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mercredi 28 octobre 2026

À Sciences Po, le droit d’étudier passe après le droit de bloquer

Temps de lecture : 2 minutes

Depuis quelques jours, des étudiants de Sciences Po Paris ont rejoint le mouvement de blocages qui touche non seulement les lycées, mais désormais aussi les universités et divers lieux d’enseignement. Certains d’entre eux ont imité leurs condisciples des instituts d’études politiques de Bordeaux, de Lille et d’Aix-en-Provence, en se mobilisant pour bloquer les principaux accès

Je suis allé mercredi 7 octobre à la rencontre de quelques élèves participant au blocage devant le campus Saint-Thomas. Ici, pas de CRS : ils sont concentrés autour du campus Saint-Guillaume, à quelques centaines de mètres, où manifestent les étudiants les plus virulents. Seulement un sit-in, organisé par des jeunes que j’ai pu interroger.

Tous ceux que j’interroge sont en master : urbanisme, sociologie, affaires publiques, et jusqu’à la prestigieuse École des affaires internationales. Des étudiants étrangers participent-ils ? « De plus en plus, de toutes nationalités.

Sur les revendications, les étudiants interrogés déclarent vouloir « soutenir les lycées et protester contre la direction de Sciences Po », et surtout contre son directeur, Luis Vassy, en poste depuis septembre 2024. « Nous étions déjà contre sa nomination, et nous sommes contre ses actions », déclarent-ils. Une action cristallise cette opposition : le 14 avril dernier, après que des étudiants ont occupé l’amphithéâtre historique Boutmy pour protester contre la proposition de loi Yadan sur l’antisémitisme, le directeur a demandé l’évacuation du bâtiment de la rue Saint-Guillaume. Tous les occupants ont été interpellés et se sont vu infliger une amende « délictuelle » de 400 à 500 euros. Les étudiants m’indiquent ignorer si elle a effectivement été réclamée, mais tous sont unanimes sur la nécessité d’envoyer « Vassy au tapis », comme le dit le slogan.

Je les interroge ensuite sur la « politique d’excellence » que le directeur a voulu remettre au goût du jour. On me répond dans un français avec précipitation et sans argument sérieux:  « l’écrit du bac de français de première, surcoefficienté (sic) dans le dossier d’admission, ce qui défavorise les lycéens d’établissements moins prestigieux au profit des lycées d’élite ». Un étudiant m’explique que « des élèves possédant des qualités orales, pouvant mettre en avant des choses spécifiques de leur dossier lors de l’oral, comme la participation à des associations, sont désormais discriminés ». En revanche, sur les points discrètement ajoutés aux boursiers lors des délibérations d’admission, silence radio.

Reste la question des blocages qui empêchent les autres étudiants d’étudier. Les bloqueurs sont incapables de dire combien ils sont – manque de statistiques, m’a-t-on répondu – mais ils savent que depuis lundi les quinze mille étudiants de l’école suivent leurs cours derrière un écran. La moitié d’entre eux sont venus de l’étranger, souvent de très loin, pour apprendre dans une salle et non devant une webcam. Les deux tiers acquittent des droits de scolarité, calculés selon leurs revenus.

Le sit-in de quelques-uns prive de cours la grande majorité, qui n’a rien demandé et dont le seul tort est de vouloir étudier.

Surviennent à un moment donné des jeunes du lycée privé voisin, Saint-Thomas-d’Aquin, brandissant des pancartes au son de « siamo tutti antifascisti » et de « So-so-solidarité, aux lycéens opprimés ». Un soutien aux autres lycées, on pouvait s’y attendre. L’adoption de slogans antifascistes, dénonçant une société globale plus qu’un simple manque de moyens publics, un peu moins. C’est peut-être le plus troublant de cette matinée : ceux que j’ai interrogés parlent au nom de toute la GenZ, des lycéens opprimés, des services publics et de la planète. De leurs propres condisciples qui voulaient seulement aller en cours, pas un mot.

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9 réponses

  1. Le problème de la France est avant tout celui du professionnalisme de ses dirigeants, de l’efficacité de ses administrations et d’un zèle maladif et désastreux à vouloir tout complexifier et infantiliser le peuple depuis son plus jeune age. Cela porte un nom : médiocrité.

  2. Sciences Po, lieu de passage d’une bonne partie de nos dirigeants et de nos journalistes. Il y a peut-être une réflexion à mener sur la pertinence de son mode de fonctionnement.

  3. Arretons de loucher sur le doigt et regardons plutôt la lune: les casseurs de l’éducation nationale.
    En voici une liste:
    Jean Pierre Chevenement
    François Fillon
    Jack Lang
    François Bayrou
    Luc Ferry
    Gilles de Robien
    Xavier Darcos
    Luc Chatel
    Vincent Péillon
    Benoît Hamon
    Nadia Vallaud-Belkacem
    Jean-Michel Blanquer
    Pap Ndiaye
    Gabriel Attal
    Amelie Oudea Castera
    Nicole Belloubet
    Anne Geneve
    Elisabeth Borne
    Édouard Geffray
    … et demandons des comptes aux survivants.

  4. En France la manifestation est une fin en soi….les fameuses revendications ne sont qu un habillage, un prétexte
    Et tout le monde marche dans le système les médias, le gouvernement les régions…..organisent des tables rondes d expressions de doléances
    Ce n est qu un cinéma grotesque, ubuesque de déclarations fracassantes, de slogans creux, d appels insignifiants, de postures ridicules……la bouffonnerie a l état pur

  5. Le but de ces manifs est très clair : c’est une vaste opération de recrutement menée par les factieux fascistes pour grossir les troupes de notre Robespierre patron de LFI, et ses chances de remporter la présidentielle.
    Comme tous les idiots utiles du spectre politique vont aller à la gamelle et voter pour lui, il sera élu.

  6. Il faudrait peut être que ces petits C…. s arrêtent de débloquer et privilégient l’Etude . Ils semblent oublier que leurs parents paient en moyenne 10 mille euros par an en premier cycle et 15 mille en Master.
    Qui voudra d’eux lorsqu’ils arriveront sur le marché du travail ? Les ministères ?

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