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dimanche 25 octobre 2026

Raphaël Glucksmann : entre Macron bis et petit Mélenchon

Temps de lecture : 3 minutes

Le fondateur de Place publique a gagné, largement, la primaire de la gauche. La messe n’est pas dite puisque François Hollande se dit en réserve de la République et que certains soutiens ne sont pas encore acquis au gagnant de la primaire socialiste. Tout est encore possible. Mais que veut Raphaël Glucksmann et quel est son programme ?

Sans ambiguïté, R. Glucksmann a refusé toute alliance avec LFI. Il se positionne en concurrent de Mélenchon pour gagner contre Le Pen au second tour et pense, non sans raison, qu’il aurait plus de chances de l’emporter que lui parce qu’il lui serait plus facile de rassembler contre le RN. Il veut, dit-il, « empêcher les valets de Trump et Poutine, de s’emparer de la France ». Voilà sa « bataille essentielle ». Il gagnera contre les extrêmes à défaut de pouvoir le faire pour quelque chose !

Depuis quelque temps il caresse donc les Ecologistes dans le sens du poil car il a besoin d’eux et l’alliance qu’il a déjà nouée avec Yannick Jadot, ancien candidat écologiste à la présidentielle, ne suffira pas. Dans une récente interview du Monde, publiée le 26 août 2026, il promettait d’être « le président de la transformation écologique. La clé de voûte sera la sortie des énergies fossiles. Développement rapide des énergies renouvelables, électrification des usages, […] rénovation thermique des bâtiments, agroécologie, politique du train… ». Il défend un plan de leasing social d’un million de voitures électriques pour 100 € par mois. Il a demandé à Yannick Jadot de planifier et de porter les cent jours de sa révolution écologique qui suivraient son élection pour permettre de sortir des énergies fossiles. A ce stade, il en reste aux banalités.

La gauche démagogique

Et il continue de s’y complaire, tout « en même temps » mais avec le souci de garder un marqueur vraiment à gauche. Il défend sans réserve la retraite par répartition qu’il veut sauver d’un désastre démographique pourtant inéluctable en l’état. De manière inconséquente, il veut maintenir une retraite à 62 ans « quoi qu’il en coûte » et avec une décote de pénibilité ! Il propose de porter le SMIC à 1 600€, de revaloriser le point d’indice de la fonction publique, de baisser la CSG…

Il câline l’école et la santé, réservoirs de fonctionnaires. Il veut augmenter les salaires des enseignants, renforcer leur formation, rénover les écoles, compte tenu de la baisse démographique diminuer le nombre d’élèves à 19 par classe au lieu de fermer des classes, mettre fin à la concurrence déloyale du privé en conditionnant les subventions à des critères de mixité sociale. Il parle de « démarchandiser » les crèches ou les Ehpad, ce qui en bon français revient à les collectiviser. Il est favorable à une planification pour réindustrialiser. Il ne doute pas que ces mesures se traduiront par plus de pouvoir d’achat pour les classes populaires et moyennes, des usines dans chaque territoire, des centaines de milliers d’emplois non délocalisables, une souveraineté retrouvée. Non, il n’en doute pas plus que les plans soviétiques de leurs objectifs fantaisistes.

Une fiscalité spoliatrice

Il sait que ça coutera très cher, mais c’est mieux dit-il que l’argent perdu dans les feux de l’été 2026 ou les 70 milliards d’euros de subventions aux énergies fossiles à la suite de la crise gazière de 2021-2022. Il trouvera de l’argent dans la poche des plus fortunés.

Il fait la course avec Mélenchon pour savoir lequel taxera le plus les riches. Il observe que les deux tiers du patrimoine des Français sont constitués par l’héritage (en fait, c’est plutôt 60%) et considère que c’est injuste. Il veut donc taxer à un taux progressif ce qu’il appelle les méga-héritages, de plus de 2 millions d’euros, notamment pour financer une baisse des prélèvements sociaux « sur les salaires des travailleurs ». Il n’en dit pas plus ni sur la question de savoir si les 2 millions seront pris en compte par donateur, par donataire ou par famille… ni sur le rendement possible d’une telle taxe qui risque de faire tant fuir les « riches » qu’il pourrait être négatif. D’autant plus qu’il défend en même temps la taxe Zucman à 2% par an sur les hauts patrimoines, sans exonération des biens professionnels sauf à trouver des accommodements pour les start-ups. Et il a déjà souhaité taxer les superprofits pétroliers pour financer une aide aux particuliers. Il n’a vraiment rien inventé et se fait petit télégraphe de LFI !

Raphaël Glucksmann n’a donc pas retenu les leçons de son père André Glucksmann. Après avoir fait la révolution de 1968, celui-ci avait compris que le marxisme mène toujours au totalitarisme et que l’Etat est toujours insatiable.  Dans son ouvrage à succès La Cuisinière et le Mangeur d’hommes (1975), marquant son retournement contre le socialisme, il regrettait l’erreur de ceux qui auraient dû résister à l’Etat « au lieu de croire sur parole ses professions de foi socialistes ». A 47 ans, à peine plus jeune qu’Emmanuel Macron, Raphaël Glucksmann, qui a flirté dans sa jeunesse avec les libéraux, semble désormais s’ancrer dans un socialisme intransigeant. Certes, il veut aider l’Ukraine, ce qui le démarque de Mélenchon dont il n’épouse pas non plus les manières. Il mise sur sa tête de gendre idéal pour rallier une gauche aux abois. Il n’est pas sûr que ça suffise. Ce qui néanmoins devrait inciter la droite libérale à réagir rapidement pour se regrouper et ne pas laisser à cette gauche verbeuse et insipide la possibilité de gagner ou de faire gagner les extrêmes.

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