques n’ont pas hésité à l’utiliser, même au sein de l’hémicycle, et Jean-Luc Mélenchon a été interrogé à son sujet le 21 juin sur RMC, même s’il ne savait pas, lui, ce dont on parlait… Mais qui se cache donc derrière cet intitulé, dont, à voir l’iconographie, on croit reconnaître un jeune cadre de type caucasien ?
Pour les médias de gauche et d’extrême gauche, l’affaire est entendue : il s’agit d’un cache-sexe de l’extrême droite acoquinée aux « ultralibéraux », les deux termes étant d’ailleurs synonymes. Petite revue de presse dans l’ordre chronologique. A tout seigneur, tout honneur : L’Humanité (18 juin 2024) allègue qu’il s’agit du « signe d’un camp (l’extrême droite) qui assume de plus en plus un projet ultralibéral ». Pour le Huffington Post (27 juin 2025), avec cet homme de type caucasien qui paie pour tout le monde, « l’extrême droite adoube un cheval de Troie raciste et réactionnaire. Le même jour, Le Nouvel Obs constate que cette dernière « camoufle ses idées rances derrière la critique de l’impôt ». Toujours modéré, Mediapart (2 juillet 2025) intitule son article « Quand le racisme rencontre la haine de l’impôt ». Son chapô mérite une citation complète : « L’extrême droite libertarienne française s’appuie actuellement sur la formule pour pourfendre le consentement à l’impôt (on se demande bien lequel !) et le modèle social français, tout en avançant des idées xénophobes. Un cocktail nauséabond ». Quant à France Culture (8 juillet 2025), elle se réfère à une « expression portée par l’extrême droite, vision fantasmée et porteuse d’idées xénophobes ».
Le dossier consacré par Le Figaro magazine (11-12 juillet 2025) à « La révolte des ‘Nicolas’ » permet d’y voir un peu plus clair puisqu’il comporte en exclusivité un entretien avec le propriétaire du compte X. « Je suis un particulier issu de la classe moyenne », commence-t-il assez vaguement. Suis une définition tout aussi brumeuse : « Je me définis comme un minarchiste identitaire », le magazine croyant bon d’ajouter entre parenthèses « courant libertarien ».
Ce « Nicolas » développe effectivement la conception d’un État minimal conforme aux canons d’un libéralisme classique : un « État minimal qui se concentre sur le régalien », une « liberté maximale des Français et des entreprises ». Le modèle social français est « à bout de souffle », si bien qu’il conviendrait de sortir « de l’assistanat et de l’État nounou ». A s’en tenir à ce premier point de la définition, les libéraux ne peuvent qu’applaudir.
Malheureusement, les choses se gâtent franchement avec le second point de la définition : « J’y intègre une dose supplémentaire de pragmatisme en visant à préserver l’identité française, principalement en ce qui concerne les règles implicites de vie en société ». Or, en politique française, « pragmatisme » renvoie à trahison des principes, si bien que le terme laisse déjà songeur. Mais surtout la notion de « minarchiste identitaire » mêle des termes inconciliables. En ce sens, si la presse de gauche a tort de confondre libéralisme et extrême droite, on ne peut lui donner tort quand elle subodore que ce « NicolasQuiPaie » n’est qu’un faux nez, en définitive sans grande finesse, des thuriféraires de « l’union des droites ». Car l’aspect « identitaire » aura vite fait de prendre le pas sur l’aspect libéral…
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34 réponses
Si le RN semble est aussi puissant,c’est grâce aux votes barrages(anti-macron),La France,la vraie,ne veut pas d’extrême droite antilibérale raciste.La France a besoin d’un attracteur libéral,comme D.Lisnard
LISNARD ! Ô rage,Ô désespoir !! Encore un p’tit nouveau pour 2027
Oui tout à fait !!!
