Quand certains présidents d’universités parlent d’établissements « au bord de la faillite », on peut en déduire naturellement que l’État ne les finance pas assez. Le rapport des Assises du financement des universités contredit pourtant cette idée : la subvention octroyée aux universités a augmenté de 26 % entre 2018 et 2025, soit « plus de 3 milliards d’euros de hausse en euros courants ». Sans évolution de leur modèle financier, il ne sera plus soutenable d’ici 2030 et conduira probablement à une limitation de l’offre de formation, des activités de recherche, et à une augmentation des charges.
La France fait figure d’exception par rapport aux autres pays européens : les universités françaises sont celles qui dépendent le plus des financements publics. Quant aux ressources privées, elles restent « marginales ». Les étudiants français non boursiers paient actuellement 178 euros pour une année de licence et 254 euros pour une année de master. Les rapporteurs proposent de les quintupler à respectivement 900 et 1 300 euros : une hausse qui permettrait de dégager environ 1,5 milliard d’euros.
Le rapport ne s’arrête toutefois pas à la seule question financière. Il suggère que les universités disposent d’une autonomie beaucoup plus importante, notamment en matière immobilière, de ressources humaines et d’offres de formation – loin du « micro-management circonstanciel et peu lisible » de l’État. Elles devraient, par exemple, pouvoir adapter plus librement leurs capacités d’accueil, mais aussi leur offre de formation selon les besoins de leur territoire et les débouchés professionnels.
Le rapport ouvre discrètement une voie quasiment absente du débat public : celle d’un enseignement supérieur moins administré. Regrettons toutefois qu’il n’aille pas assez loin et ne plaide pas en faveur d’une moins grande dépendance à l’argent public, puisqu’il préconise, en l’occurrence, d’augmenter la subvention pour charge de service public (SCSP), en parallèle de la hausse des frais d’inscription. Car ce n’est que le jour où les universités ne seront plus sous tutelle étatique qu’elles seront réellement autonomes.
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