Robespierre étant monté sur l’échafaud un 28 juillet, après de nombreuses personnes que lui et ses compagnons y avaient précédemment envoyées, la France Insoumise a souhaité lui rendre un hommage vibrant. L’occasion de célébrer celui qui aurait aboli l’esclavage, réglementé la Terreur, œuvré au droit des femmes… De quoi lui donner le Bon Dieu sans confession, même s’il l’aurait probablement refusé.
Malheureusement, les connaissances des Insoumis en histoire semblent valoir celles qu’ils n’ont pas en économie. Un historien moins obnubilé par des idées politiques pourrait préciser que les Colonnes Infernales, qui avaient pour but de « dépopulationner la Vendée » se sont arrêtées à la mort de Robespierre. Ou que notre saint révolutionnaire maniait la guillotine avec dextérité dans des opérations d’épuration dont Staline aurait pu s’inspirer. Ou encore qu’il excluait les femmes de la scène politique révolutionnaire. Avant Staline, Robespierre se défaussait de ses erreurs et de ses méfaits sur des boucs émissaires dont il inventait la culpabilité.
Si la gauche avait plus de courage, elle oserait chercher la vérité, au risque d’avoir à reconsidérer ses références. Elle rejoindrait en cela ce que disait Jean Jaurès, mort un 31 juillet, deuxième figure récemment célébrée. Qu’aurait-il pensé de la gauche d’aujourd’hui, qui applaudit les réunions non-mixtes et les communautarismes sexuels, religieux et ethniques, lui qui prétendait qu’au fond, « il n’y a qu’une seule race : l’humanité » ? Certes, il fut socialiste au XIXe siècle. Reste à savoir s’il le serait aujourd’hui, lorsque son parti, à coup de taxes et impôts divers, empêche les Français de [dépenser ce qu’ils gagnent] et de « disposer de biens », des droits qu’il affirmait défendre.
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5 réponses
Robespierre magnait avec dextérité la guillotine l’encontre de la noblesse alors qu’il s’appelait Maximilien de Robespierre. Pourquoi supprimer cette particule lorsque l’on fait l’éloge de ses actions ?
Il suffit de lire son discours du 26 juillet 1794, après avoir été accusé de dictature par le Comité de Salut public , pour se rendre compte que ce type était un vrai taré n’ayant strictement aucune conscience de tout le mal qu’il a engendré.
Aussi, dans « Robespierre : « intrigant affolé de pouvoir » et « âme vaine et vide » ? / D’après « Revue de l’Église de France », paru en 1912. » :
« …
Ce « sentimental » qui, la veille encore de sa chute, agrémentait ainsi son interminable harangue : « Vous avez montré au monde la Révolution dans tout l’éclat de sa beauté céleste. Ô jour à jamais fortuné où le peuple français tout entier s’éleva pour rendre à l’auteur de la nature le seul hommage digne de lui ! Quel touchant assemblage de tous les objets qui peuvent enchanter les regards et le cœur des hommes ! ô vieillesse honorée ! ô généreuse ardeur des enfants de la patrie ! ô joie naïve et pure des jeunes citoyens ! ô larmes divines des mères attendries ! ô charmes divins de l’innocence et de la beauté ! ô majesté d’un grand peuple heureux par le seul sentiment de sa force, de sa gloire et de sa vertu ! Être des êtres, le jour où l’univers sortit de tes mains toutes-puissantes brilla-t-il d’une lumière plus agréable à tes yeux que ce jour où, brisant le joug du crime et de l’erreur, il parut devant toi digne de tes regards et de ses destinées ».
…
En 1793, une autre femme, Mme Mathieu de la Drôme, peu de jours après avoir dîné avec lui, explique que Robespierre est « abstrait comme un penseur, sec comme un homme de cabinet, (…) sombre comme Young » (Annales révolutionnaires, janvier 1911) Lamartine, qui a interrogé des témoins, nous donne le secret de cette gravité : « Les traits et l’expression de son visage trahissaient la tension perpétuelle d’un esprit qui s’efforce ». Trop continu, l’effort de son cerveau lui avait donné une sorte de maladie nerveuse : « II crispait souvent les mains, comme par une espèce de contraction des nerfs ; le même mouvement se faisait sentir dans ses épaules et dans son cou qu’il agitait convulsivement à droite et à gauche » — explique Duperron dans Vie secrète, politique et curieuse de M. Jean-Maximilien Robespierre (1793) —, comme s’il répétait intérieurement un laborieux discours. Les yeux surtout étaient pénibles à observer : Dumont (de Genève) parle de leur « clignement continuel » derrière les conserves vertes, et Nodier avait été frappé par la « prunelle fauve d’où le regard jaillit entre deux paupières convulsivement rétractiles. » (Le cabinet secret de l’histoire, par le Dr Cabanès)
Pour Gautherot, cet original, fort peu sympathique — malgré ses beaux atours — paraît à beaucoup d’égards un déséquilibré dont le surmenage aggrave de plus en plus l’état pathologique. Les heures même de repos deviennent pour lui un épuisement : « Presque toutes les nuits, rapporte son secrétaire Pierre Villiers, il baignait de sang son oreiller. » Le conventionnel Choudieu écrit dans ses Mémoires (publiés par Victor Barrucand en 1897) : « Je n’aimais pas Robespierre parce qu’il n’était pas aimable, mais ce n’est pas une raison pour être injuste envers lui. » »
La gauche s’est beaucoup essayée et tente encore des essais. J’ai rarement vu les essais transformés, à croire que pour eux les buts marqués à l’extérieur comptent double. Affligeant et les gens y croient encore. Pauvre France.