Je suis retraité, je touche 21000 euros par an, j’approuvé tout ce que dit c’est « Nicolas qui paye »
Je ne vote pas RN ni Lfi, ni le nfp
C’est vrai que pragmatisme est le plus souvent utilisé par des gens qui s’apprêtent à trahir leurs engagements, c’est loin du sens étymologique !
Cher Jean-Philippe,
Je crois pouvoir affirmer que Monsieur NicolasQuiPaie est un homme d’une trentaine d’année , cadre d’entreprise mais probablement pas cadre supérieur car sinon comment expliquer de tels écarts de langage . Comme beaucoup , il se nourrit de la mode qui consiste à utiliser des mots dont on ne maîtrise pas complètement le sens , ce qui tendrait à signifier une carence en latin ( justifiant donc de son âge) cette belle et riche langue qu’on aimerait voir davantage fleurir les écrits des journalistes.
pas de fantasmes ! c’est uniquement la propagande poutinienne anti française comme la soi disante paralysie du pays le 10 septembre
Desole mais refuser l arrivee de plus d’1% de population en plus tous les ans ne releve pas de l’extreme droite mais du droit du peuple a disposer de lui-meme, la base de la democratie. Comme cet apport influe beaucoup sur les resultats des elections a moyen terme, c’est un ‘droit fondamental’ d’avoir la possibilite de le refuser, puisque vous n’aimez pas le terme ‘pragmatisme’. J’ajoute au cas-ou que l’obligation d’altruisme ne fait pas partie des principes liberaux.
En effet, la modification (qui plus est, intentionnelle) du corps électoral entraîne la nullité des scrutins et de la légitimité démocratique. En outre, comme l’écrit Montesquieu : « les moeurs précèdent les lois ». En d’autres termes, en important massivement des populations aux moeurs entièrement étrangères, c’est la modification assurée de nos institutions à terme. Les peuples du Sud (tout à fait respectables par ailleurs) ont des traditions qui n’engendrent pas la démocratie libérale mais des modes de gouvernance autoritaires. Demain, on peut tout à fait voir démographiquement et démocratiquement l’instauration de « la charia comme source des lois » ainsi que cela est en vigueur dans les pays de tradition musulmane. La question identitaire, loin d’être anecdotique est donc fondamentale pour l’avenir du libéralisme dans notre pays.
Ma première visite sur votre nouveau site et la première chose qui me frappe est que tout y est écrit en bien plus petit que sur l’ancien, ce qui est beaucoup moins confortable à lire.
J’espère que cela s’améliorera à l’avenir.
« aspect identitaire » : selon vous, de quoi s’agit-il ?
Nicolas qui paie est une fumisterie, car le bonhomme oublie que quand il sera vieux il bénéficiera de la redistribution, et que lorsqu’il était enfant ses parents ont bénéficié de plein d’aides, les allocations familiales, la crèche, l’école publique, etc….
Je partage la vie en 3 périodes, celle de l’enfance, celle de la force productrice, et celle de l’âge avancé, bien entendu c’est simplifié mais ça aide à comprendre….
Celle du milieu produit pour les 2 autres, donc Nicolas omet de reconnaître cette répartition car il parle comme son nombril et c’est bien dommage, par contre tous les bons médias qui dénoncent la politique de répartition avec ses failles c’est évident, jouent les faux-culs, c’est comme de parler des impôts sur le revenu qui est un système progressif mais de ça chut ! il ne faut pas l’ébruiter comme tant d’autres choses…..et on préfère dénoncer le hold-up à 70% qui ne correspond que sur les plus hautes tranches, surtout lorsqu’oil y en avait 14 avant que Sarko l’américain les réduise à 7…..vaste fumisterie car avant ça permettait de calculer au plus près de la situation de chacun avec cette logique de  » »à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses moyens » » » » et c’est ce que le peuple a décidé de préserver malgré les vastes critiques de ceux qui souffraient sous le poids des impôts !!
