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lundi 20 juillet 2026

Rapport sur la justice : pikettyrannie et zucmanipulation

Temps de lecture : 4 minutes

Une équipe de 45 économistes et militants d’extrême gauche vient de publier « Un plan pour l’égalité et la prospérité dans les limites planétaires » qu’ils baptisent aussi sans vergogne « Rapport sur la justice mondiale ». Parmi les têtes de proue figurent bien entendu Thomas Piketty et Gabriel Zucman.

Leur ambition n’est pas moins que « d’ancrer le développement humain et l’égalité dans l’habitabilité de la planète », ce qui, disent-ils, n’est possible qu’en mettant en œuvre une décarbonation rapide des systèmes énergétiques, un virage majeur vers la sobriété et une réduction drastique des inégalités de revenu, de patrimoine et de pouvoir. Ils veulent modifier nos modes de consommation et d’habitation autant que nos habitudes alimentaires… Ils ont imaginé, chiffré, organisé un monde imaginaire. Ils ont modélisé toutes les transformations socio-économiques qu’ils proposent, en plaçant l’inégalité et la sobriété au centre de leur analyse, aussi bien que le changement de température et les trajectoires distributives jusqu’en 2100 ! Dans cet espace-temps, le revenu national mensuel par habitant convergera vers 5 000 € dans chaque pays, la part de la moitié la plus pauvre dans le patrimoine mondial passera de 2 % à 30 %, tandis que la part de la classe des milliardaires diminuera de 6 % à 0,05 %. Près de 90 % de la population mondiale doublera son revenu tout en travaillant environ moitié moins d’heures qu’aujourd’hui. « Le réchauffement atteindra 1,8 °C d’ici 2100, plutôt que plus de 4 °C selon les tendances macroéconomiques et politiques de référence ».

Pour créer ce monde égalitaire merveilleux, les dépenses annuelles d’aide publique au développement atteindront 10,3 % du PIB mondial par an pendant la période 2026-2060 contre moins de 0,4 % du PIB mondial aujourd’hui. Ce sera possible en instituant un impôt mondial sur le patrimoine croissant jusqu’à 20 % par an pour les milliardaires et un impôt mondial sur le revenu atteignant 90 %. Un « Fonds de justice mondial » bénéficierait de ces fonds pour accumuler des actifs équivalant à environ 60 % du PIB mondial ! « Le total des dépenses d’éducation et de santé [passera] de 13 % du PIB mondial aujourd’hui […] à environ 38 % du PIB mondial partout d’ici 2100 ».

Ce rapport bavard se vante d’avoir accumulé les données des deux siècles précédents et multiplie les courbes et les chiffres sans rien justifier ni démontrer.

Une conception biaisée de la justice

Pour les auteurs du rapport, une société juste est celle qui permet à tous ses membres d’avoir accès à l’éventail le plus large possible de biens fondamentaux : l’éducation, la santé, le logement, l’alimentation, la culture, une planète durable et riche en biodiversité… Et c’est cette société, c’est-à-dire l’Etat, qui doit organiser « les relations socioéconomiques, les droits de propriété et la distribution du revenu et du patrimoine de manière à permettre à ses membres les moins avantagés de jouir des meilleures conditions de vie possibles et de participer effectivement à tous les aspects de la vie sociale ». Ils s’inspirent ainsi de John Rawls en considérant que peuvent être tolérées quelques inégalités de revenu ou de patrimoine pour autant qu’elles « permettent d’améliorer le niveau de vie et d’élargir les opportunités offertes aux défavorisés ». Mais « cela doit être démontré, et non présumé » ajoutent-ils, laissant entendre que leur justice jugera, selon leurs critères, et fera tomber les têtes de ceux qui ne respecteront pas ces règles.

