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jeudi 16 avril 2026

Augmentation des droits de douane : ce sont les entreprises, les employés et les consommateurs qui, finalement, payent

Temps de lecture : 2 minutes

Augmentation des droits de douane

Le président Trump a soutenu que sa politique protectionniste et la  hausse des droits de douane protégeraient les travailleurs américains et le marché intérieur. C’est ainsi qu’il a justifié ces mesures. Or, les données économiques qui viennent de tomber le contredisent de manière flagrante.
L’indice des prix à la production (IPP) a augmenté de 0,9 % en juillet sur un mois et de 3,3 % sur l’année écoulée.
Les coûts des biens et des services ont connu une inflation substantielle, de respectivement 0,7 % et 1,1 % en glissement mensuel. Les biens et services liés à l’investissement des entreprises, en particulier, deviennent plus chers :

  • le coût des équipements de production a augmenté de 0,4 % en un mois et celui des services connexes de 4,5 %.
  • Les prix des biens intermédiaires (composants et matières premières) sont également en hausse.
  • En un mois, les prix des matériaux utilisés dans la fabrication de biens durables ont augmenté de 1,3 % et ceux des composants pour la fabrication, de 0,4 %.

Les données sur les prix à la consommation (0,2 % sur le mois et 2,7 % sur les 12 derniers mois) suggèrent que les ménages n’ont pas encore subi de hausses de prix induites par les droits de douane, sauf pour certains services comme les soins médicaux, car les entreprises ne les ont pas encore répercutées auprès de leurs clients.
Mais elles ne pourront pas les assumer encore très longtemps sans conséquences.

Plusieurs grands fabricants américains ont annoncé des licenciements massifs

La preuve vient d’en être donnée par le fabricant d’équipements agricoles, Deere & Co, qui va très prochainement licencier 238 salariés dans trois usines de l’Iowa à Moline, East Moline et Waterloo.
Les raisons ? Son bénéfice net a diminué de 26% et ses ventes de 9%, à cause de la baisse des prix des matières premières et de la hausse des tarifs douaniers.

« Les coûts liés aux tarifs douaniers se sont élevés à environ 200 millions de dollars au cours du trimestre, ce qui porte nos dépenses pour ce poste à environ 300 millions de dollars depuis le début de l’année » a fait savoir Josh Beal, directeur des relations avec les investisseurs.
De son côté, Caterpillar Inc., un autre géant industriel américain, a déclaré que les coûts liés aux droits de douane pourraient atteindre 1,5 milliard de dollars en 2025 – jusqu’à 500 millions de dollars au seul troisième trimestre.

Tout aussi grave est le fait que les revenus réels stagnent. Le salaire horaire moyen corrigé de l’inflation a « progressé » de 0,1 % en juillet, après avoir été stable en juin. Le salaire horaire moyen réel n’a augmenté que de 1,2 % au cours des 12 derniers mois.

Les Républicains commettront-ils la même erreur que l’administration Biden en soutenant que l’économie se porte à merveille, alors que les Américains constatent le contraire ?

Illustration de couverture © freepik

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17 réponses

  1. Nicolas Lecaussin, bonjour

    (tout cela est en lien avec l’article de Jean-Philippe Feldman : L’erreur protectionniste de Donald Trump. Et lire les commentaires)

    Vous présentez les droits de douane comme une charge purement négative pour les entreprises et les consommateurs, en oubliant le contexte global. Et vous réduisez la politique de Trump à un protectionnisme idéologique, alors qu’il s’agit en réalité de mesures ciblées, souvent réciproques, visant à préserver des industries stratégiques et la souveraineté économique américaine. Les coûts temporaires et les licenciements cités sont partiels et ne rendent pas compte de l’effet à long terme sur l’emploi et la compétitivité. Votre analyse ignore l’inflation héritée de l’administration précédente et les perturbations globales des chaînes logistiques, donnant une lecture partielle et idéologiquement orientée à mon sens. Et vous omettez également de mentionner les investissements massifs réalisés depuis que Trump est au pouvoir, qui témoignent d’une dynamique économique réelle et durable.

    Aussi, vous lancez une question rhétorique sur le fait que les Républicains pourraient « répéter l’erreur de Biden » sans expliquer en détail ce qu’il entend par cette erreur.

    Si on analyse la situation : l’erreur de Biden n’est pas une simple communication optimiste sur l’économie, mais plutôt une politique économique qui a largement contribué à l’inflation, à la hausse des prix et à la perte de confiance des ménages.