A propos, combien de milliards distribués chaque année aux entreprises ?…….211 milliards, une paille certainement pour me plaintif Nicolas !!
Dans un système de redistribution, il y a forcément des « gagnants » et des « perdants »… sans quoi la redistribution ne sert à rien ! Il y a donc des gens qui payent plus qu’ils ne reçoivent. C’est inévitable. Contrairement à ce que vous laissez entendre pour vous dédouaner, les « ultra-riches » n’ont jamais financé et ne financeront jamais le système de redistribution massif à eux-seuls. Donc, c’est bien sur la classe moyenne et les entrepreneurs que pèse le financement de l’assistanat et des infrastructures.
Concernant les aides aux entreprises (y compris Radio France et L’Humanité)… il faut entièrement les supprimer. Elles sont destinées à maintenir artificiellement en vie des entreprises au milieu de l’enfer fiscal, mais elles induisent une inégalité entre les entrepreneurs. En les supprimant, cela entraînera d’innombrables faillites et une vaste crise. Mais il apparaîtra clairement aux yeux de tous que la situation euro-socialiste est intenable. Et on repartira sur un bon pied, avec une égalité libérale.
On paie de plus en plus cher pour un système de retraite dont on ne bénéficiera pas, il y a des quoi être en colère.
En outre, on a le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé au monde pour des services publics dont la qualité ne cesse de se dégrader (alors que les dépenses publiques augmentent constamment, rien à voir donc avec une soi-disant « politique d’austérité »). Et quand on s’en plaint, on trouve des gens comme vous pour nous cracher au visage.
Gardez vos leçons de morale pour vous, ça vaudra mieux !
Bonjour Jean Luc,
J’ai lu avec intérêts vos commentaires que j’aimerais compéter.
1-N’oubliez pas que seuls 44% des français dont je fais partie paient l’impôts sur le revenus. , le reste de la population reçoit des aides de toutes sortes…
2- Les retraités ne reçoivent pas un salaire mais une retraite à laquelle ils ont contribué plus ou moins fortement pendant 40 années d’activité professionnelle complètes s’ils ont eu la chance de ne pas connaitre ni le chômage ou le RSA.. Dans mon cas et pour être précis il me manquait 8 trimestres de cotisations sociales à 63 ans et 8 moins et l’ensemble mes retraites en 2019 ont été décotées de 8 % au final!. Avec la loi dernière loi retraite à 64 ans , vous pouvez être sur que cette décote va concerner tous les futurs retraités compte tenu du très faible taux d’activité de 30% des plus de 60 ans en France!…
Je fais ici un aparté en précisant que tous les contribuables paient la retraite des fonctionnaires français qui représentent 5 500 000 personnes.
3- Le problème relevé et expliqué clairement et très récemment par certains députés concernant la cour des compte et la « révélation » que 200 milliards d’euros sont pompé sur la TVA perçue par l’état et payée par les français ,qui a très fortement augmentée depuis 2017.
Une partie importantes (30%) de l’ordre de 200 milliards est dirigée vers les caisses de sécurité sociale via un jeu de bonneteau (du passe passe du 1 er des macroniens), pour ensuite être versées aux entreprises françaises. C’est donc la consommation des français payant la TVA , qui permet au gouvernent d’attribuer des dizaines d’aides aux entreprises… CE qu’elles en font , on ne le sait pas pas mais ce que l’on sait est qu’il y a depuis 2017 une augmentations très significatives millionnaires et des milliardaires Français et que les versements aux actionnaires atteignent des sommets et se chiffres en dizaines de milliards!.
Est il normal que ce soit les français par leur consommation qui financent les enterprises du secteur public et privé, le débat reste ouvert?.
4- Autre sujet – le « travail dissimulé » des 14 millions retraites au titre de bénévoles et des dizaines de milliers d’associations qui ne fonctionneraient pas sans eux mais qui pompent aussi les ressources départementales et régionales à coups de subvention et dont je pourrait vous parler si vous les souhaitez.