Leur justice n’est pas la justice. Car la justice n’est pas l’égalitarisme, elle n’impose pas l’égalité mais en assure la reconnaissance et le respect en droit. Comme le proclamait la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis, le 4 juillet 1776, la justice est établie pour garantir les droits de tous les hommes créés égaux et notamment leurs droits inaliénables dont la vie, la liberté et la recherche du bonheur. A cet effet, la justice veille à rendre à chacun ce qui lui revient et à ce que chacun puisse exercer ses libertés dans la limite de celles des autres.

Quand la justice devient une machine à égaliser, elle en vient naturellement à voler les uns au profit des autres sur la base de critères arbitraires et souvent fallacieux. Elle dégénère nécessairement en violence politique et économique pour satisfaire à un égalitarisme toujours à la fois insatiable et inépuisable.

Un retour à 1984

La prétention de ce rapport et de ses auteurs inquiète. Ils affirment sans vergogne pouvoir construire l’avenir des 75 prochaines années, déterminer le revenu par habitant de chacun, définir la croissance de chaque pays, annoncer combien leurs mesures permettront à chacun de gagner, quelle température il fera dans 75 ans dans chaque pays…  Ils gèrent l’avenir des hommes comme ils programmeraient une machine. Ils font fi de nos différences et de notre libre arbitre. Ils ignorent que la nature elle-même n’est pas statique et que l’humanité grandit en réagissant de manière spontanée et imprévisible, dans l’exercice de sa liberté, aux défis successifs auxquels elle fait face.

Ceux qui planifient l’avenir humain se heurtent toujours aux démentis de la réalité. Pour éviter de reconnaître leurs erreurs ils s’emparent de boucs émissaires auxquels ils font payer, au goulag ou au laogai, dans les geôles cubaines ou vénézuéliennes, les faillites de leur politique. Car la planification imposée ne peut être qu’un échec, par sa méconnaissance des ressorts de la nature humaine, de la complexité du monde et des incertitudes de la vie, des adversités inattendues, des richesses créatives que recèle chaque individu. L’histoire de la planification intégrale, comme celle que veulent les Pikettyrans et les Zucmanipulateurs, a toujours été celle du mensonge, de la famine et de la terreur. L’égalité n’y existe que pour le peuple, dans la pauvreté, tandis que les apparatchiks profitent de l’Etat-parti de connivence. Orwell a décrit cet enfer dans « 1984 », l’Holodomor, la Révolution culturelle et les massacres perpétrés par les Khmers rouges en ont témoigné. Et pourtant il se trouve toujours des naïfs pour faire confiance à ces idéologues et des institutions perverties pour en propager les théories dangereuses. Ne nous lassons pas de dénoncer ces prophètes de malheur et de répéter que l’ordre spontané d’un monde libre est toujours meilleur et plus efficace.

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3 réponses

  1. Ça fait peur. Et d’autant plus que ces idéologues ont l’oreille de gens qui pourraient vouloir mettre cela en œuvre ; il me semble que Picketty et son épouse conseillaient Mélenchon en 2022 ?

  2. Ces gens sont obsédés par l’égalité. Ils préfèrent un système plus égalitaire mais plus pauvre et moins performant. Dans leur utopie je n’ai pas compris comment ils mettaient l’exploitation des ressources naturelles qui ne sont par nature pas uniformes entre tous les pays. Je suppose aussi que c’es est fini des démocraties et que dans leur utopie c’est un système politique type chinois qui gouvernerait le monde. Vive la démocratie et l’entreprise privée /

  3. « Ne nous lassons pas de dénoncer ces prophètes de malheur et de répéter que l’ordre spontané d’un monde libre est toujours meilleur et plus efficace. »

    Sur ce plan, la dénatalité accélérée dans la plupart des pays, dont nul ne connait les causes, mais qui à terme rapproché conduira à soulager la terre d’un « excès d’humanité » démontre bien que  » l’ordre spontané d’un monde libre est toujours meilleur et plus efficace. »
    L’étonnant est que vous n’avez pas entendu un seul prétendu écologiste constater et se réjouir de cette évolution du monde.

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