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vendredi 9 octobre 2026

Yaël Braun-Pivet invoque un droit de bloquer les lycées qui n’existe pas

Temps de lecture : 2 minutes

Invitée jeudi de Laurence Ferrari dans La Grande interview Europe 1-CNews et interrogée sur les manifestations en cours, la présidente de l’Assemblée nationale a appelé au calme et livré son diagnostic : « Nous avons une éducation très anxiogène ». Elle a ajouté que les lycéens avaient le droit de manifester, mais aussi « le droit de bloquer leur établissement », à condition que cela ne se fasse pas dans la violence. Appeler au calme tout en validant l’instrument du désordre : la phrase est contradictoire, et elle l’est doublement.

Tout d’abord, ce droit n’existe pas. Aucun texte ne reconnaît à un élève la faculté d’empêcher l’accès à un établissement public. Ce que le droit connaît, c’est l’obligation d’instruction et la liberté pour tous les élèves de suivre les cours pour lesquels le contribuable paie. Un blocage n’est pas l’exercice d’une liberté, c’est la privation de celle des autres. Le quatrième personnage de l’État vient d’inventer en direct une prérogative juridique, et elle l’a fait dans le sens que l’on devine : le droit d’étudier passe une fois de plus après le droit de bloquer.

Mme Braun-Pivet soutient aussi que « l’éducation française est anxiogène ». Elle appelle à reprendre les conclusions de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant et relève que les revendications lycéennes – un premier cours à neuf heures, des bâtiments adaptés au réchauffement, moins de pression sur l’orientation – y figuraient déjà.

Or l’angoisse qui imprègne le milieu scolaire en France ne vient pas de l’heure du premier cours ou la température de la salle de classe ; ce sont là des revendications souvent justifiées, mais de forme. Elle vient d’un substrat bien plus inquiétant. La dépense intérieure d’éducation atteint 199,2 milliards d’euros, un record. Ce que cet argent produit : 484 points en mathématiques en CM1 contre 524 pour la moyenne européenne, avant-dernier rang sur vingt-neuf pays ; 17 % des élèves de quatrième qui ne possèdent pas les acquis fondamentaux, contre 3 % il y a trente ans ; et 9,8 % des heures d’enseignement qui ne sont pas assurées. Toutes les conventions citoyennes, plateformes de concertation et autres comités Théodule dont notre administration raffole ne changeront rien aux problèmes de l’Education nationale.

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