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lundi 6 juillet 2026

Tabagisme : l’Assurance maladie soutient une proposition liberticide des écologistes

Temps de lecture : 2 minutes

Thomas Fatôme, le directeur général de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam), ne sait plus comment faire des économies. Comme les déremboursements et les reports de charges vers les assurances complémentaires ne suffisent pas, il enfourche maintenant le cheval de la prévention. Comme il l’a dit en présentant le rapport « Charges et produits pour 2027 », jeudi 2 juillet 2026, « rien ne sera possible sans un investissement massif dans la prévention, clé de voûte d’un système de santé sobre, solidaire et performant ».

Il n’a pas forcément tort, mais le risque est toujours grand, avec la prévention, de restreindre les libertés individuelles. Ne prenons qu’un exemple, celui du tabagisme. M. Fatôme soutient, au nom de la Cnam, la proposition de loi pour une génération sans tabac visant à interdire la vente de tabac à toutes les personnes nées après le 1er janvier 2014. C’est-à-dire qu’en 2032, quand ces individus auront atteint leur majorité, ils ne pourront pas acheter de cigarettes.

Sur quel fondement un produit pourrait-il être vendu à certaines personnes majeures (celles nées avant 2014) et interdit à d’autres ? Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? En sera-t-il de même ultérieurement pour l’alcool, le sucre, le gras, le sel, etc. ?

Si elle voyait le jour, cette interdiction serait allègrement détournée. C’est en effet la vente qui serait interdite, pas la consommation. Par conséquent, les personnes nées après 2014 pourront demander à leurs aînés d’acheter des cigarettes à leur place, et surtout s’approvisionner sur les marchés parallèles.

La Nouvelle-Zélande a mis cette mesure en place et elle a très vite fait marche arrière. Si le pays a réussi à faire baisser le nombre de fumeurs de 68% en 20 ans contre 18% en France, c’est avant tout parce qu’il a incité les fumeurs à se tourner vers les alternatives moins nocives, notamment en promouvant largement le vapotage.

Le plus drôle dans cette affaire est l’article 2 de la proposition de loi qui dit que « la perte de recettes pour l’État est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs ». Comment fera-t-on, si la mesure est aussi efficace qu’on le prétend, pour compenser la perte de recettes quand il n’y aura plus de fumeurs ?

Non, finalement, le plus drôle, c’est que la proposition de loi soutenue par l’Assurance maladie a été déposée par les députés écologistes qui, par ailleurs, défendent la légalisation du cannabis et la dépénalisation des autres drogues. Les jeunes majeurs nés après 2014 ne pourront plus consommer de tabac, mais ils pourront fumer un joint. Trop cool !

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