Cordialement.
Je n’ai jamais profite d’aucune aide. Dsl la crèche pas de place , allocation droit à rien !
École privé donc payée
Nous travaillons tous les deux. Donc droit à rien. Seulement payer et beaucoup 😡
Je ne suis pas née avec une cuillère en argent, seulement employée avec horaire décalé.
On veut savoir qui est « Nicolasquipaie »?
C’est celui dont le travail crée la richesse de ce pays.
On veut savoir qui est « Nicolaquitouche »?
C’est le bavard qui n’a que sa langue pour expliquer les raison de taxer « Nicolasquipaie » et l’exploiter à son profit.
Ca c’est du grand Jean-Aymar. Compliments pour ce propos concis.
Entièrement d’accord avec ce commentaire.
B.A.V.
Les Nicolas qui paie, ce sont les 45 % de français qui ont en commun de travailler, ou d’avoir travaillé, n’avoir jamais eu droit à aucune aide, qui voit les services public se délabrer, l’autorité plus assuré, le droit de propriété méprisé, le tout en payant toujours plus d’impôts, et des excuses et toujours plus d’aides pour tous ceux qui enfreignent les lois et abusent du système sans faire d’efforts pour s’en sortir
Très belle définition et très bien résumé dans votre paragraphe !.
Bravo!
Si Nicolas est devenu célèbre si vite, c’est qu’il arrive à croiser deux préoccupations francaises majeures, le ras-le-bol fiscal et le ras-le-bol migratoire.
Quoiqu’il se passe en coulisses – union des droites ou pas – ce sont ces préoccupations qui vont occuper la scène des prochaines élections. Et faire la fortune de ceux qui leur trouveront des réponses.
Je ne vois pas bien en quoi l’aspect libertarien s’opposerait à l’aspect identitaire… Ceux qui ont lancé la fracture identitaire, c’est précisément la gauche et le système euro-socialiste. C’est la rhétorique officielle « contre les fachos ». En clair, nous devons payer des impôts pour nourrir des gens qui nous attaquent explicitement sur le terrain identitaire. Dès lors, le droit d’un peuple à disposer de lui-même est profondément libéral. Et si le peuple français tel que nous l’avons connu n’existe plus, rien n’interdit d’en refonder un. Nous évoluons probablement vers un état pluri-national en « république ». Dans ce cadre-là , le modèle fiscal doit être profondément repensé. Le minarchisme identitaire, que ça vous plaise ou non, a le vent en poupe notamment auprès des jeunes. Plus largement, cela renvoie à l’opposition entre un libéral-positivisme à la Constant (constructivisme libéral d’individus sans liens préalables) et un libéral-traditionalisme à la Jouvenel ou Tocqueville (la liberté individuelle à l’intérieur d’une communauté préexistante).
Oui , et ? Cela mène où, tout çà et surtout, vers quoi, votre « minarchisme » ?
Nicolas se définit minarchiste identitaire : effectivement il y a une certaine contradiction qui résulte d’un défaut d’analyse. La situation actuelle résulte du fait que plus de la moitié du corps électoral est achetée par l’exemption de l’impôt sur le revenu et l’assistanat social. Dans un état minarchiste, l’état ne garantirait que la liberté, la sûreté et la propriété des individus. Le reste éducation, santé, logement, transports, nourriture, habillement, communication, sports, culture serait à la charge des individus et l’aubaine offerte par l’Etat Providence disparaîtrait et donc les conséquences néfastes de l’immigration actuelle. La France n’a pas un problème d’immigration mais un problème de socialisme. « La différence entre un Etat Providence et un état totalitaire n’est qu’une question de temps » (Ayn Rand)
David Lisnard est le seul homme politique du moment qui est capable de penser et d’annoncer des solutions libérales efficaces et crédibles pour sortir du déclin où la bureaucratie mortifère de gauche d’abord et de droite aussi nous ont plongé….
