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mercredi 28 octobre 2026

Taxation des plus riches : l’avertissement du Royaume-Uni

Temps de lecture : 2 minutes

Selon les données du Bloomberg Billionaires Index, le mouvement d’exil fiscal des plus riches contribuables résidant sur le sol britannique représente à ce jour 160 milliards de dollars. Ce montant évalue le niveau de richesse représenté par les individus les plus fortunés qui ont desserré leurs liens avec le Royaume-Uni, ou les ont coupés, au cours des deux dernières années. Il inclut aussi quelques fortunes familiales. Plus alarmant, le total de la richesse exilée dépasse désormais la richesse détenue par les personnes encore présentes dans le Bloomberg Billionaires Index. Les raisons : l’arrivée au pouvoir du Labour en 2024 et les récentes mesures fiscales ciblant les plus riches (fin du statut non-dom en avril, hausse de la fiscalité des successions et des gains tirés du capital-investissement). L’idée que le Royaume-Uni devient un enfer fiscal s’installe durablement.

Il convient de ne pas prendre à la légère ce qui se déroule outre-Manche et de le considérer comme un véritable signal d’alarme pour la France. Les responsables politiques, par idéologie, continuent à bâtir l’impôt comme si l’assiette fiscale attendait sagement qu’on vienne la ponctionner. Or, les contribuables visés ne subissent pas passivement les hausses d’impôts, ils arbitrent, décalent, recomposent, modifient la forme ou le calendrier de leurs revenus. Quand il est attaqué, le réel se défend toujours. C’est d’ailleurs l’une des conclusions fortes du récent rapport d’information de Philippe Juvin sur l’application des mesures fiscales, rendu public le 23 septembre dernier. La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) devait rapporter 1,9 milliard d’euros en 2025. Son rendement effectif n’atteindrait qu’environ 500 millions. Le rapport le dit lui-même : le rendement a été divisé par quatre.

Un tel écart, 1,5 milliard d’euros, n’est pas un simple accident de tuyauterie budgétaire. Ce constat vient encore une fois nous démontrer que la fiscalité entraîne toujours une modification du comportement des contribuables, provoquant, a fortiori quand les mécanismes sont complexes, une forte baisse du rendement attendu.

Le projet de loi de finances (PLF 2027) le reconnaît d’ailleurs en filigrane ; Bercy n’y inscrit plus que 600 millions d’euros au titre de la CDHR, moins d’un tiers des 1,9 milliard promis à sa création. L’administration a donc pris acte de l’adaptation des contribuables, sans en tirer la leçon. En effet ! Ce même budget mise sur environ 17 milliards d’euros de mesures fiscales nouvelles (PLFSS compris), avec la « mise à contribution des personnes à forte capacité contributive » et des grandes entreprises. La contribution « exceptionnelle » sur leurs bénéfices, celle-là même dont le rapport Juvin souligne qu’elle place la France en tête de l’OCDE pour le taux marginal d’imposition, est reconduite une année de plus.

L’exemple britannique devrait nous alerter. Au-delà d’un certain point, les contribuables les plus riches ne s’adaptent plus : ils s’en vont.

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7 réponses

    1. Vous n’avez donc pas encore trouvé la version britannique de « franchouillards » ou de « gaulois » ? Triste.

      1. Notre franchouillard de service a trouvé courageusement sa tête de turc pour assouvir sa mauvaise foi populiste
        Quel rapport avec la politique britannique????

        1. « Les responsables politiques, par idéologie, continuent à bâtir l’impôt comme si l’assiette fiscale attendait sagement qu’on vienne la ponctionner »
          Vous ne voyez pas le rapport ? Les franchouillards britanniques mous réclament de leurs responsables politiques qu’ils continuent de raser gratis en ponctionnant tous azimut. Simple, voyons.
          Ah « populiste » j’avais oublié votre 2e mot fétiche placé quel que soit le sujet.

  1. Ah ? Il n’y a pourtant plus de contribution financière au budget de l’Union européenne. (En France, elle serait, en brut, fixée à 28,8 milliards d’euros pour l’année 2026). Qu’est ce qui leur coute assez pour que les grandes fortunes veulent fuir ? Il serait intéressant aussi de savoir dans quel pays elles émigrent. Il me semble que ces fortunes seront de plus en plus mobiles à travers le monde.

  2. Il y a beaucoup d’endroits dans le monde où la vie, fiscale et ordiinaire, est plus agréable et sûre qu’en Europe. Avec la mondialisation, la baisse du besoin de racines géographiques, les communications si faciles, l’habitude du contact avec des populations différentes, les voyages faciles et abordables, nos dirigeants n’ont pas encore compris la concurrence qui s’installe entre pays pour la qualité de vie globale, ils se comportent encore comme s’ils avaient une clientèle de citoyens captifs. A tous les niveaux. Les Maghrébins prennent leur retraite au Maghreb, les riches émigrent là où la qualité de vie est meilleure, les jeunes cherchent fortune ou satisfaction à l’étranger. A part des fonctionnaires, des chômeurs, des allocataires et des retraités, qui restera-t-il en France dans 20 ans ?.. 😒😊

  3. sans compter les gens qui limitent tout simplement leur travail car il est inutile d’en faire trop dans un pays où la réussite est pénalisée…

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