A quoi reconnait-on un socialiste ? Au fait qu’il soit une machine à taxer, même s’il n’a pas le monopole du fiscalisme dans notre pays… En parlant de machine, justement, nous subissons depuis quelques semaines un tir groupé pour proposer une nouvelle taxe : celle sur les robots.
L’idée n’est pas proprement française, mais elle avait déjà été intégrée par Benoît Hamon dans son programme pour l’élection présidentielle de 2017. Or, dans un article récent (La Tribune dimanche), le député européen socialiste François Kalfon écrit : « Pour valoriser le travail, le financement de la protection sociale ne doit plus peser pour moitié sur la rémunération des travailleurs. Puisque leur remplacement par l’automatisation rend incontournable le sujet, assumons d’aller vers une ‘taxe robots’ ».
Les socialistes reprennent comme des automates la proposition déjà faite en 2017 par Benoît Hamon.
Rebelotte le 24 août sur Franceinfo avec le député Philippe Brun, qui annonce un « contre-budget » socialiste pour le début du mois de septembre. Un contre-budget qui, contrairement au budget Bayrou, éviterait « l’austérité » et ne pèserait pas pour les « trois-quarts » de ses efforts sur les « classes populaires et moyennes ». Le suspense est donc insoutenable car on se demande bien sur qui pèseront les efforts… Et notre vice-président de la commission des Finances de l’Assemblée de suggérer, entre autres, une taxe sur les robots.
Dans le cadre d’une pendule, par définition succincte, nous ne pouvons discuter en détails de ce type de proposition. Nous renvoyons nos lecteurs à l’article de Jean-Philippe Delsol (« Faut-il taxer les robots ? », 26 juillet 2021) qui explique les nombreuses raisons d’opposition à cette brillante idée (taxation en fait déjà existante sous une autre forme, déresponsabilisation supplémentaire des assurés sociaux, croissance de l’emprise fiscale du pouvoir, frein à la productivité, etc.).
Pour notre part, nous nous contenterons de paraphraser notre ami Alain Madelin qui, lui, parlait des vaches : Quand on met une taxe sur les robots, ce ne sont pas les robots qui payent la taxe !
Illustration de couverture © freepik
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3 réponses
Ce n’est pas le robot qui paie la taxe, mais les bénéfices sont empochés par qui ?Lorsque tout un pays se retrouvera robotisé, il faudra bien trouver de l’argent quelque part. Avez-vous une idée ?
Si les robots sont partout, pourquoi hercher de l’argent ?
Les bénéfices sont empochés par les constructeurs et mainteneurs des robots d’une part, l’entrepreneur pas ses gains de productivité d’autre part, l’usager lambda qui n’a plus à tondre sa pelouse ou balayer la maison et enfin le patron de la salle de sport qui verra augmenter sa clientèle d’humains en recherche d’activité physique…