Mais les médias dominants, ainsi que ses copains étatistes de droite vont l’étouffer !
Il se démène pourtant à se faire entendre…
Une piste : dédiaboliser le libéralisme pour mieux se faire comprendre
Le Nicolas qui paye n’est autre que le contribuable racketté par l’état pour entretenir une foule de flemmards ou de clandestins dont il n’a pas à assumer la subsistance!
Bien résumé
Et cela pour la gauche et l’auteur, c’est Esssstreeemmeee ddddrouuuaaaatteee !
De nombreux libéraux ont estimé qu’une société libérale nécessite, en plus d’institutions idoines, une culture qui y soit propice.
De nombreux libéraux actuels pensent donc que limiter l’immigration pour maintenir les cultures où le libéralisme peut se développer n’est pas en contradiction avec le libéralisme. Au contraire, ils estiment que c’est une des missions d’un état concentré sur le régalien.
Qualifier ça d’extrême droite me paraît vraiment malhonnête et n’aide pas le débat actuel.
Prétendre que ce serait irréconciliable, c’est tenter de faire une OPA sur le libéralisme et en exclure Hayek, de Tocqueville, entre autres.
Nicolas est né gratuitement, il a reçu des vaccins gratuitement, il est allé à l’école gratuitement, il a emmené sa petite amie au gymnase gratuitement, il est allé au lycée gratuitement, puis il a fait des études gratuitement. Vers 24 / 25 ans il travaille enfin et paye des impôts. A la retraite, il a une pension gratuitement, et reçoit des soins médicaux de plus en plus fréquents gratuitement. L’INSEE a récemment révélé que 2/3 des Français recevaient plus qu’il ne payent dans toute leur vie (toute la vie de Nicolas). le 1/3 restant payent plus mais en a largement les moyens. C’est ce qui a permis d’afficher Egalité – Liberté – Fraternité sur toutes les Maires de France et que nos politiques cherchent et ont déjà effacé au burin.
Voici une réaction publiée dans Marianne du 11/08/2025 à 17:30
Réponse d’un vieux « papy-boomer » à la meute des « babies-glandeurs »
Tribune Par Thierry Benne
Docteur en droit, animateur du mouvement national de défense des retraités, Thierry Benne a tenu à rédiger une réponse « à toutes les calomnies et les avanies » qu’un certain nombre de « babies-glandeurs », comme il les appelle, tiennent à déverser sur leurs aînés. Ce texte s’attache à huit points fondamentaux qui devraient, assure-t-il, « remettre un certain nombre d’idées en place face à une cohorte d’économistes vindicatifs ».
Depuis quelques mois, tout est bon ou presque pour tirer à vue sur les retraités : le montant sidérant du coût des retraites, tout comme le train de vie exorbitant de ces seniors en pleine santé qui se prélassent dans des villégiatures luxueuses ou trustent les croisières de rêve. Si bien qu’en quelques années à peine, le retraité est devenu un nabab, un parasite qui aspire le sang de la Nation au détriment notamment de la jeunesse qui souffre et qui ne parvient pas à se loger, ni plus généralement à vivre décemment de ses salaires qui ne progressent pas. Il est grand temps de remettre l’église au centre du village et c’est précisément le but de ce billet d’humeur d’un vieux papy-boomer de 83 ans, qui en a trop entendu ces derniers temps pour ne pas réagir sur les huit points qui suivent.
1. Un temps de travail en chute libre
Deux chiffres de l’Insee, accablants dans leur brutale simplicité : en 1975, en France, la durée moyenne annuelle du travail atteignait 1 957 heures, alors qu’elle chute à 1 592 heures en 2024, soit une perte annuelle moyenne de 365 heures responsable d’une perte brutale de 18,65 % du temps de travail qu’aggrave encore ces derniers temps un goût immodéré pour l’absentéisme. Rajoutez donc chaque année 23 % (=18,65/(100,00-18,65) d’augmentation aux cotisations actuelles et notre système de retraite reprend immédiatement vie.
