Comme à chaque fois, depuis bientôt deux ans et l’élection de Javier Milei à la tête de l’Argentine, les derniers défenseurs d’une politique socialiste, celle-là même qui a conduit le pays à sa ruine, nous rejouent la même scène et sautent sur la moindre occasion pour qualifier l’économiste triomphant d’extrémiste ou de fou. Pourtant, il suffit d’observer ses résultats dans tous les domaines, ou de lire l’enquête de Leonardo Orlando réalisée pour Le Point, pour constater la réalité.
En observant les réseaux sociaux, on découvre le soutien massif et passionné de la jeunesse argentine au président. Depuis les dernières élections, une tendance s’est emparée de TikTok, cette plateforme qui a contribué à la victoire de Milei à l’élection présidentielle en 2022. Des milliers de jeunes Argentins publient des photos et vidéos sur fond de discours du président, accompagnés de musiques épiques, portant toutes le même message :
« Soy argentino/a, soy joven, pero siempre, siempre, voy a estar del lado correcto de la historia. »
Traduisez par : « je suis Argentin, je suis jeune, mais je serai toujours, toujours, du bon côté de l’Histoire ».
Ces vidéos, qui cumulent des milliers de vues, illustrent une jeunesse assoiffée de liberté, celle-là même qui a porté Milei jusqu’à la Casa Rosada.
Ana Carolina, symbole de cette génération
Parmi eux, Ana Carolina, 22 ans, étudiante en comptabilité et entrepreneuse, m’a partagé son chemin vers le libéralisme, un message qui, en France, paraîtrait presque irréel tant le mot lui-même est tabou.
« Jusqu’à la fin de l’année 2022, je ne connaissais pas Javier Milei. Tout a commencé à travers Twitter, des vidéos sur Instagram… Je me disais : « Mais qui est cet homme qui apparaît partout ? » Alors j’ai commencé à me renseigner… »
Alors que beaucoup voulaient le faire passer pour un fou, elle y a simplement vu un homme qui apportait quelque chose de neuf : le libéralisme, les idées de liberté, longtemps bannies du débat public par les péronistes.
« Il donnait littéralement des cours d’économie en direct. Je n’oublierai jamais une interview où il parlait d’économie de base, et les journalistes lui disaient : « Les gens ne comprennent pas ce que vous dites. » Il leur a répondu : « Les gens ne sont pas stupides, c’est vous qui les voulez ainsi, ignorants. » Depuis ce jour-là , je n’ai plus cessé de l’écouter. »
Elle me raconte comment, en suivant Milei, elle a commencé à comprendre non seulement la politique, mais aussi l’économie réelle du pays : le PIB, l’équilibre budgétaire, le libre-échange, l’importance de la faible intervention de l’État… autant de concepts absents dans le cursus scolaire argentin, comme en France d’ailleurs.
« J’ai compris que le modèle économique des gouvernements précédents se résumait à cette phrase : « Je te casse les jambes et je te donne des béquilles. » Les gens ne vivaient plus sans subventions ni aides sociales. » Dans sa famille, personne ne touche d’aides. Sa mère est infirmière, ses grands-parents commerçants, ses oncles salariés : « Nous n’avons jamais eu besoin de l’État. »
Et de poursuivre : « Avant Milei, le libéralisme était un gros mot. La caste politique semblait devenir la propriétaire de l’État, pendant que le peuple s’appauvrissait. Mais Javier est arrivé pour changer cela. Connaître la politique ne suffit pas : il faut comprendre l’économie. »
Comment ne pas voir, à travers ce témoignage, un écho à notre propre pays, où l’État prélève 43 € quand on en produit 100, et en dépense 57, où la simple idée de réduire la dépense publique est devenue hérésie ? Comment ne pas penser à la manière dont Guillaume Kasbarian a été fustigé après avoir publiquement adressé ses félicitations au président argentin ?
Ana poursuit : « Je suis entrepreneuse. En 2023, avant Milei, j’achetais des sweats à 25 000 pesos pièce. Aujourd’hui, je les paie entre 8 000 et 16 000. Avant, nos courses coûtaient chaque mois 50 000 à 80 000 pesos de plus que le mois précédent. Aujourd’hui, les prix sont stables, voire à la baisse. »
Elle ajoute : « Les gens à qui ça ne convient pas, c’est parce qu’ils ne veulent pas que ça aille bien.»
