C’est un évènement important dans le cadre des négociations historiques en cours entre Israël et la Syrie qui pourraient aboutir à un accord de paix d’ici la fin de l’année (les deux pays sont juridiquement en état de guerre depuis 1949) : la Syrie s’est dit prête, vendredi, à coopérer avec les Etats-Unis pour revenir à l’armistice de 1974 avec Israël.
Cet accord avait été considéré comme nul et non avenu par le gouvernement israélien au prétexte de la chute de Bachar el Assad le 8 décembre dernier, drôle de manière d’accueillir un nouveau régime se disant prêt à rétablir des liens corrects avec les pays occidentaux. L’armée israélienne avait ainsi capturé des avant-postes dans le secteur syrien du Mont Hermon, qui faisait partie de la zone tampon de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement en vertu de l’accord de 1974 ayant mis fin à la guerre du Kippour. Cet accord, qui avait duré plus de 45 ans, était l’accord continu le plus long et le plus réussi qu’Israël ait jamais conclu avec un pays arabe.
Dans un tournant diplomatique majeur, la Syrie, sous la présidence d’Ahmed al-Charaa, exige qu’Israël restitue un tiers du plateau du Golan, comme condition préalable à un accord de paix. « Il n’y a pas de paix gratuite », a déclaré une source syrienne proche du président à i24NEWS, soulignant l’importance de cette concession pour rallier l’opinion publique syrienne. A une époque, accepter d’abandonner ne serait-ce qu’un mètre carré du plateau du Golan était une ligne rouge à Damas. Cette demande intervient alors que des discussions directes inédites entre Damas et Jérusalem se sont ouvertes en avril.
Le président syrien Ahmed al-Sharaa a notamment rencontré sous médiation émiraties de hauts responsables israéliens, dont des membres du Mossad, du Conseil de sécurité nationale et du renseignement militaire. Cette rencontre a marqué une nouvelle ère dans les relations bilatérales, ouvrant la voie à des contacts réguliers, notamment des appels téléphoniques pour coordonner la sécurité et discuter de la situation dans le sud de la Syrie.