Or, nos babies-glandeurs qui geignent sur leur sort et l’insuffisance de leurs rémunérations, n’ont toujours pas compris que leurs augmentations sont entièrement passées dans les dividendes des 35 heures, puisque leurs employeurs leur ont maintenu peu ou prou leur pouvoir d’achat pour un temps de travail toujours moindre. Et oui, la civilisation des loisirs et les promesses des 35 heures ont inévitablement un coût et ce coût impacte obligatoirement les retraites, puisque les pensions sont assises sur des cotisations qui, elles-mêmes, reposent sur les salaires. Et c’est principalement cette chute vertigineuse du temps de travail de nos babies-glandeurs, qui prive indûment nos retraites actuelles des ressources qui auraient dû être les leurs.
C’est là qu’on mesure tout ce que notre système doit à la démagogie de deux fossoyeurs d’élite : un président qui, pour se faire élire, a imposé la retraite à 60 ans, dûment assisté de sa ministre du Travail, la géniale architecte des 35 heures. Le tout aggravé récemment encore par une gestion erratique de la crise du Covid-19 où l’on a payé des gens à ne rien faire et dont le pays ne s’est toujours pas remis. Rien donc ne sert de récriminer, ni de geindre, il suffit une bonne fois pour toutes d’avoir le courage de regarder la réalité en face, surtout quand elle dérange : dans notre pays, cela fait déjà un certain temps que la valeur-travail ne fait plus le poids face aux exigences sans limites du temps libre, des congés et des loisirs.
2. Le niveau de vie soi-disant supérieur des retraités
Reprise en boucle depuis des années, cette assertion est tout simplement fausse. Il suffit de se référer au graphique « Niveau de vie et pauvreté » de l’Insee qui, pour 2021, attribue un niveau de vie annuel moyen de 26 610 euros à l’ensemble de la population, contre 26 090 euros aux retraités et 29 140 euros aux actifs.
Il est vrai que les chiffres les plus fantaisistes circulent dans ce domaine. L’intox officielle et médiatique a remplacé par diverses sources l’information de l’Insee pour monter encore d’un cran le reste de la population contre les retraités. On verra hélas que cette sinistre manipulation n’est pas la seule.
3. La désindexation des retraites
L’année blanche serait-elle la solution à tous nos maux, au prix de la violation de l’article L 161-25 du Code de la Sécurité sociale qui garantit l’indexation des pensions de base ? C’est évidemment ce que pensent nos babies-glandeurs, sans comprendre que la répétition des années blanches (ou grises) non seulement pèse sur les retraites d’aujourd’hui, mais qu’elles hypothéqueront aussi les retraites de demain. Sur 25 ans d’espérance de vie en retraite, une désindexation annuelle de 1 % ampute de 22 % le pouvoir d’achat de la vingt-cinquième annuité et sur toute la durée de sa retraite prive le retraité de plus de 11 % de ses droits à pension, ce qui équivaut à la perte de 2,79 années de retraite.
La désindexation est donc l’arme du lâche qui fait de l’assurance-vieillesse un contrat de dupe, avant de se terminer dans le dénuement ou la précarité pour les plus fragiles, dans une aisance fragilisée pour les autres. La désindexation, qui est une forme sournoise de prélèvement, ne doit donc être utilisée qu’en dernier recours et avec la plus extrême prudence, sous peine de devoir renflouer plus tard par plus d’assistance ceux qu’on aura sauvagement ponctionnés tout au long de leur retraite. Mais ces remarques de bon sens sur le temps long sont probablement inaccessibles à nos babies-glandeurs biberonnés au court terme, sans se douter qu’un peu plus tard, ils paieront aussi les pots qu’ils ont eux-mêmes cassés.
