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mercredi 27 mai 2026

Allemagne : l’AfD ne doit pas être considéré comme une « organisation extrémiste de droite confirmée »

Temps de lecture : 2 minutes

Victoire judiciaire pour le parti allemand AfD dans un dossier délicat en termes de démocratie et de défense légitime contre la sédition. Le tribunal administratif de Cologne a émis une injonction temporaire interdisant à l’Office fédéral pour la protection de la Constitution (BfV), le service de renseignement intérieur allemand, de qualifier le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) d’organisation « extrémiste de droite confirmée », comme il le fait depuis mai dernier, tant qu’une décision définitive n’est pas rendue dans le procès en cours.

Le BfV considéraite que l’AfD menaçait l’ordre démocratique en raison de positions jugées attentatoires à la dignité humaine, notamment vis-à-vis des réfugiés et migrants. Ce qui (nonobstant l’emploi de termes tombant sous le coup de la loi par ailleurs), pouvait revenir à sortir le sujet de l’immigration de ceux pouvant faire l’objet d’un débat politique, alors que tout indique qu’il constitue désormais un sujet de préoccupation majeure des peuples européens. Plus généralement, toute interdiction ou mise sous surveillance d’un parti ne peut être décidée qu’avec la plus grande circonspection dans une démocratie, tant le risque est grand d’une instrumentalisation de la justice afin d’éliminer des opposants gênants.

Le BfV peut toutefois continuer à surveiller l’AfD en tant que groupe « soupçonné » d’extrémisme, une catégorie inférieure qui permet déjà des mesures de renseignement. Les dirigeants de l’AfD, comme la co-présidente Alice Weidel, ont salué cette décision comme une « grande victoire » non seulement pour leur parti, mais aussi pour la démocratie et l’État de droit. L’AfD, qui oscille entre 24 et 27 % dans les sondages, est actuellement un acteur majeur, juste derrière le parti CDU-CSU au pouvoir, de la scène politique allemande, malgré les controverses sur ses liens avec l’extrême droite dans un pays où ce thème est très sensible pour des raisons historiques. L’AfD constitue aussi un relais d’influence majeur du Kremlin en Allemagne au vu de ses prises de position notamment sur l’Ukraine.

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3 réponses

  1. « …pouvait revenir à sortir le sujet de l’immigration de ceux pouvant faire l’objet d’un débat politique, alors que tout indique qu’il constitue désormais un sujet de préoccupation majeure des peuples européens »

    Peuples et leurs représentants qui constituent désormais « l’internationale réactionnaire » à museler au sens du ministre Barrot et du Président Macron.

  2. Dans les années 1950, le grand philosophe juif libéral-conservateur Léo Strauss appelait à ne pas céder à la « reductio ad hitlerum » (l’expression est de lui) et à maintenir un débat intellectuel libre et vivant en Occident… Les peuples occidentaux ont droit à la continuité historique, et l’on ne peut pas réduire leurs protestations contre l’immigration de masse à de la xénophobie. Les partis de gouvernement feraient bien de le prendre en compte, sous peine de voir les partis de droite populiste partout l’emporter un jour prochain.

    1. Vous avez absolument raison. A force d’ignorer les protestations des peuples on constate une montée des partis d’extrême droite en Europe. Si les politiciens continuent leur déni il est fort probable qu’ils finissent par parvenir au pouvoir!

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