    Or, Trump hérite de cette inflation et de ces déséquilibres, et ses actions (tarifs ciblés, relance industrielle, investissements) ont un objectif différent : protéger certains secteurs et négocier la réciprocité commerciale.

    Donc, en laissant la phrase vague, vous impliquez un parallèle qui n’existe pas vraiment, donnant l’impression que Trump pourrait répéter « la même erreur » alors que la situation et les choix politiques sont radicalement différents.

    Biden hérite d’une économie post-pandémie mais applique des mesures fiscales massives (plan de relance de plusieurs milliers de milliards), couplées à des restrictions sanitaires et à une dépendance aux chaînes de production mondiales. Ces politiques ont alimenté l’inflation et créé des tensions sur les prix.

    Trump hérite de l’inflation et des déséquilibres causés en partie par les mesures de l’administration précédente et la pandémie. Ses choix ne créent pas l’inflation ex nihilo, mais cherchent à protéger des industries clés, relancer la production nationale et stabiliser l’économie à moyen terme.

    Biden favorise le libre-échange avec un discours de multilatéralisme et de coopération internationale, mais sans imposer de réciprocité stricte. Les déséquilibres commerciaux persistent, et certaines industries américaines souffrent de la concurrence étrangère.

    Trump utilise des droits de douane ciblés et réciproques pour forcer une négociation commerciale et protéger des secteurs stratégiques. Ce n’est pas un protectionnisme aveugle : c’est un outil stratégique.

    Biden a eu une politique centrée sur la redistribution, la dépense publique massive et le socialisme keynésien progressif, qui peut stimuler la consommation mais aussi accentuer la dette et l’inflation.

    Trump a une politique libérale-conservatrice : réduction des impôts, soutien aux entreprises, encouragement de l’investissement et de l’industrie nationale, tout en maintenant un marché libre dans la majorité des secteurs.

    Biden voulait relancer la consommation et l’égalité sociale immédiate, quitte à prendre le risque d’inflation et de déficit.

    Trump veut stabiliser l’économie et renforcer la souveraineté économique et industrielle américaine sur le long terme.

    L’erreur de Biden réside dans des politiques expansives et redistributives qui ont amplifié l’inflation et les déséquilibres.

    Les mesures de Trump sont réactives et stratégiques, visant à protéger l’industrie et l’emploi américains, et à négocier avec les puissances étrangères.

    Dire que Trump « répète l’erreur de Biden » est donc une comparaison trompeuse : les objectifs, les méthodes et le contexte sont bien radicalement différents.

    Vous faites une lecture courte et normative (ça coûte = c’est mauvais) sans considérer l’effet global sur la compétitivité américaine et la souveraineté industrielle.

    A++

      1. Votre réponse est plus rhétorique qu’analytique : dire que « les faits économiques sont têtus » est une manière de clore le débat sans entrer dans les détails. C’est un peu une formule creuse qui donne l’impression d’objectivité mais n’explique rien concrètement.

        Cette affirmation ne remplace pas une analyse détaillée. Pour évaluer l’impact réel des mesures de Trump, il faut préciser : quels secteurs sont concernés, quels coûts temporaires sont liés aux droits de douane, quelle part de l’inflation est héritée de l’administration précédente, quels investissements industriels et relances économiques ont été réalisés depuis son arrivée.

        Sans ces détails, il est impossible de tirer une conclusion précise. Mon intention n’est pas de défendre Trump aveuglément, mais de comparer les politiques sur la base de faits complets et contextualisés, et non sur des impressions ou des slogans.

        Vous ne distinguez pas ce qui relève des coûts temporaires des tarifs, ce qui relève de l’héritage inflationniste de Biden, ni des investissements et relances réalisés par Trump. et vous ne précisez pas qui paye quoi, dans quels secteurs, et sur quelles périodes.

        Vous ne distinguez pas entre Biden qui dit « Tout va bien » et l’enthousiasme de Trump… Les deux n’ont rien à voir, ne sont pas basées sur les mêmes intentions, ni sur les même réalités économiques.

        Biden dit « tout va bien » pour rassurer, souvent sans lien direct avec les réalités économiques. Trump, lui, exprime un enthousiasme basé sur des mesures concrètes : investissements, relances, contrôle des tarifs, et parle d’un avenir meilleur, pas d’une perfection déjà atteinte. Les deux attitudes ne sont donc pas comparables.

