Journal d'actualité libéral
|
mercredi 14 octobre 2026

La mairie de Berlin passe à la gauche radicale : Merz dans la tourmente

Temps de lecture : 2 minutes

Trente-sept ans après la chute du Mur de Berlin, les Berlinois devraient, au vu du scrutin de dimanche, porter à la mairie Elif Eralp, tête de liste de Die Linke, parti héritier des communistes est-allemands. Il y a de quoi être effaré, ou scandalisé, à moins que cela ne révèle une tendance observée à New York, qui a élu l’an dernier un maire se réclamant du socialisme démocratique : la radicalisation à gauche des grandes métropoles occidentales, sous l’influence à la fois de l’immigration dans ces mégapoles et d’une forte production de diplômés de sciences humaines à vulgate marxiste, frustrés sans logement ni emplois décents.

Toujours est-il que la CDU, le parti de centre droit au pouvoir en Allemagne depuis mai 2025, a subi un nouveau revers humiliant dans la capitale allemande. Les chrétiens-démocrates du chancelier Friedrich Merz ont aussi vu leur soutien s’effondrer dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, sur la côte baltique, dimanche, n’obtenant que 4,9 % des voix, sous le seuil de 5 % nécessaire pour entrer au Landtag, tandis que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), le parti anti-migrants et pro-Kremlin, remportait sa deuxième victoire régionale consécutive. Il avait déjà frôlé la majorité absolue deux semaines auparavant dans le Land de Saxe-Anhalt, où il avait doublé son score en cinq ans. La CDU y avait perdu près de 20 points sur le même laps de temps. L’AfD pourrait y diriger le premier gouvernement régional d’extrême droite depuis 1945, si l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW) accepte de s’allier avec elle.

Friedrich Merz, à l’impopularité record, a précisé dès dimanche soir, dans une déclaration à la presse organisée à la dernière minute peu après la fermeture des bureaux de vote, qu’il resterait en place et poursuivrait son agenda de réformes en tant que chancelier et président de la CDU. Même s’il a reconnu un « désastre », le chancelier a écarté ce qui s’annonçait comme le plus grand défi à sa direction jusqu’ici, alors que le parti analyse les conséquences d’un scrutin qui l’a exclu d’un parlement régional pour la première fois de son histoire. Même si la réunion de la direction du parti, lundi, a été tendue, aucun appel à la démission de Merz n’a été lancé. Surtout, le partenaire minoritaire de la grande coalition, le parti social-démocrate SPD, a annoncé qu’il lui maintenait son soutien. Le chancelier a déclaré qu’il était déterminé à poursuivre son effort de refonte des systèmes de retraite, de santé et fiscal de l’Allemagne. Pourquoi pas, mais le sujet n’est plus là ; il s’agit de savoir comment juguler l’immigration de masse, en provenance surtout de Turquie et du Proche-Orient, qui nourrit le vote protestataire, et la désindustrialisation en raison de la concurrence chinoise. Tout un symbole, le géant automobile allemand Volkswagen est en mauvaise posture.

Manuela Schwesig, ministre-présidente SPD du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, qui s’apprête à former un nouveau gouvernement dans le Nord-Est, a déclaré que les commentaires post-électoraux de Merz montraient qu’il était déconnecté et « se méprend sur la situation » et ce que ressentent les citoyens locaux.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


7 réponses

  1. Merz vient d hériter d une situation chaotique léguée par Merkel qui n a quasiment fait aucune réforme structurelle pendant 16 ans voguant sur celles de Schoeder en 2002 et l air du temps ( arrêt du nucléaire et ENR à fond, politique pro russe et pro chinoise, armée en déshérence…….)
    On peut comparer la politique de Merkel à celle du tandem flamby manu pendant 12 ans sur cette façon de faire de beaux discours humanistes sans action réelle même si les allemands gardent leur rigueur qui est dans leur ADN

    1. Ce n’est pas la politique « pro-russe » d’Angela Merkel qui a mené l’Allemagne là où elle en est, mais au contraire les politiques hostiles à la Russie d’Olaf Schöltz et Friedrich Merz qui ont démoli la croissance allemande et poussé les électeurs allemands dans les bras des seuls partis à le dénoncer… comme je m’y attends depuis 2022.

      Il n’y a que des dirigeant stupides qui acceptent de sacrifier les intérêts de leurs peuples sans aucune raison valable et pour rien y gagner, et c’est exactement ce que sont en train de payer la CDU et le PSD au pouvoir en Allemagne (l’un ayant préféré s’allier à l’autre pour mieux refuser d’entendre la grogne populaire dans un bel élan de mépris).

      Je précise qu’en tant que citoyen français, je me fiche pas mal que l’Allemagne, notre pire rival en Europe, soit gouvernée par des ânes. Ce qui me désole, en revanche, c’est que ceux qui nous gouvernent, nous, aient aveuglément imité leurs bêtises au lieu de profiter de l’aubaine… Les Allemands sont désormais en train de se réveiller, comme d’autres peuples en Europe, et, comme d’habitude, la France, noblesse oblige, aura loupé le train.

      1. C’est difficile à dire car nous sommes actuellement plombés par un bloc de Monsieur Jourdain en retraite et tenant le centre avec leur bulletin de vote, mais il n’est heureusement pas éternel alors que l’Allemagne est dans une situation dramatique entre son déclin démographique et la concurrence chinoise, d’autant plus que le « dieselgate » a sérieusement écorné l’image de sérieux et de professionnalisme de l’industrie allemande.

  2. Pourquoi les gens éduqués sont ils les plus stupides? Les allemands ont pourtant subis durant des décennies le communisme!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.