Dans un article publié sur le site du think tank GIS Reports, l’économiste Enrico Colombatto s’interroge sur les conséquences des politiques protectionnistes, notamment les droits de douane mis en place par l’administration Trump. Début 2025, l’inflation s’établissait à environ 2,8 % dans l’UE, comme aux États-Unis. Elle semblait maîtrisée. Certains prédisant même une baisse à 2,5 % dans les mois à venir. Cette relative stabilité masque toutefois des transformations structurelles dans l’économie mondiale.
Colombatto rappelle que les droits de douane ne provoquent pas directement une hausse générale des prix. En revanche, ils perturbent les échanges commerciaux, modifient la structure des prix relatifs et peuvent pousser les banques centrales à ajuster leur politique monétaire. Le vrai risque n’est pas une flambée immédiate de l’inflation, mais une mauvaise lecture des indicateurs économiques par les décideurs publics.
En pratique, les droits de douane sont une taxe sur le libre échange. Les consommateurs vont soit payer davantage pour les produits qu’ils ont l’habitude d’acheter, soit se tourner vers des alternatives moins compétitives, de moindre qualité ou plus coûteuses. Les producteurs les plus performants sont moins rentables, tandis que les acteurs moins efficaces en tirent profit. À long terme, les droits de douane riment avec baisse de l’innovation. En parallèle, les recettes captées par l’État sont des ressources soustraites au secteur privé et, dans la plupart des cas, leur réallocation est loin d’être optimale.
Pour l’auteur, les droits de douane ont un autre effet plus insidieux encore. En réduisant la production, ils provoquent un déséquilibre : une même quantité de monnaie permet d’acheter une quantité moindre de biens, ce qui engendre à terme une hausse de certains prix. L’évolution du prix du panier moyen n’est plus un indicateur pertinent étant donné que ce même panier ne représente plus ce que les gens achetaient antérieurement. C’est la structure des prix relatifs qui devient importante – et non leur moyenne.
Dans ce contexte brouillé, selon les comportements des agents économiques, les droits de douane peuvent conduire à un excès ou une insuffisance de liquidités. L’incertitude nuit à l’économie et désoriente les politiques monétaires. Aux États-Unis, la Fed subit des pressions pour abaisser ses taux. En Europe, la BCE semble plus prudente et se concentre sur la stabilité de la dette publique. Colombatto envisage plusieurs scénarios. Le plus probable : une politique attentiste en Europe et un assouplissement monétaire modéré aux États-Unis. Le moins probable, mais le plus souhaitable selon lui : la fin du pilotage des taux par les banques centrales au profit d’un ajustement spontané des marchés. Cette solution apporterait plus de transparence et limiterait l’interventionnisme étatique, mais elle est politiquement impopulaire.
En somme, nous dit Colombatto, les droits de douane ne créent pas nécessairement d’inflation. Ils perturbent les repères économiques et favorisent une gestion court-termiste. Les décideurs devront faire preuve de discernement pour éviter des erreurs coûteuses.
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