4. Les 400 milliards d’euros de retraites
Publié pour faire peur, ce chiffre est grossièrement faux. En effet, on ne peut sérieusement parler de retraites qu’à condition du versement préalable de cotisations. Or, tout l’art du gouvernement va consister à pratiquer un amalgame entre les retraites provenant des cotisations d’assurance et les dépenses d’assistance-vieillesse non contributives, dues aux seuls choix de la puissance publique et parfaitement étrangères aux retraites. Et en matière d’assistance-vieillesse, la prodigalité du gouvernement est légendaire, puisqu’il va jusqu’à verser des allocations substantielles à des étrangers qui n’ont jamais cotisé en France.
Toujours est-il que, malgré l’opacité de la comptabilité publique, on sait depuis le rapport Delevoye de juillet 2019, que les dépenses vieillesse se répartissent pour les trois quarts en dépenses de retraites et pour le solde en dépenses d’assistance vieillesse. Donc sans entrer plus avant dans les arcanes budgétaires, on peut légitimement estimer que le chiffre de 400 milliards d’euros jeté en pâture aux débats et à l’information est nettement excessif pour ce qui concerne les retraites, qui doivent plafonner aux alentours de 300 milliards d’euros et en tout cas très en dessous des 400 milliards qu’on veut nous faire gober.
5. La lutte contre la fraude en matière de retraite
La question a été âprement débattue mais après bien des débats, il semble qu’un accord s’esquisse pour fixer à 9 ou 10 milliards d’euros par an les enjeux de la lutte contre la fraude des retraites. Cependant pour l’instant, les contrôles publics sont si timides que l’on peut se demander si l’État n’accompagne pas davantage la fraude qu’il ne la combat. Les chiffres actuels n’atteignent pas le milliard d’euros et encore trop de fraudes détectées ne donnent lieu qu’à des recouvrements dérisoires. On peut donc considérer que, par son désintérêt et son inertie, pour acheter aussi la paix sociale, l’État laisse volontairement filer chaque année de nombreux milliards de fraudes, qui sont autant de moins-values pénalisant indûment le financement du système.
6. Le défaut de représentation des retraités : l’apartheid français
Alors là , personne n’en parle : ni les deux partenaires sociaux actuels – syndicats de salariés et organisations patronales – également jaloux de leurs privilèges, ni les parlementaires sourds à tous les rappels, ni les gouvernements pour lesquels la question relève du secret-défense. Or, dans le public, personne ou presque ne le sait, mais les retraités sont les seuls à être totalement exclus du système de retraite géré conjointement par une sorte de triumvirat entre le gouvernement et les deux partenaires sociaux actuels.
Des retraités ès qualités pour représenter leurs 18 millions de pairs ? Aucun ni au Conseil économique, social et environnemental (175 membres), ni au Conseil d’orientation des retraites (42 Conseillers), ni au Comité de suivi des retraites (5 commissaires), ni au conseil d’administration de la Caisse Nationale d’assurance-vieillesse (ce qui est un comble ! ) et de la Caisse nationale d’assurance-maladie (35 administrateurs chacun), ni enfin à la puissante Agirc-Arcco (27 administrateurs).
Les retraités sont exclus par principe et c’est tout juste si, à l’entrée de toutes ces vénérables institutions, on ne trouve pas une plaque portant l’inscription « Interdit aux retraités et aux chiens ». Naturellement, cette exclusion qui parque les retraités dans un apartheid peu glorieux, est contraire à la fois à la Constitution (égalité / fraternité / démocratie sociale indivisible / droit de suivre les affaires publiques etc.), aux diverses Déclarations internationales des Droits de l’Homme (participation de tous aux affaires publiques) et aussi à la loi française qui interdit l’âgisme sous toutes ses formes.