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5 réponses
Robespierre magnait avec dextérité la guillotine l’encontre de la noblesse alors qu’il s’appelait Maximilien de Robespierre. Pourquoi supprimer cette particule lorsque l’on fait l’éloge de ses actions ?
Il suffit de lire son discours du 26 juillet 1794, après avoir été accusé de dictature par le Comité de Salut public , pour se rendre compte que ce type était un vrai taré n’ayant strictement aucune conscience de tout le mal qu’il a engendré.
Aussi, dans « Robespierre : « intrigant affolé de pouvoir » et « âme vaine et vide » ? / D’après « Revue de l’Église de France », paru en 1912. » :
« …
Ce « sentimental » qui, la veille encore de sa chute, agrémentait ainsi son interminable harangue : « Vous avez montré au monde la Révolution dans tout l’éclat de sa beauté céleste. Ô jour à jamais fortuné où le peuple français tout entier s’éleva pour rendre à l’auteur de la nature le seul hommage digne de lui ! Quel touchant assemblage de tous les objets qui peuvent enchanter les regards et le cœur des hommes ! ô vieillesse honorée ! ô généreuse ardeur des enfants de la patrie ! ô joie naïve et pure des jeunes citoyens ! ô larmes divines des mères attendries ! ô charmes divins de l’innocence et de la beauté ! ô majesté d’un grand peuple heureux par le seul sentiment de sa force, de sa gloire et de sa vertu ! Être des êtres, le jour où l’univers sortit de tes mains toutes-puissantes brilla-t-il d’une lumière plus agréable à tes yeux que ce jour où, brisant le joug du crime et de l’erreur, il parut devant toi digne de tes regards et de ses destinées ».
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En 1793, une autre femme, Mme Mathieu de la Drôme, peu de jours après avoir dîné avec lui, explique que Robespierre est « abstrait comme un penseur, sec comme un homme de cabinet, (…) sombre comme Young » (Annales révolutionnaires, janvier 1911) Lamartine, qui a interrogé des témoins, nous donne le secret de cette gravité : « Les traits et l’expression de son visage trahissaient la tension perpétuelle d’un esprit qui s’efforce ». Trop continu, l’effort de son cerveau lui avait donné une sorte de maladie nerveuse : « II crispait souvent les mains, comme par une espèce de contraction des nerfs ; le même mouvement se faisait sentir dans ses épaules et dans son cou qu’il agitait convulsivement à droite et à gauche » — explique Duperron dans Vie secrète, politique et curieuse de M. Jean-Maximilien Robespierre (1793) —, comme s’il répétait intérieurement un laborieux discours. Les yeux surtout étaient pénibles à observer : Dumont (de Genève) parle de leur « clignement continuel » derrière les conserves vertes, et Nodier avait été frappé par la « prunelle fauve d’où le regard jaillit entre deux paupières convulsivement rétractiles. » (Le cabinet secret de l’histoire, par le Dr Cabanès)
Pour Gautherot, cet original, fort peu sympathique — malgré ses beaux atours — paraît à beaucoup d’égards un déséquilibré dont le surmenage aggrave de plus en plus l’état pathologique. Les heures même de repos deviennent pour lui un épuisement : « Presque toutes les nuits, rapporte son secrétaire Pierre Villiers, il baignait de sang son oreiller. » Le conventionnel Choudieu écrit dans ses Mémoires (publiés par Victor Barrucand en 1897) : « Je n’aimais pas Robespierre parce qu’il n’était pas aimable, mais ce n’est pas une raison pour être injuste envers lui. » »
Bonjour Monsieur, merci pour ces compléments, précieux pour comprendre le personnage.
La gauche s’est beaucoup essayée et tente encore des essais. J’ai rarement vu les essais transformés, à croire que pour eux les buts marqués à l’extérieur comptent double. Affligeant et les gens y croient encore. Pauvre France.
Fantastique ! Faîtes savoir urbi et orbi que LFI voue un culte à Robespierre, l’Etre suprême… !!! Merveilleux…