Journal d'actualité libéral
|
mercredi 9 septembre 2026

Séisme en Saxe-Anhalt : l’AfD écrase la CDU (43,8 % contre 17 %) et fait vaciller Merz

Temps de lecture : 2 minutes

Le chancelier Friedrich Merz a tenté mercredi de reprendre la main après la lourde défaite de son camp aux élections régionales en Saxe-Anhalt ; le parti d’extrême droite AfD (anti Union européenne, pro-Kremlin et très anti migrants) a obtenu 43,8 % des voix (soit le double d’il y a cinq ans), contre à peine 17 % au CDU, le parti central de la coalition au pouvoir à Berlin, qui chute de vingt points. Arrivé largement en tête mais à trois sièges de la majorité absolue, l’AfD pourrait, pour la première fois depuis 1945, accéder au gouvernement d’un Land allemand — à condition de briser le « cordon sanitaire » (Brandmauer) que les autres partis lui opposent. L’hypothèse d’un rapprochement avec le BSW, le parti populiste de gauche et anti-migrants de Sahra Wagenknecht (5,3 %), est évoquée, mais rien n’est acquis.

Le Chancelier allemand a lors d’un débat au Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, accusé le projet de « remigration » des personnes indésirables (étrangers coupables de crimes et délits, demandeur d’asile dont le dossier a été refusé ou dont le pays est devenu sûr, ou tout étranger tenant des discours séditieux ou anti-allemand, selon le programme de l’AfD) de n’être « rien d’autre que le synonyme d’un nettoyage ethnique en fonction de l’origine et de la couleur de peau ».

« Si ceux qui travaillent en Allemagne devaient quitter le pays parce que l’on fait de la « remigration » le mot d’ordre », plusieurs secteurs de l’économie ne pourraient plus fonctionner, a poursuivi le chancelier, citant notamment « l’artisanat », les « établissements de soins » ou encore les « restaurants ».

Le chef du gouvernement s’exprimait après un discours agressif d’Alice Weidel, la co-cheffe de l’AfD, qui a regretté que les Allemands doivent « vivre au quotidien avec les conséquences de l’immigration de masse ». D’après Mme Weidel, celle-ci a pour conséquences directes « une criminalité en hausse » et « une augmentation massive des infractions à caractère sexuel et des actes de violence brute ». Si l’AfD est détestable, notamment par ses connexions avec des néo-nazis, il n’en reste pas moins que son succès illustre la colère de nombreux Allemands devant la désindustrialisation du pays sous l’effet de la concurrence massive de la Chine, ainsi que, surtout, l’immigration de masse, en particulier turque et syrienne.

Ce que Friedrich Merz ne semble pas vouloir admettre (comme d’ailleurs nombre de partis dits « mainstream » en Europe), c’est que les peuples européens ne veulent plus d’une immigration telle qu’elle s’est pratiquée depuis des décennies, tant par son ampleur que son origine (majoritairement de pays musulmans). Les partis anti-migrants sont en tête des scrutins et des sondages en France, Allemagne (24 % au niveau national pour l’AfD), Royaume-Uni avec Reform UK (quoique affecté récemment par un scandale de financement occulte), Italie (où le parti Fratelli d’Italia dirige d’ailleurs le gouvernement avec un record de longévité), ainsi qu’en Pologne et divers pays de l’Est. Ailleurs, ce genre de partis est systématiquement deuxième, sauf en Espagne.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.