Pourtant, le Conseil constitutionnel, dûment saisi par mes soins, n’a rien trouvé à redire à cette exclusion qui porte amputation d’une partie de la personnalité sociale de chaque retraité. C’est ainsi que la patrie de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 est aussi devenue au cours du vingtième siècle celle de l’apartheid des retraités.
7. L’absence d’un vrai ministère dédié
Puisque l’ensemble de nos dépenses vieillesse totalise 400 milliards d’euros, soit six fois le budget de l’Éducation nationale, huit fois celui de la Défense, pourquoi viennent-ils se perdre dans une obscure direction du ministère du Travail, alors que précisément la plupart des retraités ont cessé de travailler ?
Il est urgent que tous ces crédits soient attribués à un seul ministère autonome et souverain, qui rassemblera tous les personnels présentement épars au gré des humeurs des ministres et du gouvernement. Car réunir ces fonds et ces agents sous un même toit et sous l’autorité d’un ministre de plein exercice, c’est le début de la reconnaissance de la personne des retraités, dont le nombre ne va cesser de croître durant les prochaines années.
8. L’urgence absolue d’un troisième partenaire social
Il faut désormais balancer par-dessus bord cette culture du mépris, qui s’affiche partout à l’encontre des retraités, alors qu’avec 18 millions d’individus (réservataires inclus), ils représentent 26 % de la population française, 37 % de son corps électoral et, vu l’assiduité des seniors, pratiquement 50 % des bulletins lors du dépouillement des urnes. Or, actuellement aucun politique ne s’intéresse aux retraités en dehors des campagnes électorales, c’est-à -dire pas plus de quelques mois tous les cinq ans. Il faut aussi sommer l’ARCOM de faire respecter une représentation équitable des retraités dans le paysage audiovisuel français, actuellement cantonnée à un taux infamant de 2 à 3 %.
ça dépend du travail de toute une vie, certains sont cassés à l’âge de la retraite, mon mari a commencé à travailler à l’âge de 16 ans, il a pris sa retraite à 65 ans, une vie de maçonnerie générale,
Car, si les retraités sont nécessairement vigilants quant au maintien de leur pouvoir d’achat, ils tiennent surtout à briser une fois pour toutes la loi du mépris qu’imposent des politiques sans foi, ni loi et à recouvrer leur dignité citoyenne en récupérant l’intégralité de leur personnalité sociale. Ils revendiquent à cor et à cri ce titre de troisième partenaire social, qui aurait dû leur revenir de droit dès l’origine, puisque sans retraités, les retraites n’auraient jamais existé. Or, c’est uniquement ce nouveau partenariat qui ouvrira enfin les portes d’un véritable dialogue social à l’ensemble des retraités, qui pourront alors l’enrichir d’une expérience que n’ont pas et n’apporteront jamais les autres, ni les hauts fonctionnaires, ni les syndicalistes, ni les patrons : celle du vécu d’une vingtaine d’années de retraite. Comment enfin ne pas plaindre tous ces actifs vindicatifs, qui n’ont pas encore compris qu’ils assaillent les retraites qui demain seront les leurs ?
Bonjour. « Le minarchisme est une idéologie politique qui préconise un « État minimal », dont la légitimité est enserrée par des limites strictes. »
Cette définition, trouvée sur Wikipedia, ne fait pas de lien direct avec la politique, encore moins donc avec la fameuse et fumeuse « extrême droite ».
Notre combat devrait être de détricoter cette foutue habitude malsaine d’associer de manière systématique le libéralisme à l’extrême droite. Cela devrait être facile tellement tous les systèmes totalitaires sont socialistes (tant le nazisme que le communisme qui ne sont absolument pas deux extrêmes opposés mais bel et bien un seul extrême totalitaire sous deux masques prétendument contraires).
Alors, on s’y met quand ?
Merci à Contrepoints et l’IREF de nous apporter un peu d’air médiatique dans les miasmes de la minable presse française.
Courage à tous.