          1. Votre remarque met en avant des effets négatifs réels mais ponctuels — licenciements chez Deere & Co, coûts de Caterpillar liés aux droits de douane. Mais réduire l’ensemble d’une politique économique à ces exemples revient à ignorer sa finalité et ses effets de long terme. Le « protectionnisme » de Trump vise à rééquilibrer les échanges, stimuler la production nationale et favoriser la réindustrialisation. Comme toute réforme structurelle, il entraîne des ajustements parfois douloureux à court terme. Mais juger cette stratégie uniquement sur les perturbations immédiates, sans évaluer les bénéfices potentiels pour l’économie américaine dans son ensemble, me semble incomplet.

            Une hausse ponctuelle des coûts liée aux droits de douane ou aux réajustements commerciaux ne dit rien, en soi, de l’effet global de la stratégie.

            Beaucoup de politiques économiques produisent d’abord des frictions (inflation sectorielle, tensions d’approvisionnement), mais elles peuvent déboucher ensuite sur des gains durables (relocation, investissements, autonomie stratégique).

            Et l’inflation sectorielle n’est pas l’inflation générale.

            L’inflation globale à l’époque, autour de 1,5 à 2,3 % par an, restait faible comparée aux années Biden (où elle a dépassé 9 % en 2022).

            Autrement dit, isoler un chiffre sans le remettre en contexte macroéconomique (emploi, salaires, croissance, balance commerciale) ne reflète pas l’ensemble.

            Les chiffres ponctuels sur les prix ou certains coûts ne disent rien de la santé réelle d’une économie si on ne les replace pas dans un cadre plus large.

            Lorsqu’on cite uniquement une hausse de prix dans un secteur (par exemple : +0,7 % pour les biens, +1,3 % pour les matériaux), cela peut donner l’impression d’une situation alarmante. Mais en économie, un chiffre isolé n’a pas de sens s’il n’est pas replacé dans un cadre plus large.

            Il me semble que votre critique repose sur une lecture très théorique du libre-échange où toute forme de protectionnisme est présumée nuisible. Or, en s’appuyant uniquement sur quelques exemples de licenciements ou de surcoûts, vous laissez de côté des indicateurs majeurs qui nuancent, voire contredisent votre schéma. Sous Trump, l’investissement industriel a connu un regain avec plusieurs relocalisations, le chômage est tombé à son plus bas niveau depuis cinquante ans, les salaires ouvriers ont progressé, et l’USMCA a introduit des clauses favorables aux travailleurs américains. De plus, la guerre commerciale avec la Chine, si elle a eu des effets négatifs à court terme, a renforcé la position des États-Unis dans les négociations et ouvert la voie à un rééquilibrage stratégique. Enfin, la politique énergétique et industrielle de Trump visait une plus grande indépendance nationale, objectif difficile à mesurer à court terme mais crucial pour l’avenir. Ignorer ces dimensions, c’est réduire une stratégie complexe à une grille idéologique où protectionnisme rime mécaniquement avec échec.

            1. Les secteurs économiques sont liés, les chiffres ne sont jamais isolés…. L’impact, si les droits de douane sont maintenus, se fera sentir partout, et surtout dans la poche des consommateurs…

              1. Vous lisez un signal conjoncturel comme une preuve définitive. Ces chiffres sont les douleurs de croissance d’une stratégie plus large. Trump raisonne en adaptatif (tester, négocier, ajuster) alors que ses critiques appliquent des schémas figés. Et il introduit une dimension de sécurité nationale dans le commerce, a juste titre ! Les hausses ponctuelles des prix à la production, des composants, des services connexes, etc.) n’est qu’une photographie d’un moment dans une période d’ajustement. Or, l’économie est dynamique. Les coûts peuvent grimper au début parce que les acteurs n’ont pas encore réorganisé leurs chaînes d’approvisionnement, ni réinvesti dans la production nationale.

                Les droits de douane ont un effet incitatif : stimuler la production locale et diversifier les approvisionnements.

                Les entreprises, pour éviter la dépendance à la Chine, réorganisent leur logistique, relocalisent partiellement, ou investissent dans de nouveaux partenariats commerciaux (Vietnam, Mexique, etc.).

                Une fois cette transition faite, la hausse initiale des coûts peut s’inverser (plus d’autonomie, moins de dépendance à un fournisseur dominant).

                Des ajustements initiaux peuvent déboucher sur des dynamiques positives — relocalisations, réindustrialisation, autonomie stratégique. Or ces effets ne sont pas encore visibles au moment des chocs initiaux.

                Tirer une loi générale de situations particulières, sans tenir compte du contexte historique et des évolutions possibles, revient à ignorer la nature même de l’économie, qui n’est jamais statique et ne se répète jamais à l’identique.