« Ma famille a toujours soutenu les Kirchner parce qu’ils « aidaient les gens ». Mais faire de la charité avec l’argent des autres, c’est facile. »
Son grand-père, 74 ans, est aujourd’hui un grand soutien du président Milei : « Il l’a sorti de l’ignorance. Il comprend enfin comment fonctionne le pays. » Tous dans la famille se disent désormais mileistes, sauf la grand-mère, restée attachée à l’idée sentimentale selon laquelle « Cristina Kirchner aidait les pauvres. »
« Lors de la première élection, le parti de Milei s’est construit à la force du poignet, grâce aux réseaux sociaux et aux jeunes. Il n’y avait pas d’argent pour payer les assesseurs, alors ils demandaient des volontaires. »
Quand je lui demande pourquoi certains Argentins continuent de soutenir les péronistes malgré la ruine qu’ils ont causée, sa réponse est sans détour : « Les gens ont peur qu’on leur enlève leurs prétendus « droits ». Ils appellent « droit » le fait de toucher un salaire sans travailler, de recevoir des aides pour tout, ou d’obtenir une carte alimentaire financée par les impôts. Tout cela, Javier l’appelle des privilèges. Les vrais droits sont les droits à la sécurité, à la liberté et à la propriété. »
Le futur selon Ana
« D’ici trois ans, nous serons encore en train de réparer vingt ans de décadence. Oui, nous irons mieux, mais le véritable changement prendra au moins dix ans. Ce « fou » est arrivé à la présidence avec le pays contre lui, sans moyens et sans force parlementaire, uniquement grâce à sa sagesse. »
Cet échange avec Ana me bouleverse et me réjouit à la fois de l’espoir de voir un jour rugir le lion de la liberté, elle me rassure et conclut avec ces quelques mots : « Non seulement l’Argentine, mais le monde entier se réveille aux idées de la liberté. Il fallait quelqu’un pour lancer cette dynamique…j’espère qu’un Javier Milei arrivera aussi chez vous. » Ne souhaitant pas ternir son enthousiasme, je me garde alors de lui parler de la manière dont sont menées les discussions budgétaires en ce moment en France, où l’on réfléchit bientôt à taxer les cadeaux de noël et où même la courageuse petite souris envisage de mettre la clé sous la porte.
Message de la jeunesse libérale française à la France :
Je fais partie de cette jeunesse française désespérée de voir le pays ruiné par des décennies d’étatisme, de gaspillages publics comme si les milliards n’étaient que des centimes. Désespérée de voir le travail méprisé, le mérite découragé, l’argent et la réussite dévalorisés, l’État hypertrophié dirigé par des technocrates trop serrés dans leurs cravates, qui se satisfont et se félicitent entre eux de la médiocrité de ce qu’ils produisent.
Le miracle, s’il doit venir, ne tiendra peut-être pas à une veste en cuir, mais à la rupture totale avec ce que nous avons connu jusqu’ici : finis les pass culture, les chèques à gogo, les aides à tout va, y compris pour repriser un pantalon, les recasages d’amis dans des « Hauts commissariats » à quelque chose ou à rien, les agences inutiles etc.
Charité bien ordonnée commence par soi-même. Et, peut-être, le rugissement du lion de la liberté finira-t-il par se faire entendre jusque chez nous.
Vive la liberté !
9 réponses
Vive la France libre !
Ce sera dur sinon impossible de prendre le virage Milei en France, tant depuis des décennies il y a des pesanteurs et tous ces petits privilèges acquis et gravés dans le marbre sous prétexte de soi disant crise sociale ou son chantage
Des les années 30, l argentine a lentement glissé dans une effroyable spirale de déclin économique……alors qu en France la descente a commencé avec le on rase gratis de 1981!!!!!
Peron, Mitterrand: même combat hyper-étatique populaire et décadent apparemment sans espoir de survie à l’approche des abysses.
Je ne pense pas que la « sagesse » du « fou » ait suffi à réveiller son peuple aliéné. Il me semble que c’est cette apparence de pitrerie assumée qui l’a rendu sympathique à un électorat désespéré convaincu qu’il n’avait plus rien à perdre.
Prêcher le libéralisme ne convainc personne, il faut l’instiller à la sauvette puis en exhiber les bénéfices qui ne sauraient tarder.
Mélenchon croit à la « méthode Milei »… il passe dans les médias pour y répandre sa propagande collectiviste et ses sophismes… le combat des idées est essentiel… Milei, comme Friedman et Bastiat qui parlaient dans les mass-médias en leur temps, a également compris cela… Il est urgent que les libéraux reprennent le combat des idées en France. Sans quoi nous finirons avec un émirat islamo-marxiste.
Un article intéressant, pertinent et juste. Bravo Louise !
Bravo. Une lumière dans la nuit étatiste!
Un article plein de bon sens et dont nos dirigeants devraient s’inspirer. Bravo !
Et surtout les veaux-moutons et sados-masos qui servent d’électeurs décérébrés et complètement hors-sol qui boivent jusqu’à la lie tout ce que leur racontent les inutiles du gouvernement