                XIXe siècle : Les États-Unis ont bâti leur puissance industrielle derrière des barrières douanières très fortes (Hamilton, Lincoln, puis l’industrialisation de la fin du siècle). Résultat : explosion de la production manufacturière.

                Années 1930 : Le tarif Smoot-Hawley (1930) a été catastrophique parce que le monde entier était déjà en crise et les partenaires ont riposté. Même outil (hausse de droits de douane) : résultat opposé.

                La même politique peut produire croissance ou dépression selon le contexte !

                Démontrez moi le contraire si je me trompe.

                Années 1970 : Les chocs pétroliers ont provoqué une inflation massive car l’économie était rigide, avec peu d’alternatives énergétiques.

                Années 2020 : Les hausses des prix de l’énergie (Covid + guerre en Ukraine) n’ont pas produit le même chaos, car il y avait diversification des sources et innovations technologiques (GNL, renouvelables, efficacité énergétique).

                Conclusion : Même choc (hausse brutale d’un coût importé) : effets très différents selon la structure de l’économie.

                La dynamique économique intègre toujours des facteurs nouveaux, donc jamais répétition identique.

                1. Il suffit de voir les conséquences des droits de douane sur l’acier et l’alu entre 2016 et 2020. Ou ceux d’Obama sur les pneus !

                  1. « Il suffit de voir les conséquences des droits de douane sur l’acier et l’alu entre 2016 et 2020. Ou ceux d’Obama sur les pneus ! »

                    HA HA HA !

                    Nicolas Lecaussin, vous rendez-vous compte que vous en arrivez à mettre sur un même plan critique Trump et Obama ?

      1. Bonjour François.

        Trump n’est pas un singe, mais un grand singe plus exactement.

        Comme vous et moi.

        Vous devez savoir que l’être humain est un grand singe.

        Et non, il n’est pas orange.

  2. NON, les consommateurs ne trinqueront pas, ils consommeront moins et c’est la croissance qui va en pâtir, n’en déplaise aux « économistes » et leur boule de cristal !!!!

  3. Aussi, ne pas oublier Trump et Juncker en 2018… »Trump et Juncker ont convenu de travailler ensemble vers « zéro droits de douane, zéro barrières non tarifaires et zéro subventions sur les biens industriels hors automobiles »

    Macron, Merkel on vu cela d’un mauvais Å“il, quand à May, elle n’a pas pu appuyer sa proposition de « zéro tarif », car cela aurait mis Londres en rupture avec Bruxelles. — Officiellement, May avait dit vouloir un accord de libre-échange bilatéral UK–US après le Brexit. Mais en 2018, tant que le Royaume-Uni était encore dans l’UE, elle ne pouvait pas négocier seule avec Trump. Contrairement à Merkel et Macron qui ont clairement dit « non », Theresa May est restée silencieuse et prudente.

    Donc :

    Un vrai protectionniste (au sens classique) n’aurait jamais proposé :

    zéro droits de douane,

    zéro barrières non-tarifaires,

    zéro subventions industrielles.

    C’est la définition même d’un libre-échangiste radical.

  4. Oui, les taxes sur l’acier et l’aluminium ont fait mal à certains fabricants aval (qui consomment beaucoup d’acier importé). Oui, certains ont dû licencier ou délocaliser une partie de leur production. Mais dans le secteur amont (sidérurgie, mines, aciéries), cela a maintenu ou relancé certaines usines.

    Autrement dit : ce sont des mesures sectorielles, pas un modèle global de politique économique. Dire qu’elles « n’ont jamais marché » est excessif.

    Et vous oubliez que Trump avait mis en place un système d’exemptions ciblées : de nombreuses entreprises ont été protégées ou ont obtenu des délais. C’était une méthode pour forcer des renégociations commerciales (Canada, Mexique, Corée, UE, Chine) : Ce n’était pas un protectionnisme fermé, mais un levier de négociation.

    Pendant la période Trump (avant Covid) : Chômage au plus bas depuis 50 ans (3,5 %). Croissance soutenue (2,5-3 %). Hausse des salaires, notamment des bas revenus. Réduction de la pauvreté (taux au plus bas historique en 2019).

    Ces chiffres contredisent l’idée que la politique protectionniste de Trump a « échoué ». Les coûts sectoriels existent, mais ils n’ont pas détruit la dynamique macroéconomique globale.

    1. oui, il a mis un système d’exemptions justement parce qu’il en a vu les conséquences..Oui, son Jobs Act a été une excellente réforme et entre 2016 et 2020 il n’ pas été aussi protectionniste qu’aujourd’hui. Les secteurs qui pnt perdu des emplois ont justement été l’acier et l’aluminium

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